La France garantit l’impunité de criminels internationaux

Justice internationale – La CFCPI consternée par le vote de l’Assemblée nationale

Paris, le 13 juillet 2010

La Coalition française pour la Cour pénale internationale (CFCPI) est consternée par l’adoption sans amendements, ce matin, du projet de loi portant adaptation du droit pénal à l’institution de la Cour pénale internationale (CPI).

Le gouvernement a tout fait pour dissuader les députés d’amender le texte issu du Sénat.

Comme l’ont relevé des députés de tous groupes (communistes, socialistes, UMP) qui ont tenté sans succès de s’y opposer, les Eichmann ou les Pinochet de demain pourront venir en France sans risque d’être inquiétés tant qu’ils n’installent pas dans notre pays leur « résidence habituelle  ». Cette restriction constitue une erreur morale, juridique et politique :

  • morale, car comment expliquerons nous aux victimes qu’un criminel contre l’humanité en villégiature en France ne soit pas arrêté ?
  • juridique, car en ratifiant le Statut de la CPI, la France s’était engagée à mettre sa justice nationale au service de la lutte contre les crimes internationaux (cf « Repères  » ci-dessous) ;
  • politique, car croire devoir mettre la diplomatie à l’abri du droit et de la justice est une erreur politique grave, un contre-sens par rapport à l’évolution historique qui s’observe dans le monde entier depuis une quinzaine d’années.

En refusant de prendre sa part à la répression des crimes internationaux, la France va prendre un retard incompréhensible et injustifié et restera en marge de la mondialisation de la lutte contre l’impunité des dictateurs et des bourreaux.

Repères

La France a ratifié le Statut de la CPI en 2000 et devait depuis lors modifier sa législation pour permettre de juger en France les criminels de guerre, criminels contre l’humanité et génocidaires. Ces crimes sont commis dans des pays où, souvent, la justice est impuissante à les réprimer. Le Statut de Rome prévoit donc « que leur répression doit être effectivement assurée par des mesures prises dans le cadre national et par le renforcement de la coopération internationale ». C’est pourquoi tout en créant la CPI, qui ne pourra juger que quelques cas par an, les plus emblématiques, le Statut affirme qu’ «  il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux ».

C’est ce à quoi la loi votée ce matin se refuse en posant à l’action de la justice française quatre conditions cumulatives qui ne seront pratiquement jamais réunies :

  • La condition de résidence « habituelle » : les auteurs présumés de ces crimes internationaux pourraient être poursuivis seulement s’ils possèdent leur résidence « habituelle » en France. Aucun d’entre eux ne prendra évidemment ce risque, se satisfaisant fort bien de séjours plus ou moins prolongés en toute impunité sur le territoire français.
  • Le monopole des poursuites confié au Parquet : les victimes de crimes internationaux se verraient priver du droit de se constituer parties civiles, c’est-à-dire engager des procédures contre les auteurs présumés des crimes. Cette initiative n’appartiendrait plus qu’au Parquet, dont l’expérience démontre la grande frilosité en l’espèce. Elle violerait le principe d’égalité puisque toutes les victimes auraient ainsi le droit de déclencher les poursuites, sauf celles des crimes les plus graves ;
  • La condition de double incrimination, qui subordonne les poursuites en France à la condition que les faits soient punissables à la fois par le droit français et par la législation de l’Etat où ils ont été commis. Or précisément cet Etat peut très bien ne pas avoir prévu de disposition spécifique pour poursuivre les crimes concernés.
  • L’inversion du principe de complémentarité en subordonnant les poursuites à la condition que la CPI ait décliné expressément sa compétence, inversant ainsi le principe posé par le Statut de Rome qui donne la priorité aux juridictions nationales

Plus d’informations www.cfcpi.fr

Contacts presse :

  • Coalition française pour la CPI : Simon Foreman (06.74.75.60.97), Jean-Philippe Dedieu (06.70.05.64.60)
  • Acat France : Gery Desmarquest (01.40.40.74.10)
  • Amnesty International France : Aurélie Chatelard, Laure Delattre (01.53.38.65.41-77/ 06 76 94 37 05)
  • FIDH : Karine Appy, Fabien Maitre (01.43.55.14.12/06.48.05.91.57)

45 ONG, barreaux, syndicats, sont membres de la Coalition française pour la Cour pénale internationale :

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), Action Contre la Faim, Agir ensemble pour les droits de l’Homme, Amnesty International France, Association internationale des Soldats de la Paix, Association pour la défense du droit international humanitaire – France (ADIF), Avocats sans frontières, Barreau de Paris, Barreau des Hauts de Seine, Centre Nord Sud du Conseil de l’Europe, CIMADE, Comité d’aide aux Réfugiés, Compagnons de la Fraternité Edmond Michelet, Confédération Nationale des Avocats, DIH – Mouvement de Protestation Civique, ELENA – réseau d’avocats sur le droit d’asile, Ensemble contre la Peine de Mort (ECPM), Fédération Internationale de l’ACAT (FIACAT), Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats (FNUJA), Fondation Terre des Homme Lausanne, France Libertés, France terre d’Asile , Handicap international, Juristes sans Frontières, Justice et Paix France, Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, MRAP, O.I.D.B.B., Organisation Française de la Communauté Baha’ie, Reporters sans frontières, Ruptures, Sherpa, Solidarité avec les mères de la place de Mai (SOLMA), Survie, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des avocats de France, Terre des hommes, Union Chrétienne des Déportés et Internés, Union pour l’Europe Fédérale, UNSA-Education.

De la nécessité du complot

Calebirri : De la nécessité du complot.

L’histoire des hommes est, qu’on le veuille ou non, le résultat de luttes incessantes menées pour le pouvoir, pour la liberté, pour Dieu ou pour l’argent.

Cette histoire est devenue peu à peu l’Histoire, “officielle”, et se trouve remplie de mystères, de secrets, de complots. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que derrière  toutes ces luttes se cache cette vérité : l’humanité à toujours été soumise, en réalité, à une lutte unique, celle des petits contre les grands.

Cette lutte s’est accomplie dans le sang, le secret et le mensonge.

Le secret est un moyen indispensable aux tyrans établis ou en devenir, car il possède la qualité non négligeable de masquer ses objectifs. Ces objectifs étant la conservation (ou la prise) du pouvoir, il va sans dire que l’intérêt primordial des dominants est de cacher cette volonté de domination, et cela par tous les moyens possibles. L’argent appelant le pouvoir et le pouvoir appelant l’argent, il est naturel (et logique) que ces deux puissances s’allient, et certainement pas pour le bien du peuple. L’argent étant dans notre système actuel le bien le plus précieux, il est nécessaire que celui qui en possède le plus soit le plus puissant, ou à défaut le plus influent. Car il faut distinguer le pouvoir effectif du pouvoir réel : celui qui détient le premier n’est pas forcément le maître, tandis que le second si.

Cela signifie que le pouvoir politique est dépendant du pouvoir financier, qu’il le veuille ou non. Le pouvoir politique a donc comme objectif d’atteindre la richesse, tandis que le pouvoir financier rêve d’agrandir encore sa puissance.

C’est là que commence le complot. Si l’intérêt réel des puissants de ce monde n’est pas , contrairement à ce qu’ils affirment tous, le bien de leur peuple (le capitalisme ne multiplie pas mais divise les ressources), ils ne peuvent tout de même pas en faire état publiquement : on imagine bien ce qui suivrait ! Ensuite, plusieurs problèmes surgissent de ce secret initial, et rendent inévitable l’utilisation dans un deuxième temps du mensonge, pour dans un troisième aboutir au complot. Car bien que les dominants se moquent du peuple, ils le craignent tout de même, car le nombre et la colère ont une force qu’ils ne pourraient contenir, à moins que de sacrifier ceux-là mêmes qui les nourrissent.

C’est donc le mensonge qu’utilisent les dominants pour cacher le premier secret, c’est à dire qu’il leur faut à tout prix éviter que le peuple prenne conscience de sa force réelle, pour continuer à supporter sa situation. Ainsi les puissants font croire au peuple qu’ils travaillent pour lui, alors qu’en réalité ils travaillent pour eux-mêmes. Et pour ne pas rendre visible ce mensonge et continuer à servir leur but ultime, il leur faut malgré tout maintenir une apparence de justice et d’équité, ainsi qu’un niveau de vie suffisant au maintien de la productivité (un homme mal nourrit travaille mal), tout en n’ayant derrière cette apparence que le souci de garder une part toujours plus grande pour eux… sans cela, ils ne sauraient conserver longtemps le pouvoir.

Mais l’argent et le pouvoir ont ceci en commun qu’ils sont addictifs, et qu’il en faut toujours plus à celui qui les désire, que ce soit par complexe ou par ignorance. Ainsi, afin de satisfaire cet insatiable appétit, et poussés par la jalousie ou la concurrence (l’autre a plus que moi, ou il va racheter mes parts), ils se mettent en danger pour obtenir toujours un peu plus, au risque de tomber dans l’illicite, voire dans l’illégal. La corruption ayant d’ailleurs déjà tellement infesté la politique, les dominants se sont dotés de moyens législatifs discrets mais efficaces les protégeant pour les délits plus petits…. Mais lorsque l’on monte dans la hiérarchie des pouvoirs, le montant des sommes en jeu, les conséquences humaines de certaines actions deviennent tellement importants qu’il est indispensable de les cacher au peuple. Et si on ajoute à cela la corruption chronique du système qui incite à “se soumettre ou se

 démettre”, le plus honnête des hommes accédant au pouvoir se verra confronté à ce problème : soit il accepte son fonctionnement et se retrouve mouillé et complice, soit il refuse et n’a plus qu’à sortir du jeu.

Une fois entré dans ce jeu, il n’est plus possible d’en sortir : c’est un cercle vicieux. Il faut protéger ses méfaits de l’appétit des médias, négocier des silences, légaliser certaines activités, blanchir l’argent, aider les “collègues”… Au bout d’un moment, ces hommes sont si embourbés dans leurs malversations, leurs secrets et leurs mensonges qu’ils ne peuvent plus reculer, et tentent in fine de se protéger totalement par de plus grands mensonges, pour obtenir plus d’argent, pour avoir plus de pouvoir. Arrivés au sommet de cette pyramide se trouvent les véritables puissants, ceux qui ont cessé de vouloir plus, car ils ont déjà tout. Ces derniers possèdent une idéologie, une vision du monde, avec le pouvoir de le modifier selon leurs volontés. Mais ils sont également rompus à toutes les techniques nécessaires pour en arriver là, c’est à dire une grande science du secret, du mensonge et de la corruption. Poussés par des

 considérations idéologiques et disposant de formidables capacités financières, ils sont capables (et nous l’avons vu à de nombreuses reprises au cours de l’Histoire) de provoquer des conflits dans d’autres pays, de fomenter des coups d’Etat, d’assassiner les “gêneurs”, de torturer des êtres humains. Ce genre de projets nécessite de multiples complicités, et une organisation secrète capable de protéger ses méfaits à n’importe quel prix, que ce soit celui de la misère ou du sang.

Car à un très haut niveau, les actions de ces puissants rapportent peut-être des milliards, mais ont également des répercussions bien réelles sur les peuples qui en subissent les conséquences. C’est de géopolitique qu’il s’agit alors, et c’est à coups d’espions, de diplomatie, de manoeuvres militaires ou de menaces que se règlent les problèmes. Il est inévitable qu’à ce stade le complot soit mis en place par les dominants, car les méthodes (ainsi que le caractère moral de l’utilisation de ces méthodes) sont clairement injustes et répréhensibles, condamnables, et même  les lois que les dominants parviennent à faire voter pour se protéger ne suffiraient pas : des actions comme la guerre contre l’Afghanistan ou l’Irak, si on en connaissait le véritable objectif, seraient autrement considérées comme des crimes contre l’humanité.

Et en effet, comment expliquer l’injuste partage des richesses dont est victime le monde autrement que par le complot ? qui accepterait de voir un pays envahi par une armée sous le seul prétexte de s’en accaparer les ressources ? qui accepterait que quelques personnes possèdent la majorité des richesses de ce monde ? qui accepterait d’aller travailler, d’aller se battre, s’il savait que c’est pour servir une cause contraire à son propre intérêt ?

 

Le seul moyen de comprendre le monde d’aujourd’hui est d’accepter l’existence du complot. Sans cette hypothèse, il est impossible d’expliquer comment le monde d’aujourd’hui en est arrivé là. L’objectif secret de conservation, ou de renforcement du pouvoir des dominants est la cause du paradoxe actuel qui se voit de plus en plus clairement : plus nos dirigeants font mine de vouloir arranger les problèmes économiques et sociaux dus à la crise, et plus la crise devient importante. Ce décalage, que l’on voudrait croire le résultat de l’incompétence de nos dirigeants, renforce pourtant le pouvoir de ces derniers sur les peuples, qui eux sont de plus en plus oppressés par les mesures prises… les économistes ne comprennent pas, les sociologues non plus : c’est qu’ils balayent d’un revers de manche la seule hypothèse valable, le complot. Mais en haut de la pyramide des pouvoirs et de la richesse, les véritables dominants

 s’agitent en secret pour renforcer leur domination, en créant les conditions économiques, sociales, religieuses et culturelles favorables à l’exécution de leur pouvoir. En renforçant un monde injuste il le rendent violent et dangereux, et justifient ainsi le besoin des peuples de se faire protéger par les puissants… puissants qui perdraient tout leur pouvoir si l’on s’apercevait que, loin de le rendre plus juste et moins violent, c’était justement eux qui le rendaient ainsi.

Mais ne soyons pas pessimistes, et faisons confiance au temps : car même si le secret est bien gardé, un complot finit toujours par devoir se montrer au grand jour : et ce jour-là, quand les masques tombent, l’Histoire finit toujours par rendre justice à la vérité : comment, autrement, connaitrions nous l’existence des complots précédents ?

Calebirri

3 juillet 2010

http://www.calebirri.unblog.fr

Toute aide non violente à des groupes (dites) terroristes équivaut à du « terrorisme ».

La Cour suprême US : toute aide non violente à des groupes (dites) terroristes équivaut à du « terrorisme ».

lundi 5 juillet 2010 – 16h:24

Chris McGreal – The Guardian

Cette décision signifie que les citoyens peuvent être poursuivis pour avoir offert une aide de quelque nature que ce soit à des organisations dites terroristes.

La Cour suprême des Etats-Unis a confirmé les dispositions d’une loi de grande portée qui dispose que les citoyens états-uniens dispensant des conseils à des organisations interdites, notamment une assistance juridique et des informations sur la résolution d’un conflit, seront poursuivis en justice en tant que terroristes.

L’affaire jugée était celle de conseils relatifs aux droits humains dispensés par un groupe californien à des organisations kurdes et tamoules qui sont sur la liste des groupes terroristes aux Etats-Unis.

La Cour suprême a confirmé l’argument de l’administration Obama qui soutenait que même les conseils destinés à servir des objectifs pacifiques équivalaient à un « soutien matériel » au terrorisme.

Cela inclut par exemple le cas d’un avocat qui soumet une argumentation d’Ami de la Cour [non partie à l’affaire mais intéressé par la question en jeu – ndt] au nom d’un groupe interdit ou qui aide une organisation proscrite à adresser des pétitions à des organismes internationaux afin de mettre fin à un conflit violent.

«  La Cour suprême a jugé que les défenseurs des droits de l’homme qui apportent une formation et une assistance dans le but d’une résolution non violente à des conflits peuvent être poursuivis en justice en tant que terroristes » selon David Cole, professeur de droit à l’université de Georgetown, qui a plaidé le dossier des défendeurs devant la Cour [l’appelant étant le gouvernement US – ndt].

« Au nom de la lutte contre le terrorisme, la Cour a déclaré que le Premier amendement (sur la liberté d’expression) permettait au Congrès de dire qu’il y a crime quand on œuvre pour la paix et les droits humains. A tort. »

La décision va probablement compliquer encore plus la tâche des militants qui soutiennent des causes controversées et qui ont déjà connu des poursuites judiciaires extrêmement discutables pour d’autres formes de soutien, telle que la collecte de fonds.

Des militants palestiniens ont déjà été poursuivis et emprisonnés pour avoir collecté de l’argent destiné à des groupes sociaux qui s’occupent par exemple de logement, d’aide sociale, et qui ont des liens avec le Hamas qui gouverne Gaza.

Les personnes et les groupes qui apportent des conseils de spécialistes, juridiques ou autres, à de telles organisations sont désormais exposés ouvertement à des poursuites judiciaires.

La décision en question concernait le Projet juridique humanitaire, de Los Angeles, qui dispense une formation sur les droits de l’homme au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Il a fait valoir pour sa défense que l’assistance était de nature non violente et qu’elle ne servait pas les objectifs du PKK.

L’un des défendeurs, Ralph Fertig, est avocat retraité et avait voulu aider le PKK en attirant l’attention des instances internationales sur les droits des Kurdes.

Le gouvernement US a déclaré de son côté qu’il considérait cela comme un soutien au terrorisme. Il a soutenu que Fertig était libre de parler en faveur des objectifs du PKK, mais qu’il ne pouvait pas lui donner ses conseils.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan est l’une des quelque 30 organisations listées comme organisations terroristes par le gouvernement US. Il y a encore le Hamas, le Hezbollah et les Khmers rouges.

Une première instance avait déclaré la loi non applicable car imprécise et ce, sans aucune réserve.

Mais, sur recours, par une majorité de 6 contre 3, la Cour suprême a jugé que le gouvernement avait le droit d’ « interdire tout apport de soutien matériel sous forme de formations, de conseils par des spécialistes, de personnels et de services à des groupes terroristes étrangers, même si les militants ne visaient qu’un soutien à des groupes ayant des « fins non violentes » ».

Le président de la Cour suprême, John Roberts, a déclaré : « Au fond, les défendeurs sont seulement en désaccord avec l’avis concerné du Congrès et de l’Exécutif selon lequel fournir un soutien matériel à une organisation étrangère désignée comme terroriste – même un soutien apparemment bénin – renforce les activités terroristes de ladite organisation. »

Pour les juges de première instance, cette décision « prive les personnes pour lesquelles nous sommes saisis de la protection assurée par le Premier amendement. »

A l’audience, les juges avaient discuté pour savoir ce qu’on entendait par conseils de spécialistes et si c’était un crime d’apprendre à un terroriste à jouer de l’harmonica.

Le dossier du gouvernement a été défendu devant la Cour en février par Elena Kagan, laquelle a été depuis désignée par l’administration Obama comme membre de la Cour suprême.

Son argument devant la Cour  : « Le Hezbollah fabrique des bombes. Le Hezbollah construit aussi des maisons. Ce que le Congrès a décidé, c’est que lorsque vous aidez le Hezbollah à construire des maisons, vous aidez aussi le Hezbollah à construire des bombes. C’est toute la théorie que recouvre le texte de loi, ». 

Relations entre Israël et les Kurdes

Kurdes et Mossad : Tribalisme, séparatisme, et business

Conseillé par Israël, Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan irakien, se donne progressivement les attributs d’un chef d’Etat. En mai, il est parvenu à un accord, provisoire, avec Bagdad sur les revenus des champs pétroliers kurdes. Plusieurs pays occidentaux ont ouvert un consulat à Erbil où le drapeau irakien et les troupes arabes sont interdits de séjour. La création d’une marine commerciale mouillant dans un port turc est à l’étude. Disposant depuis longtemps d’un service secret, Barzani s’est engagé dans une étape cruciale : la création une armée « régionale » kurde. Il s’est entretenu de la question, en janvier, avec Barack Obama, non sans avoir consulté au préalable, à Genève, le général Dany Yatom, ancien directeur du Mossad. Selon la lettre confidentielle Intelligence on line, la société israélienne Camerone Military Services, serait chargée de la fusion des milices peshmergas.

Théorie des alliés périphériques

   Les relations kurdo- israéliennes ne datent pas du renversement de la monarchie pro-britannique, en 1958, quand le Mossad prit le relais du KGB qui avait ordonné à Mustapha Barzani de déposer les armes et de geler les activités de la brigade kurde formée à Tachkent, en Ouzbékistan. A la fin des années 30, Ruben Shilia, agent secret de l’Agence juive, s’était rendu au Kurdistan irakien pour établir des relations avec la tribu Barzani, dont des clans, de religion juive, ont émigré en Palestine. Shilia était, avec David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, un des idéologues de la « théorie des alliés périphériques ». Leur dessein préfigurait celui décrit, en 1982, par Oded Yinon, proche du ministère israélien des Affaires étrangères, dans la revue de l’Organisation sioniste mondiale, à savoir la partition des pays arabes en entités ethniques ou religieuses.

   En Irak, le Mossad entra physiquement en scène sous les présidences des frères Aref (1963-68). Eliezer Tsafrir, chef d’antenne au Kurdistan, de père kurde et de mère marocaine, dirigeait les conseillers israéliens encadrant les peshmergas. Leurs officiers étaient formés en Israël. Parallèlement, Tsafrir aidait Massoud Barzani à créer le Parastin, service secret du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan). Aujourd’hui à la retraite, il  rêve d’être le premier consul d’Israël à Erbil.

   Mustapha Barzani s’est rendu à Tel-Aviv en 1968 et 1973. Outre son vieil ami Xawaja Xino, notable juif d’Aqra dans les années 50, il rencontra Golda Meir et Moshe Dayan. En 1980, Menahem Begin reconnut qu’Israël fournissait des armes aux rebelles kurdes, et décida de soutenir la création d’un Etat kurde. Il n’est pas besoin d’être expert pour discerner la marque d’Israël dans les campagnes anti-Saddam Hussein qui ont suivi, ou dans l’appellation : « Kirkouk,  Jérusalem des Kurdes ».

Opération de grande ampleur

   Après l’occupation de l’Irak en 2003, des dizaines d’agents du Mossad camouflés en ingénieurs des travaux publics ou en experts agricoles, entrèrent au Kurdistan. L’opération, de grande ampleur, révélée en 2004 par le quotidien israélien Yediot Aharonot, était organisée par Dany Yatom et l’homme d’affaires Shlomi Michaels. La société Kudo, créée par ce dernier avec des membres de la tribu Barzani, décrocha le juteux contrat de la construction de l’aéroport international d’Erbil et la formation d’unités de commandos. On se demande pourquoi Iyad Allaoui, alors Premier ministre, a démenti ces informations, confirmées en 2006 par la chaîne BBC 2 qui filma les Israéliens à l’œuvre.

   Les relations de Jalal Talabani avec Israël sont moins connues. Lui qui, jadis, disait pis que pendre des accointances de Mustapha Barzani avec le Mossad, faisait de même, mais à bien moins grande échelle, par l’intermédiaire de son beau-père Ibrahim Ahmed basé à Londres, protégé du MI6, le service d’espionnage britannique. On sait que Talabani s’est entretenu en 1978 avec Shimon Peres à l’ambassade d’Israël à Paris, et… en 2008 avec Ehud Barak en Grèce lors d’un congrès de l’Internationale socialiste dont il est membre. Pour se justifier devant l’opinion publique irakienne indignée, il déclara l’avoir rencontré uniquement en tant que Président de l’Union Patriotique Kurde (UPK).

   Aujourd’hui, les relations du PDK avec Israël sont du domaine de Binjirfan Barzani, un des cinq fils de Massoud. A l’UPK, elles sont l’affaire de Qutab Talabani qui représentait le Gouvernement régional kurde aux Etats-Unis, où il a épousé l’américaine Sherri Kraham, fille d’un membre de l’AIPEC, le lobby pro-israélien. Avec eux aux commandes, le Mossad n’a pas de souci à se faire : la relève est assurée.

Gilles Munier

(Afrique Asie – juillet 2010)  

http://www.france-irak-actualite.com:80/article-kurdes-et-mossad-tribalisme-separatisme-et-business-53319056.html

Les conséquences des législations « antiterroristes » pour le simple citoyen

Jean-Claude Paye : Les populations sous surveillance
Les conséquences des législations « antiterroristes » pour le simple citoyen

Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien

L’Empire transatlantique en construction
Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien

par Jean-Claude Paye*

28 avril 2008

Le sociologue Jean-Claude Paye poursuit son étude du système impérial transatlantique. Après avoir décrit le nouveau type de régime politique aux USA —qu’il qualifie d’ « état d’exception permanent »—, et analysé les premiers éléments d’une administration répressive transatlantique à propos du contrôle des passagers aériens, il étudie le récent accord USA-UE sur les transactions financières. Là aussi, l’Union européenne a renoncé à ses standards juridiques et s’est alignée sur ceux des États-Unis.

Comme dans l’accord sur la surveillance des passagers européens, signé en juin 2007, entre l’Union européenne et les États-Unis, ce nouvel « accord » sur le contrôle des transactions financières, légitimise une situation de fait créée par les USA. Dans les deux cas l’administration états-unienne s’était emparée illégalement des données personnelles des citoyens européens, avant que l’Union lui reconnaisse ce droit et modifie son ordre juridique à cet effet.

Le 23 juin 2006, le New York Times a révélé l’installation, par la CIA, d’un programme de surveillance des transactions financières internationales. Le journal a mis en lumière le fait que la société belge Swift (« Society for Worldwide Interbank Financial Communications ») a, depuis les attentats du 11 septembre, transmis, au département du Trésor des États-Unis, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients.

Swift, société états-unienne de droit belge, gère les échanges internationaux de quelque huit mille institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements ou aux titres, y compris les transactions internationales en devises, mais ne fait pas transiter d’argent.

Les données échangées sont stockées sur deux serveurs. L’un situé en Europe, l’autre aux États-Unis. Chacun comprend l’ensemble des données. Les messages interban caires, échangés sur le réseau Swift, contiennent des données à caractère personnel, protégées par les droits belge et européen.

Cette société est soumise également au droit états-unien, du fait de la localisation de son second serveur sur le sol des États-Unis. Ainsi, la société a choisi de violer le droit européen, afin de se soumettre aux injonctions de l’exécutif états-unien. Malgré la constatation des multiples violations des droits belge et communautaire, les autorités belges se sont toujours refusées à poursuivre la société Swift.

Rappelons que le système Échelon et le programme de surveillance de la NSA permettent de se saisir des informations électroniques, dont les données Swift FIN en temps réel. Leur lecture est d’autant plus facile que les systèmes de cryptage, DES, 3DES et AES, des données relatives aux transactions mondiales entre banques, sont tous les trois des standards états-uniens brevetés aux USA. L’exécutif des États-Unis se fait donc remettre des données qu’il possède déjà ou qu’il peut obtenir facilement. Le fait d’obliger les sociétés privées à violer le droit européen, ainsi que de pousser les autorités politiques de ce continent à transformer leur légalité, afin d’autoriser cette capture, est l’enjeu principal des exigences états-uniennes. Pour l’exécutif des États-Unis, il ne s’agit pas uniquement d’installer un système de contrôle en temps réel des transactions financières internationales, mais surtout de le faire légitimer.

La cessation des transferts vers les douanes US n’a jamais été envisagée. La transmission des informations n’a d’ailleurs pas cessé après la révélation de l’affaire. Afin de se conformer formellement à la directive européenne de protection des données, Swift a adhéré, en 2007, aux principes du Safe Harbor, qui « garantit » que les données stockées dans le serveur états-unien sont protégées par des normes analogues à celles en vigueur dans l’Union européenne.

L’adhésion aux principes du Safe Harbor procède par une autocertification de la société adhérente, censée fournir des garanties quand aux possibilités de contestation auprès d’autorités indépendantes. Mais, la qualité d’indépendance de ces autorités est peu définie. Le Safe Harbor laisse la personne concernée démunie. C’est à elle de vérifier la situation de conformité de l’organisme états-unien qui traite des données, c’est à elle de trouver et saisir l’autorité indépendante de contrôle apte à étudier son cas. Si malgré tous ces obstacles, une personne ou une entreprise a la possibilité de pouvoir constater un manquement à la procédure et qu’elle a la capacité d’entamer des poursuites, l’administration états-unienne peut encore invoquer la notion de « secret d’État », afin d’empêcher toute action judiciaire.

Quant au volet de « l’accord » de juin 2007, celui qui autorise la saisie des données personnelles par les USA, il aboutit à un engagement unilatéral de la part des États-Unis. Il ne s’agit donc pas d’un accord bilatéral, comme le souhaitait le Parlement européen, mais bien d’un texte, dont le contenu n’a pas besoin de l’accord des deux parties pour pouvoir être modifié. L’administration des États-Unis a la possibilité, sans assentiment, ni même consultation de l’autre partie, de modifier ses engagements, selon l’évolution de sa législation nationale ou selon sa volonté d’émettre de nouvelles exigences.

Le département du Trésor donne des garanties purement formelles quant à l’utilisation des données. Il s’engage à les utiliser ou les échanger, avec d’autres agences ou des pays tiers, exclusivement pour lutter contre le terrorisme. Cependant, la définition du terrorisme est tellement large qu’elle peut s’appliquer à toute personne ou organisation ciblée par l’administration.

Les données dormantes ne seront pas conservées plus de cinq années après leur réception. Cela laisse beaucoup de temps aux agences US pour les utiliser selon leur bon vouloir.

Comme garantie du respect de la confidentialité des informations, la partie états-unienne, insiste sur l’existence de plusieurs niveaux indépendants de contrôle. Le texte mentionne « d’autres administrations officielles indépendantes », ainsi qu’un « cabinet d’audit indépendant ». Qu’une administration soit considérée comme une institution indépendante d’une autre administration du même État en dit déjà beaucoup sur la formalité de cette autonomie. La même remarque peut être faite en ce qui concerne l’audit indépendant. Ainsi, lorsque l’affaire Swift a éclaté en juin 2006, le gouvernement états-unien avait déjà déclaré qu’il n’y avait eu aucun abus dans l’utilisation des données, vu que l’accès à celles-ci était contrôlé par une société privée « externe », le groupe Booz Allen [1]. Cette dernière est une des plus importantes sociétés en contrat avec le gouvernement états-unien.

L’interpénétration entre public et privé est organique. Qu’une telle société privée puisse être présentée comme indépendante du pouvoir exécutif des États-Unis en dit long sur la solidité des garanties obtenues par les négociateurs européens.

Ce récent « accord » révèle l’existence d’une structure politique impériale, dans laquelle l’exécutif états-unien occupe la place de donneur d’ordres et les institutions européennes une simple fonction de légitimation vis-à-vis de leurs populations. En fait, il ne s’agit pas d’un accord entre deux puissances souveraines. Il n’existe qu’une seule partie, l’administration des USA qui réaffirme son droit de disposer des données personnelles des européens. En compensation, dans une démarche unilatérale il concède des « garanties » formelles qu’il peut unilatéralement modifier ou supprimer. L’exécutif américain exerce ainsi directement sa souveraineté sur les populations des deux côtés de l’atlantique.

[1] Le principal dirigeant de Booz Allen n’est autre que l’ancien directeur de la CIA James Woolsey. Ndl

Populations européennes sous souveraineté américaine

Populations européennes sous souveraineté américaine

Jean-Claude PAYE

Mis en ligne le 23/06/2008

Le Traité de Lisbonne n’installe pas une nouvelle forme de souveraineté. L’Europe n’existe que par son insertion dans une structure politique globalisée, sous souveraineté américaine.Une opinion de Jean-Claude Paye, sociologue.

Le non irlandais au projet « constitutionnel » présente l’intérêt de relancer la discussion sur la construction de l’Union européenne. Cependant, le débat ne peut qu’être limité, car ce texte n’a rien de constituant. Il n’installe pas une nouvelle forme de souveraineté. Il ne fixe pas les rapports entre populations et autorités constituées, ni ne sert de guide à l’organisation de ces dernières. Le refus des différentes populations, lorsqu’elles sont consultées, montre que cette procédure ne rentre pas non plus dans l’imaginaire des peuples européens.

Ainsi, cette « Constitution » n’a pas pour objet d’unifier la diversité des populations de l’ancien continent, mais simplement de faire écran au réel : de masquer le fait que l’Europe n’existe que par son insertion dans une structure politique globalisée, placée directement sous souveraineté américaine. C’est ce que nous montre l’ensemble des accords signés entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Ce réel, qui structure notre vie et supprime nos libertés fondamentales, est absent des débats actuels sur ce « projet constitutionnel ». Limiter la confrontation à la question du Traité de Lisbonne ne peut que reproduire cette occultation.

Le dernier accord, signé en juin 2007, concernant le contrôle des transactions financières ainsi que celui relatif aux passagers aériens (1), consacre un nouveau mode d’existence du droit international. En fait, plutôt de droit international, il faut parler du droit national américain qui s’applique directement sur le territoire de l’Union européenne. La technique d’écriture consacrant la primauté du droit américain est la même dans les deux cas. Il ne s’agit pas d’accords entre deux puissances étatiques situées formellement sur un même plan, mais d’un engagement unilatéral de la part des Etats-Unis, qui le consacre comme puissance impériale exerçant une souveraineté directe sur les populations européennes. Pour satisfaire les exigences américaines, l’Union abandonne sa propre légalité et transforme son ordre juridique. Il s’agit de légaliser la situation de fait, engendrée par la décision des autorités américaines de se saisir des données personnelles des ressortissants européens.

Primauté du droit américain. Le 23 juin 2006, le « New York Times » a révélé l’installation, par la CIA, d’un programme de surveillance des transactions financières internationales. Le journal a mis à jour le fait que la société belge Swift a, depuis les attentats du 11 septembre, transmis au Département du Trésor des Etats-Unis des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients.

Swift, société américaine de droit belge, gère les échanges internationaux de quelque huit mille institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements ou aux titres, y compris les transactions internationales en devises, mais ne fait pas transiter d’argent.

L’ensemble des données sont stockées sur deux serveurs. L’un situé en Europe, l’autre aux Etats-Unis. Les messages interbancaires, échangés sur le réseau Swift, contiennent des données à caractère personnel, protégées par les droits belge et européen.

Cette société est soumise également au droit américain, du fait de la localisation de son second serveur sur le sol des Etats-Unis. La société a ainsi choisi de violer le droit européen, afin de se soumettre aux injonctions de l’exécutif américain. Malgré la constatation des multiples violations des droits belge et communautaire, les autorités belges se sont toujours refusées à poursuivre cette société.

Rappelons que le système Echelon et le programme de surveillance de la NSA permettent de se saisir des informations électroniques, dont les données Swift, en temps réel. Leur lecture est d’autant plus facile que les systèmes de cryptage, DES, 3DES et AES, des données relatives aux transactions mondiales entre banques, sont tous les trois des standards américains brevetés aux USA. L’exécutif des Etats-Unis se fait donc remettre des données qu’il possède déjà ou qu’il peut obtenir facilement. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’installer un système de contrôle des transactions financières internationales, mais surtout de le faire légitimer.

La cessation des transferts vers les douanes américaines n’a jamais été envisagée. La transmission des informations n’a d’ailleurs pas cessé après la révélation de l’affaire. Afin de se conformer formellement à la directive européenne de protection des données, Swift a adhéré, en 2007, aux principes du Safe Harbor, qui « garantit » que les données stockées dans le serveur américain sont protégées par des normes analogues à celles en vigueur dans l’Union européenne. Le Safe Harbor laisse la personne concernée démunie. Si malgré tout, une personne ou une entreprise a la possibilité de pouvoir constater un manquement et qu’elle a la capacité d’entamer des poursuites, l’administration américaine peut encore invoquer la notion de « secret d’Etat », afin d’empêcher toute poursuite.

Une structure impériale. Quant au volet de « l’accord » de juin 2007, celui qui autorise la saisie des données personnelles par les USA, il aboutit à un engagement unilatéral américain. Il ne s’agit donc pas d’un accord bilatéral, comme le souhaitait le Parlement européen, mais bien d’un texte, dont le contenu n’a pas besoin de l’assentiment des deux parties pour pouvoir être modifié. L’administration des Etats-Unis a la possibilité, sans consultation de l’autre partie, de modifier ses engagements.

Dans cette lettre, le Département du Trésor donne des garanties purement formelles quant à l’utilisation des données. Il s’engage à les utiliser exclusivement pour lutter contre le terrorisme. Mais, la définition du terrorisme est tellement large qu’elle peut s’appliquer à toute personne ou organisation ciblée par l’administration.

Afin que les données intereuropéennes ne soient plus transférées aux Etats-Unis, mais sur un second serveur européen, des représentants de la société Swift ont laissé entendre, en avril 2008, que celui-ci serait situé dans la région de Zurich et serait opérationnel fin 2009. « L’accord » devra être adapté en conséquence. Celui-ci est évolutif. Il est construit de manière à pouvoir répondre en permanence à de nouvelles exigences américaines. Les autorités américaines continueront ainsi à se faire remettre des données financières européennes. L’alibi du serveur américain ne fonctionnant plus, cela aura pour effet de renforcer encore la souveraineté américaine sur le sol européen.

Cet « accord », comme celui relatif aux passagers aériens, révèle l’existence d’une structure politique impériale, dans laquelle l’exécutif des USA occupe la place de donneur d’ordres et les institutions européennes une fonction de légitimation vis-à-vis de leurs populations. Il n’y a pas deux puissances souveraines. Il n’existe qu’une seule partie, l’administration américaine qui réaffirme son droit de disposer des données personnelles des Européens. Dans une démarche unilatérale, elle concède des « garanties » formelles qu’elle peut unilatéralement modifier ou supprimer. L’exécutif américain exerce ainsi directement sa souveraineté sur les populations européennes.

L’affaire du Tarnac- symptôme d’une société psychotique

L’affaire de Tarnac : symptôme d’une société psychotiquepar Jean-Claude Paye*

17 JANVIER 2009



Le 11 novembre 2008, les policiers français ont procédé à la spectaculaire interpellation d’un groupe de « terroristes présumés » dans un petit village de Corrèze. Deux mois plus tard, il apparaît qu’il s’agit en réalité de jeunes gens réfractaires à la société de consommation et de surveillance, et que l’instruction ne dispose d’aucune preuve à charge. Le sociologue Jean-Claude Paye, qui étudie depuis plusieurs années la dérive autoritaire des sociétés occidentales, analyse ici cet étrange usage des lois anti-terroristes.

L’affaire de Tarnac est exemplaire d’un processus rapide de subjectivation de l’ordre juridique. On est poursuivi pour terrorisme, non pas sur base d’un délit matériel déterminé, mais en fonction d’une virtualité construite par l’imaginaire du pouvoir. Le 11 novembre 2008, dans le cadre de « l’opération Taïga », 150 policiers ont encerclé Tarnac. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de 10 jeunes gens est avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.

Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotages de lignes de chemin de fer, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants, l’arrachage de plusieurs caténaires, ont été qualifiés de terroristes, alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, reconnaît n’avoir aucune élément matériel de preuve.

C’est leur profil qui justifie leur inculpation. Ils ont été arrêtés car « ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers » et nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple : « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration » [1] Quant à leur logement, il est désigné comme un « lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».

Bien qu’ils seraient le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée » [2], la plupart seront rapidement libérées, certains sous condition, d’autres assignés à résidence, mais ils resteront inculpés. Seul le « chef » et sa compagne demeureront emprisonnés. Le 26 décembre, la Cour d’Appel de Paris, a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat [3]. Le 16 janvier, la Cour d’Appel de Paris a ordonné la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, d’Yldune Lévy. Sa remise en liberté devra être confirmée vendredi 23 par la chambre de l’instruction de Paris, qui examinera, sur le fond, l’appel du parquet.

Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotages, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de terroristes et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, malgré que la police reconnaît l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et enferme dans l’image, dans une forme vide.

Une reconstruction du langage

L’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position du ministre de l’intérieur, Michèlle Alliot-Marie, reprise au sein d’un rapport de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, est particulièrement intéressante : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité, assure la ministre. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers. » Mais la ministre en convient : « Il n’y a pas de trace d’attentats contre des personnes. » [4]

Ces déclarations résument bien l’ensemble de l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission « proactive » aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique reconstruit le lien symbolique et permet de poser un cran d’arrêt au déploiement de la toute puissance de l’État.

Dans les déclarations de Mme Alliot-Marie la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre la phase du délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support.

Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle « de documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares » [5] Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer. De même, une échelle devient du « matériel d’escalade » et, ainsi, sa possession est un élément à charge.

Cette construction psychotique n’est pas le seul fait des autorités françaises. Elle est partagée par la Belgique. Le 27 novembre, a eu lieu une arrestation, des perquisitions et des saisies chez des membres du comité belge de soutien aux inculpés de Tarnac. Le mandat de perquisition portait la mention « association de malfaiteurs et détériorations en réunion » [6] Détenir des documents relatifs à un comité de soutien peut, selon le rapport de forces du moment, autoriser des poursuites et, en tout cas, associe ses détenteurs à l’enquête menée en France.

Un ordre social psychotique

La mise en scène de l’arrestation et de l’inculpation des « autonomes de Tarnac » est un phénomène qui révèle non seulement un bouleversement de l’ordre juridique, mais aussi une mutation plus profonde, celle de l’ordre symbolique de la société. Le renversement du rôle de la loi est lui-même le phénomène d’une « père-version » de la Loi symbolique.

Les procédures mises en place représentent un des aspects les plus significatifs de la tendance imprimée par la « lutte contre le terrorisme », à savoir qu’un individu est désigné comme terroriste, non pas parce qu’il a commis des actes déterminés, mais simplement parce qu’il est nommé comme tel.

Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas, mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique explique l’absence de frein à la toute puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante, en tant que figure maternelle. À un ordre social névrotique qui se révèle contradictoire, se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation subjective.

L’affaire des « autonomes » de Tarnac n’a pas grand chose à voir avec la vieille notion d’ennemi intérieur et la stigmatisation traditionnelle des opposants politiques. Ici, on ne s’attaque pas à une idéologie déterminée, à une forme de conscience, mais simplement au corps, à des comportements, au refus de s’abandonner à la machine de mort. Il ne s’agit donc pas de démanteler une avant-garde, mais de montrer que le refus de faire de l’argent, d’éviter les dispositifs de contrôle ou la volonté de refaire du lien social constituent une forme d’infraction, la plus grave qui existe dans notre société, un acte terroriste. Cela concerne tout un chacun et non seulement une minorité.

 

Sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007

Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale

Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale
par Général Leonid Ivashov*

Politologue russe influent, issu des milieux nationalistes, le général Léonid Ivashov était chef d’état-major des armées le 11 septembre 2001. Ce jour-là, il avait placé ses satellites en alerte pour observer les manœuvres militaires aériennes annoncées aux USA, mais c’est un tout autre spectacle auquel il fut confronté. Au vu des analyses de cet événement par ses experts, il a écarté l’hypothèse Al-Qaïda et conclu à une provocation de l’élite financière anglo-saxonne. Sur cette base, il a développé la vision stratégique russe du monde post-11-Septembre. Nous reproduisons ici un de ses articles, représentatif de sa pensée et de celle des officiers supérieurs russes. Le lecteur sera surpris de constater que ce qui est considéré comme un délire dans les pays de l’OTAN est une vérité d’évidence en Russie, comme d’ailleurs dans de nombreux autres régions du monde. Au-delà de la question d’établir la vérité, l’honnêteté intellectuelle exige de comprendre et d’accepter la relativité des points de vue. Cet article sera particulièrement précieux pour les militaires français au moment où le ministre de la Défense a engagé une chasse aux sorcières contre les enseignants de l’École de guerre qui ont osé rendre compte de la diversité des interprétations du 11-Septembre.

17 mars 2009       

L’expérience de l’humanité montre que le terrorisme apparaît partout où se produit à un moment donné une aggravation des contradictions, où les relations commencent à se dégrader au sein de la société et où l’ordre social change, où surgit l’instabilité politique, économique et sociale, où se libèrent des potentiels d’agressivité, où les valeurs morales périclitent, où triomphent le cynisme et le nihilisme, et où la criminalité explose.

Les processus liés à la mondialisation créent des conditions favorables à ces phénomènes extrêmement dangereux. Ils entraînent un redécoupage de la carte géopolitique du monde, une redistribution des ressources planétaires, violent la souveraineté et effacent les frontières des États, démantèlent le droit international, anéantissent la diversité culturelle, appauvrissent la vie spirituelle et morale.

Je pense que nous sommes en droit aujourd’hui de parler de crise systémique de la civilisation humaine. Elle se manifeste de manière particulièrement aiguë au niveau de l’interprétation philosophique de la vie. Ses manifestations les plus spectaculaires concernent le sens donné à la vie, l’économie et le domaine de la sécurité internationale.

L’absence de nouvelles idées philosophiques, la crise morale et spirituelle, la déformation de la perception du monde, la diffusion de phénomènes amoraux contraires à la tradition, la course à l’enrichissement illimité et au pouvoir, la cruauté, conduisent l’humanité à la décadence et peut-être à la catastrophe.

L’inquiétude, ainsi que le manque de perspectives de vie et de développement de nombreux peuples et états constituent un important facteur d’instabilité mondiale.

L’essence de la crise économique se manifeste dans la lutte sans merci pour les ressources naturelles, dans les efforts déployés par les grandes puissances du monde, avant tout par les États-Unis d’Amérique, mais aussi par des entreprises multinationales pour soumettre à leurs intérêts les systèmes économiques d’autres États, prendre le contrôle des ressources de la planète et surtout des sources d’approvisionnement en hydrocarbures.

La destruction du modèle multipolaire qui assurait l’équilibre des forces dans le monde a entraîné également la destruction du système de sécurité internationale, des normes et des principes qui régissaient les relations entre États, ainsi que du rôle de l’ONU et de son Conseil de sécurité.

Aujourd’hui les États-Unis d’Amérique et l’OTAN se sont arrogés le droit de décider du destin d’autres États, de commettre des actes d’agression, de soumettre les principes de la Charte des Nations Unies à leur propre législation.

Ce sont précisément les pays occidentaux qui, par leurs actions et agressions contre la République fédérale de Yougoslavie et l’Irak, ainsi qu’en permettant de toute évidence l’agression israélienne contre le Liban et en menaçant la Syrie, l’Iran et d’autres pays, ont libéré une énorme énergie de résistance, de vengeance et d’extrémisme, énergie qui a renforcé le potentiel de la terreur avant de se retourner, comme un boomerang, contre l’Occident.

L’analyse de la substance des processus de mondialisation, ainsi que des doctrines politiques et militaires des États-Unis d’Amérique et d’autres États, permet de se convaincre que le terrorisme favorise la réalisation des objectifs de domination du monde et la soumission des États aux intérêts de l’oligarchie mondiale. Cela signifie qu’il ne constitue pas un sujet en tant que tel de la politique mondiale mais un simple instrument, le moyen d’instaurer un nouvel ordre unipolaire ayant un centre de commandement mondial unique, d’effacer les frontières nationales et d’assurer la domination d’une nouvelle élite mondiale. C’est elle qui constitue le sujet principal du terrorisme international, son idéologue et son « parrain ». C’est elle aussi qui s’efforce de diriger le terrorisme contre d’autres États, y compris contre la Russie.

La principale cible de la nouvelle élite mondiale est la réalité naturelle, traditionnelle, historique et culturelle qui a jeté les bases du système de relations entre les États, de l’organisation de la civilisation humaine en États nationaux, de l’identité nationale.

Le terrorisme international actuel est un phénomène qui consiste, pour des structures gouvernementales ou non gouvernementales, à utiliser la terreur comme moyen d’atteindre des objectifs politiques en terrorisant, déstabilisant les populations sur le plan socio-psychologique, en démotivant les structures du pouvoir d’État et en créant les conditions permettant de manipuler la politique de l’État et le comportement des citoyens.

Le terrorisme est un moyen de faire la guerre de manière différente, non conventionnelle. Simultanément, le terrorisme, allié aux médias, se comporte comme un système de contrôle des processus mondiaux.

C’est précisément la symbiose des médias et de la terreur qui crée les conditions favorables à des bouleversements dans la politique mondiale et dans la réalité existante.
Si l’on examine dans ce contexte les événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique, on peut en tirer les conclusions suivantes :

– l’attentat terroriste contre les tours jumelles du World Trade Center a modifié le cours de l’histoire du monde en détruisant définitivement l’ordre mondial issu des accords de Yalta-Potsdam ;

– il a délié les mains des États-Unis d’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël, leur permettant de mener des actions contre d’autres pays en faisant fi des règles de l’ONU et des accords internationaux ;

– il a stimulé l’amplification du terrorisme international.

D’autre part, le terrorisme se présente comme un instrument radical de résistance aux processus de mondialisation, comme un moyen de lutte de libération nationale, de séparatisme, un moyen de résoudre les conflits entre les nations et entre les religions, ainsi que comme in instrument de lutte économique et politique.

En Afghanistan, au Kosovo, en Asie centrale, au Proche Orient et dans le Caucase nous constatons que la terreur sert aussi à protéger des narcotrafiquants en déstabilisant leurs zones de passage.

On peut constater que dans un contexte de crise systémique mondiale la terreur est devenue une sorte de culture de la mort, la culture de notre quotidien. Il a fait irruption dans la prospère Europe, tourmente la Russie, secoue le Proche-Orient et l’Extrême-Orient. Il favorise l’accoutumance de la communauté internationale à des ingérences violentes et illégales dans les affaires intérieures des États et à la destruction du système de sécurité internationale.

La terreur engendre le culte de la force et lui soumet la politique, le comportement des gouvernements et de la population. Le plus effrayant est que le terrorisme a un grand avenir en raison de la nouvelle spirale de guerre qui s’annonce pour la redistribution des ressources mondiales et pour le contrôle des zones clé de la planète.

Dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, approuvée cette année par le Congrès états-unien, l’objectif avoué de la politique de Washington est « de s’assurer l’accès aux régions clé du monde, aux communications stratégiques et aux ressources mondiales », avec comme moyen pour y parvenir de procéder à des frappes préventives contre n’importe quel pays. Du point de vue du Congrès, les États-Unis d’Amérique peuvent donc adopter une doctrine de frappes nucléaires préventives qui s’apparente à du terrorisme nucléaire.

Cela implique l’utilisation à grande échelle de substances nocives et d’armes de destruction massive. On ne s’embarrassera pas de scrupules pour choisir les moyens de répondre à une attaque. Pour se défendre les parties n’auront que le choix des moyens.

La provocation par un acte terroriste devient un moyen d’atteindre des objectifs politiques d’ampleur globale, régionale et locale. Ainsi, une provocation organisée dans la localité de Rachic (Kosovo, Serbie) a fini par entraîner le changement de régime politique en Serbie et l’effondrement de la République fédérée de Yougoslavie, tout en servant de prétexte à l’agression de l’OTAN et à la séparation du Kosovo de la Serbie. Il s’agit d’une provocation d’ampleur régionale.

Les explosions dans le métro de Londres, les désordres à Paris en 2005-2006 sont des provocations locales qui ont eu des répercussions sur la politique et l’opinion publique en Grande Bretagne et en France.

Pratiquement chaque acte terroriste dissimule des forces politiques puissantes, des entreprises transnationales ou des structures criminelles ayant des objectifs précis. Et presque tous les actes terroristes, à l’exception des activités de libération nationale) sont en réalité des provocations.

Même en Irak, les explosions dans les mosquées sunnites et shiites ne sont rien d’autre que des provocations organisées en vertu du principe « diviser pour régner ». Il en va de même de la prise en otage et de l’assassinat de membres de la mission diplomatique russe à Bagdad.

L’acte terroriste commis à des fins de provocation est aussi ancien que l’humanité elle-même. Ce sont précisément des provocations terroristes qui ont servi de prétextes au déclenchement des deux guerres mondiales. Les événements du 11 septembre 2001 constituent une provocation mondiale. On peut parler d’opération d’ampleur mondiale. De telles opérations permettent en général de résoudre plusieurs problèmes mondiaux à la fois. On peut les définir comme suit :

– 1. L’oligarchie financière mondiale et les États-Unis d’Amérique ont obtenu le droit non formel de recourir à la force contre n’importe quel État.

– 2. Le rôle du Conseil de sécurité s’est trouvé dévalué. Il fait de plus en plus figure d’organisation criminelle complice de l’agresseur et alliée à la nouvelle dictature fasciste mondiale.

– 3. Grâce à la provocation du 11 septembre, les États-Unis d’Amérique ont consolidé leur monopole mondial et ont obtenu l’accès à n’importe quelle région du monde et à ses ressources.

Dans le déroulement d’une opération-provocation il y a toujours trois éléments obligatoires : le commanditaire, l’organisateur et l’exécutant. En ce qui concerne la provocation du 11 septembre et contrairement à l’opinion dominante, « Al-Qaida » ne pouvait être ni le commanditaire, ni l’organisateur, ne disposant pas des moyens financiers suffisants (et ils sont énormes) pour commander une action d’une telle ampleur.

Toutes les opérations menées par cette organisation ne sont que des actions locales et assez primitives. Elle ne dispose pas des ressources humaines, d’un réseau d’agents suffisamment développé sur le territoire des États-Unis d’Amérique, pour réussir à pénétrer les dizaines de structures publiques et privées qui assurent le fonctionnement des transports aériens et veillent à sa sécurité. Al-Qaida ne saurait donc avoir été l’organisateur de cette opération (sinon à quoi peuvent bien servir le FBI et la CIA ?). Ces gens pourraient en revanche fort bien avoir été de simples exécutants de cet acte terroriste.

À mon avis, le commanditaire de cette provocation pourrait avoir été l’oligarchie financière mondiale, dans le but d’installer une fois pour toutes « la dictature fasciste mondiale des banques » (l’expression appartient à l’économiste états-unien bien connu Lyndon LaRouche) et d’assurer le contrôle de ressources mondiales en hydrocarbures limitées. Il se serait agi par la même de s’assurer la domination mondiale pour longtemps.

L’invasion de l’Afghanistan, riche en ressources gazières, de l’Irak et peut-être aussi de l’Iran, qui possèdent des réserves mondiales de pétrole, mais aussi l’instauration d’un contrôle militaire sur les communications pétrolières stratégiques et l’augmentation radicale du prix du pétrole sont des conséquences des événements du 11 septembre 2001.

L’organisateur de l’opération pourrait avoir été un consortium bien organisé et abondamment financé formé de représentants (anciens et actuels) des services secrets, d’organisations maçonniques et d’employés des transports aériens.

La couverture médiatique et juridique a été assurée par des organes de presse, des juristes et des politiciens stipendiés. Les exécutants ont été choisis sur la base de leur appartenance ethnique à la région qui possède les ressources naturelles d’importance mondiale.

L’opération a réussi, les objectifs sont atteints.

L’expression « terrorisme international » en tant que principale menace pour l’humanité a fait irruption dans le quotidien politique et social.

Cette menace a été identifiée en la personne d’un islamiste, ressortissant d’un pays disposant d’énormes ressources en hydrocarbures.

Le système international mis sur pied à l’époque où le monde était bipolaire a été détruit et les notions d’agression, de terrorisme d’État et de droit a la défense ont été altérées.

Le droit des peuples de résister aux agressions et aux activités subversives des services secrets étrangers ainsi que de défendre leurs intérêts nationaux est foulé aux pieds.

Toutes les garanties sont assurées en revanche aux forces qui cherchent à instaurer une dictature mondiale et à dominer le monde.

Mais la guerre mondiale n’est pas encore finie. Elle a été provoquée le 11 septembre 2001 et elle n’est que le prélude à de grands événements à venir.

Le général Leonid Ivashov est vice-président de l’Académie des problèmes géopolitiques. Il fut chef du département des Affaires générales du ministère de la Défense de l’Union soviétique, secrétaire du Conseil des ministres de la Défense de la Communauté des États indépendants (CEI), chef du Département de coopération militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Il était chef d’état-major des armées russes, le 11 septembre 2001. Il est membre de la conférence Axis for Peace du Réseau Voltaire.

Assez des conspirations !

Assez des conspirations !


Published on octobre 24, 2008 par Spotless Mind

Suite aux attentats du 11-Septembre, un phénomène médiatique, politique et culturel de « moquerie » a rapidement émergé et s’est développé. Il y a ceux qui pensent que l’on devrait arrêter d’utiliser le terme de « complot » en référence à ces attentats, comme si cela revenait à désigner des « auteurs anonymes » ayant utilisé de jeunes gens d’une seule religion et de nationalités diverses comme de vulgaires outils dans l’exécution d’un complot qui les a dépassés (leur intellect, leur capacité à planifier et leur misérable vision de l’impact et des conséquences [de leurs actes]).

Ce phénomène, qui a immédiatement suivi le 11/9, les dirigeants, les maîtres et les spectateurs en ont fait, à ce moment-là, une rhétorique. Il était évident que le phénomène lui-même faisait partie du complot, avec le but d’en nier l’existence en le ridiculisant de manière « comique », masquant ainsi « la plus grande conspiration » de l’histoire de la politique moderne, comme la décrivent de nombreux intellectuels et chercheurs.

Bien que personne ne dispose d’assez de preuves pour prouver ou réfuter une théorie du complot, le sujet devrait être ouvert au débat et à la discussion. Le débat doit se fonder sur l’ouverture d’esprit, s’appuyer sur des informations documentées et se faire en accord avec la logique du droit à connaître la vérité au sujet d’un événement majeur, qui a eu un impact immense sur les vies des Américains et des musulmans dans le monde, qui a affecté la paix et la sécurité mondiale et continue à le faire. Des discussions ouvertes et vigoureuses doivent se tenir au sujet des divers récits entourant cet événement, des discussions que personne ne devrait restreindre ou censurer.

Cet article a pour objectif de contribuer à ce qui peut être considéré comme une exigence de liberté et de droit de savoir et à ce qui est requis pour la documentation des informations. Commençons donc avec la documentation des informations. Croire au récit des néoconservateurs concernant les attentats du 11/9 nécessite de faire confiance à ces personnes et à l’histoire qu’ils ont construite et relayée sur la base d’informations spécifiques.

A-t-on raison de leur faire confiance?

Un des livres qui débattent de la « version officielle » de la tragédie du 11-Septembre est 9/11 & the American Empire: Intellectuals Speak Out [Le 11/9 et l’Empire américain : des intellectuels prennent la parole – NdT: non disponible en français] sous la direction de David Ray Griffin et Peter Dale Scott et auquel ont contribué nombre de chercheurs, intellectuels et professeurs d’université dont aucun ne croit à la version officielle des attentats. Les éditeurs du livre ont dit que ces chercheurs, qui n’appartiennent pas aux courants dominants, ont trouvé des preuves qui réfutent la version officielle sur qui est responsable des attentats du 11/9.

Morgan Reynolds est professeur à l’université A&M au Texas, et ancien membre de l’Administration Bush. Il est persuadé que le 11/9 a été mené par des individus ayant des liens avec l’Administration américaine dans le but d’ancrer sa domination sur le monde. Il y a aussi Richard Falk, un professeur de droit international et président de la Nuclear Age Peace Foundation [Fondation pour la paix à l’âge du nucléaire] qui affirme que l’Administration Bush a, soit laissé le 11/9 se produire, soit directement agi pour faciliter les attaques de manière à légitimer ses opérations internationales actuelles. Ce qui soulève le plus de soupçons est cette crainte profonde de débattre de la vérité sur ce qui s’est passé ce jour-là, de sorte que les sombres et horribles secrets ne soient pas découverts.

Karen Kwiatkowski, une universitaire qui a servi dans l’armée des États-Unis pendant 20 ans, jusqu’en 2003, raconte qu’elle était au ministère de la Défense US [le Pentagone] le 11 septembre 2001, et qu’aucun des membres de la Commission du 11/9 chargée d’enquêter sur les attentats, n’a été capable d’évaluer les preuves d’un point de vue technique. Elle affirme également qu’elle n’a vu ni les débris de l’avion qui s’est supposément écrasé sur le Pentagone, ni aucun élément de destruction qui puisse être attribué à une attaque aérienne. Steven E. Jones, un professeur de Sciences Physiques à l’Université de Brigham Young a ajouté que la manière dont les Tours jumelles et le World Trade Center 7 se sont effondrés n’était pas expliquée par le rapport officiel. Il soutient que ce ne sont pas les avions qui ont détruit les bâtiments ; l’explication la plus immédiate et la plus logique scientifiquement est que l’effondrement a été causé par une démolition contrôlée utilisant des explosifs mis en place préalablement.

David Ray Griffin a dit que le comportement que l’armée américaine le 11 Septembre était l’indication d’une implication des militaires dans les attaques, et que l’effondrement du World Trade Centre 7 est un exemple de démolition contrôlée utilisant des explosifs disposés dans tout le bâtiment avant les attentats.

La suspicion croissante entourant le récit des faucons néoconservateurs concernant les attentats du 11/9 a poussé des élites et des collectifs de citoyens américains à conduire une « recherche scientifique collective » sur ce qui s’est réellement passé le 11 septembre 2001. Un exemple de ces efforts collectifs est la création du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9, qui est mené par une cinquantaine d’universitaires et d’intellectuels, parmi lesquels quelques experts militaires à la retraite.

Dans son témoignage au Congrès des États-Unis, Condoleezza Rice, conseillère à la Sécurité Nationale à l’époque, a concédé que le Président George Bush avait reçu une note confidentielle un mois avant le 11 Septembre, détaillant l’intention qu’avait ben Laden de lancer une attaque contre les États-Unis en utilisant des avions détournés. La note était intitulée, ‘ben Laden déterminé à frapper les États-Unis’. Néanmoins [selon Rice] cette note n’indiquait ni la date exacte, ni l’endroit, ni la méthode employée. Rice a ajouté que personne n’aurait pu imaginer des détournements d’avion dans le but de les écraser sur des immeubles.

Richard A. Clarke, l’ancien conseiller en chef sur le contre-terrorisme au Conseil de la Sécurité Nationale des États-Unis, a clairement affirmé que l’Administration américaine a ignoré la menace d’al-Qaïda avant les attentats du 11/9, bien qu’au courant de ces menaces. Clarke a ajouté que George Tenet, l’ancien directeur de la CIA, et lui, ont toujours été désolés de voir qu’al-Qaïda et la menace qu’elle représentait n’ont pas été prises au sérieux par l’Administration, même après les attaques du 11/9 et la disparition de ben Laden en Afghanistan, l’Administration voulait frapper l’Irak immédiatement, malgré l’absence de preuves liant l’Irak et les attentats.

Michael Meacher, un membre confirmé du parlement britannique et ancien ministre de l’Environnement (1997-2003) a écrit dans son article intitulé, ‘Cette guerre contre le terrorisme est fausse’, publié dans le Guardian du 6 septembre 2003 :

“Nous savons qu’au moins 11 pays ont alerté préalablement les États-Unis des attaques du 11/9 … [Il y avait une information selon laquelle] 200 terroristes préparaient une grosse opération (Daily Telegraph, le 16 septembre 2001). La liste fournie incluait le nom de quatre pirates de l’air du 11/9, aucun d’eux n’a été arrêté… Le premier détournement d’avion a été suspecté dès 8h20 et le dernier avion détourné s’est écrasé en Pennsylvanie à 10h06. Aucun chasseur n’a décollé [de la base aérienne d’Andrews à 15km de Washington] jusqu’à ce que le troisième avion ait percuté le Pentagone à 9h38. Pourquoi ? Il y avait des procédures standard d’interception pour les avions détournés avant le 11/9. Entre septembre 2000 et juin 2001, les militaires américains ont lancé des chasseurs à 67 reprises pour intercepter des avions suspects (AP, le 13 août 2002)… Cette inaction est-elle simplement le résultat de la négligence ou de l’ignorance de certaines personnes à des postes clés? Ou bien les opérations de sécurité aérienne avaient-elles délibérément été suspendues le 11 septembre 2001 ? Si tel est le cas, pourquoi et qui en a donné l’ordre ?"

Toutes ces informations provenant de sources diverses prouvent bien que le récit officiel du 11/9 n’est pas valide, que des officiers de haut rang étaient au courant de ce qui allait se passer et que les procédures standards ont été suspendues à ce moment-là. Toutes ces preuves révèlent l’existence d’un complot de quelque façon. Le cœur du complot n’est-il pas le déni absolu et le fait de terroriser quiconque en parle, que ce soit sous le nom de "complot” ou “mauvais calcul” ou “supercherie idiote” ou “plan machiavélique” ou "stratégie américaine pour l’hégémonie au 21ème siècle" instigué par un puissant séisme ?

Article paru sur le site du journal international arabe Asharq Al Awsat

Article original : Enough Conspiracies!
Traduction par Spotless Mind

Des Exercices militaires ont-ils facilité l’’attaque du 11 Septembre sur le Pentagone ?

Des Exercices militaires ont-ils facilité l’attaque du 11 Septembre sur le Pentagone ?


Par Matthew Everett pour 911Truth.org

Depuis le 11 Septembre, de nombreux auteurs et chercheurs ont attiré l’attention sur les exercices effectués ou préparés par les militaires américains ou des agences gouvernementales lors des attentats du 11 Septembre. Ces exercices portent des noms tels que Vigilant Guardian, Global Guardian, Timely Alert II et Tripod et la question s’est posée de savoir quelle connexion aurait pu exister ce matin-là, entre les exercices et les événements du monde réel.[1]

Un bombardier B2 pendant les opérations Global Guardian
Des exercices accomplis avant le 11 Septembre et ayant souvent une ressemblance étrange avec les attentats avaient déjà attiré l’attention. Par exemple, peu après le 11 Septembre, le New Yorker rapportait que « durant ces dernières années, le gouvernement a régulièrement planifié et simulé des attentats terroristes, y compris des scénarios faisant intervenir le piratage de plusieurs avions ».[2] USA Today relatait que « pendant les deux années précédant les attentats du 11 Septembre, le commandement de la Défense Aérospatiale Nord Américaine a effectué des exercices simulant … des avions de ligne détournés et employés comme armes en s’écrasant sur des cibles afin de causer une catastrophe collective. Une des cibles considérées était le World Trade Center ».[3]

Comme je vais le démontrer dans cet article, des exercices ont aussi eu lieu, dont la ressemblance avec l’attentat du Pentagone est à vous glacer le sang. Je vais examiner des indices qui suggèrent que le Pentagone avait prévu un tel exercice d’entraînement pour le matin même du 11 Septembre. Je finirai en examinant brièvement les implications possibles de ces exercices et en étudiant notamment si elles pourraient avoir aidé à faciliter l’attaque sur le Pentagone.

EXERCICES ANTÉRIEURS AU 11 SEPTEMBRE BASÉS SUR UN AVION S’ECRASANT SUR LE PENTAGONE

Après le 11 Septembre, des membres de l’Administration Bush ont proclamé que personne n’avait auparavant envisagé les types des attentats qui ont eu lieu ce jour. Par exemple, Condoleezza Rice a dit: « Je ne pense pas que qui que ce soit aurait pu prévoir que ces gens prendraient un avion pour l’envoyer s’écraser sur le World Trade Center, en prendrait un autre pour l’écraser sur le Pentagone; qu’ils essaieraient d’employer un avion comme un missile, un avion piraté comme un missile. » [4] Cependant ces affirmations étaient totalement fausses. En plus de l’exercice impliquant le crash simulé d’un avion sur le World Trade Center, il y a eu durant les 12 mois précédant le 11 Septembre au moins trois exercices basés sur un avion frappant le Pentagone.

Le premier de ceux-ci a eu lieu vers la fin du mois d’octobre 2000. Dans la salle de conférence du Bureau du Secrétaire de la Défense, des stratèges militaires ont simulé un exercice «  catastrophe » au Pentagone qui avait pour thème la collision d’un avion commercial sur le Pentagone, avec 341 victimes. Cet exercice a été décrit pour la première fois dans un journal militaire au cours d’un reportage au sujet duquel le Daily Mirror déclara par la suite qu’il se « lit comme un rapport de ce qui s’est effectivement produit le 11 Septembre. » [5]

Un exercice similaire s’est déroulé en mai 2001. Comme l’a rapporté plus tard le journal U.S. Medicine, la réponse du Département de la Défense aux attentats du 11 Septembre « a été aidée par le fait que le personnel du département médical avait pratiqué un exercice de simulation en mai 2001 avec un avion de ligne 757 s’écrasant sur le Pentagone ». [6] Les cliniques DiLorenzo Tricare Health Clinic et Air Force Flight Medicine Clinic, toutes deux situées dans le Pentagone, y ont participé. Les docteurs James Geiling et John Baxter ont déclaré par la suite que ces exercices les avaient bien préparés à répondre aux attentats du Pentagone le 11 Septembre.[7]

Se rapportant vraisemblablement aux deux exercices décrits ci-dessus, le lieutenant-colonel John Felicio, commandant adjoint pour l’administration de la DiLorenzo Tricare Health Clinic a dit: « La grâce salvatrice de nos efforts [du 11 Septembre] furent les deux exercices MASCALS (acronyme pour Mass-Casualty, soit dommages massifs, autrement dit, une catastrophe produisant des victimes en surnombre – NdT) que nous avions effectués auparavant avec la hiérarchie et le personnel de la clinique. Vous savez que c’était presque surnaturel. Le scénario que nous avions pour ces MASCALS était très similaire à ce qui s’est effectivement produit. Notre scénario pour les deux MASCALS, était un avion qui s’écrasait dans la cour du Pentagone. » [8]

Le troisième exercice s’est déroulé en août 2001, seulement un mois avant le 11 Septembre. C’était un autre exercice de MASCAL, toujours au Pentagone, et qui impliquait une évacuation du bâtiment. Selon le général Lance Lord, commandant du Centre de commandement de l’espace aérien, « le scénario pour cet exercice comprenait un avion percutant le bâtiment. »[9]

UN EXERCICE D’AVION DANS LE PENTAGONE ETAIT-IL PROGRAMME POUR LE 11 SEPTEMBRE?

On peut voir que les exercices d’entraînement du Pentagone avant le 11 Septembre faisaient souvent appel à des simulations de « crash » d’avions sur le bâtiment. Mais est-ce qu’un autre exercice semblable aurait pu être programmé pour le matin du 11 Septembre? Divers indices montrent que cela a pu être le cas. L’existence d’un tel exercice n’a jamais été annoncée explicitement, sans doute parce qu’il a été classé « secret-défense ». En fait, prétendument en raison d’un « état d’urgence nationale » décrété par le Président Bush en réponse aux attentats du 11 Septembre, le Secrétaire adjoint à la Défense d’alors, Paul Wolfowitz, a publié une note explicative à l’adresse des hauts fonctionnaires du Département de la Défense (DoD) en octobre 2001, demandant un niveau de secret particulièrement élevé. Il a demandé instamment que les employés du DoD, aussi bien que les personnes d’autres organisations le soutenant, se montrent très prudents en discutant d’informations liées au travail du DoD, indépendamment de leurs fonctions : « Ne tenez aucune conversation liée au travail dans des espaces communs, des lieux publics, dans les transports ou sur des circuits électroniques non sécurisés. Les informations classifiées ne peuvent être discutées que dans les espaces autorisés et avec des personnes ayant un besoin spécifique et le niveau de sécurité adéquat. Les informations non secrètes pourraient de même nécessiter une protection parce qu’elles peuvent souvent être exploitées pour révéler des conclusions délicates. Une grande partie de l’information que nous employons pour conduire les opérations du DoD est trop sensible pour être divulguée au public. En cas de doute, ne révélez ou ne discutez d’informations officielles qu’avec d’autres membres du personnel du DoD. »[10]

En dépit du secret,la combinaison des indices que je résume ci-dessous suggère qu’un exercice d’entraînement devait avoir lieu le 11 Septembre, basé sur un avion s’écrasant sur le Pentagone :

i) Le capitaine Charles Leidig junior avait assuré des fonctions de suppléant au Centre de commandement du Directorat J3 seulement deux mois avant le 11 Septembre. En août 2001, il avait accédé au rang de « sentinelle », en tant que directeur adjoint pour les Opérations au Centre National du Commandement Militaire (NMCC), qui se trouve au Pentagone. La veille du 11 Septembre, le Général de brigade W. Montague Winfield, directeur adjoint pour les opérations au NMCC, a demandé que Leidig effectue une partie de son service le 11 Septembre. Ainsi, entre 8:30 et environ 10:30 ce matin (c’est-à-dire pendant pratiquement toute la durée des attentats), un officier de remplacement était responsable de tenir une « Conférence sur Evénement Important » (par la suite promue au rang de « Conférence sur Menace Aérienne ») en réponse aux attentats en train de se produire. [11] Rien d’autre n’a été dit pour expliquer comment ou pourquoi cette situation s’est produite. Mais la raison aurait-elle pu être (ou au moins l’excuse donnée) que Leidig avait besoin d’acquérir de l’expérience comme directeur adjoint pour les opérations en assumant ce rôle pendant un exercice d’entraînement ?

ii) Les rapports de certains membres de l’équipe médicale du Pentagone suggèrent qu’ils se préparaient pour un exercice MASCAL (victimes en surnombre) le matin du 11 Septembre. Par exemple le Sergent Matthew Rosenberg, un médecin à la clinique DiLorenzo Tricare Health Clinic, raconte : « Nous avions pratiquement complété notre plan MASCAL. ? Croyez-le ou pas, le jour avant l’incident j’étais justement au téléphone avec le FBI et nous nous interrogions sur ‘’qui a le commandement si ceci doit se produire, qui a la juridiction médicale, qui fait ceci, qui fait cela’’ et on en a parlé encore et encore, et cela m’a beaucoup aidé. Et alors le lendemain, pendant l’incident, je l’ai vu en personne. Il était là dehors pour l’incident ce jour-là. » [12] Selon le major Lorie A. Brown, infirmière en chef au DiLorenzo Tricare Health Clinic le matin du 11 Septembre, « Nous avions alors notre équipement MASCAL hors des zones de stockage pour cause d’inventaire. Ainsi, il y a eu beaucoup de pièces qui se sont mises en place et tout a très bien marché ce jour-là. C’était simplement fortuit. C’était vraiment étonnant la manière dont les choses se sont produites. » [13]
Comme je l’ai décrit ci-dessus trois exercices du Pentagone comprenaient la simulation d’un crash d’avion sur le bâtiment. Et tôt le matin du 11 Septembre, Matthew Rosenberg était censé être « en bas dans le corridor 8 » du Pentagone, « satisfait d’avoir droit à une heure entière pour étudier un nouveau plan d’urgence de désastre médical basé sur le scénario improbable d’un avion s’écrasant à cet endroit. »[14]. Était-il en train d’étudier la préparation d’un exercice devant avoir lieu plus tard le même jour ?

iii) Au moins deux bases de l’armée situées à proximité du Pentagone effectuaient des entraînements le matin du 11 Septembre, sur le thème d’attaques terroristes ou de chutes d’avions. Au Fort Belvoir, à une vingtaine de kilomètres au sud du Pentagone, elles effectuaient un exercice de contrôle de garnison avec pour but de « tester la sécurité de la base en cas d’attaque terroriste. »[15] Au Centre éducatif de Fort Myer, une base de l’armée située à 2,5 km au nord-ouest du Pentagone, les sapeurs-pompiers suivaient ce qui a été décrit comme une « leçon de rafraîchissement sur les accidents d’avion » et un « cours d’une semaine sur la lutte contre le feu sur les terrains d’aviation. » [16]

Selon le major Don Arias, le dirigeant des affaires publiques du NORAD, « c’est une pratique courante quand nous avons des exercices que d’en tirer un profit maximum. Ainsi parfois nous avons plusieurs organisations qui participent au même exercice pour des raisons différentes. » [17] Cet exercice antiterroriste au Fort Belvoir aurait-il pu être programmé pour faire partie d’un exercice plus important au Pentagone voisin, et cette « leçon de rafraîchissement pour les accidents d’avion » au Fort Myer aurait-elle pu avoir été programmée comme une partie d’un exercice impliquant un avion s’écrasant sur le Pentagone? Après tout, c’est bien le Département du Feu de Fort Myer qui est responsable des opérations de la caserne de pompiers à l’héliport du Pentagone, juste à 50 m de l’endroit où le bâtiment a été percuté le 11 Septembre. [18]

LA SIGNIFICATION DES EXERCICES D’ENTRAÎNEMENT

Quelle est la signification de ces exercices d’entraînement ? Est-ce seulement par coïncidence qu’au moins trois exercices on été effectués l’année du 11 Septembre, basés sur le scénario d’un avion s’écrasant sur le Pentagone? Si un autre exercice d’avion sur le Pentagone était prévu pour le 11 Septembre, est-ce seulement une autre coïncidence encore plus grande ?

Plusieurs auteurs ont suggéré un rôle plus sinistre joué par les exercices d’entraînement similaires aux événements du monde réel. Ils croient que de tels exercices se produisant pendant ou avant un attentat peuvent indiquer qu’un groupe criminel à l’intérieur du gouvernement ou de l’armée en est responsable. Selon l’auteur Webster Tarpley: « Les exercices du personnel ou de la hiérarchie sont parfaits pour un réseau incontrôlé qui est forcé de mener ses opérations en utilisant les mêmes communications et les mêmes ordinateurs que d’autres officiers qui ne sont pas nécessairement partie prenante dans l’opération illégale, le Coup d’État ou la provocation, selon ce qu’il en est. Un officier putschiste [c’est-à-dire un officier incontrôlé] peut très bien être en train de travailler à une console à côté d’un autre officier qui n’est pas sur le coup, et qui pourrait en effet s’y opposer s’il était au courant. Le comportement du putschiste est suspect : que diable peut-il bien faire ? L’officier loyal jette un coup d’œil et questionne le putschiste à ce propos. Le putschiste mentionne une manœuvre du personnel pour lequel il fait des préparatifs. L’officier loyal en conclut que les activités du putschiste font partie d’une manœuvre militaire reconnue officiellement, et ses soupçons sont apaisés. Le putschiste peut même expliquer que la participation à l’exercice du personnel nécessite une autorisation à un niveau de sécurité spécial dont l’officier loyal ne dispose pas. La conversation se termine, et le putschiste peut continuer son travail de traître » [19]

Paul Joseph Watson et Alex Jones ont écrit : « L’exercice remplit plusieurs buts différents. Il sert de couverture pour que de petits groupes compartimentés de terroristes gouvernementaux puissent mener à bien leurs opérations sans que le plus grand service de sécurité ne se rende compte de ce qu’ils font, et d’une manière plus importante, s’ils se font prendre pendant ou après l’attentat avec n’importe quel fait compromettant, il leur suffit de prétendre qu’ils ne faisaient que participer à un exercice. » [20]

Clairement, les exercices de crash d’avion sur le Pentagone, et la possibilité que d’autres exercices similaires aient été programmés pour le 11 Septembre, soulèvent de sérieuses préoccupations. Vu leur similitude avec les attaques réelles, la question de savoir s’ils ont sournoisement rempli les objectifs malveillants décrits ci-dessus doit être approfondie. Pourtant, le rapport de la Commission sur le 11 septembre ne mentionne pas les trois exercices du Pentagone d’avant le 11 Septembre, et omet de considérer la possibilité d’un exercice similaire ayant lieu le jour même du 11 Septembre. C’est une preuve de plus que, cinq ans après l’événement, nous avons encore grand besoin d’une enquête sérieuse sur les attentats du 11 Septembre.

=== Fin  ===

Matthew Everett a écrit deux articles importants au sujet de la complicité du gouvernement des U.S.A. dans les événements du 11 Septembre pour le Journal of Psychohistory, et a aussi contribué à la Chronologie Complète du 11 Septembre [de Paul Thompson – NdT].

Traduction de Perry pour ReOpenNews

NOTES
[1] For a comprehensive list of 9/11-related training exercises, including those taking place on September 11 itself, see the « Military Exercises Up to 9/11 » page of Paul Thompson’s Complete 911 Timeline:
http://www.cooperativeresearch.org/timeline.jsp?timeline=complete_911_timeline&before_9/11=militaryExercises
 
[2] « September 11, 2001. » The New Yorker, September 24, 2001.
http://www.newyorker.com/fact/content/?010924fa_FACT
 
[3] Steven Komarow and Tom Squitieri, « NORAD had drills of jets as weapons. » USA Today, April 18, 2004.
http://www.usatoday.com/news/washington/2004-04-18-norad_x.htm
 
[4] « National Security Advisor Holds Press Briefing. » Office of the Press Secretary, May 16, 2002.
http://www.whitehouse.gov/news/releases/2002/05/20020516-13.html
 
[5] Dennis Ryan, « Contingency Planning: Pentagon MASCAL Exercise Simulates Scenarios in Preparing for Emergencies. » MDW News Service, November 3, 2000.
http://www.mdw.army.mil/content/anmviewer.asp?a=290; Andy Lines, « Pentagon Chiefs Planned for Jet Attack. » Daily Mirror, May 24, 2002.
http://newsmine.org/archive/9-11/flight77-aa-pentagon/chiefs-planned-for-jet-attack.txt
 
[6] « Crisis Response Puts Agencies On Path To Better Coordination. » U.S. Medicine, January 2002.
http://www.usmedicine.com/article.cfm?articleID=329&issueID=34
 
[7] Matt Mientka, « Pentagon Medics Trained For Strike. » U.S. Medicine, October 2001.
http://www.usmedicine.com/article.cfm?articleID=272&issueID=31
 
[8] Soldiers to the Rescue: The Medical Response to the Pentagon Attack. Washington, D.C.: Office of Medical History, September 2004, p. 18.
http://history.amedd.army.mil/memoirs/soldiers/responding.pdf
 
[9] Gen. Lance Lord, « A year ago, a lifetime ago. » The Beam, September 13, 2002.
http://www.dcmilitary.com/airforce/beam/7_36/commentary/19212-1.html
 
[10]Paul Wolfowitz, Memorandum for Secretaries of the Military Departments, et al., « Operations Security Throughout the Department of Defense. » Department of Defense, October 18, 2001.
http://www.fas.org/sgp/bush/wolfowitz.html
 
[11] « Statement of Capt. Charles J. Leidig, Jr. Commandant of Midshipmen United States Naval Academy Before the National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States. » June 17, 2004.
http://www.9-11commission.gov/hearings/hearing12/leidig_statement.pdf; National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States, Twelfth Public Hearing, June 17, 2004.
http://www.9-11commission.gov/archive/hearing12/9-11Commission_Hearing_2004-06-17.htm
 
[12] Soldiers to the Rescue: The Medical Response to the Pentagon Attack, p. 39.
 
[13] Ibid., p. 7.
 
[14] David Maraniss, « September 11, 2001: Steve Miller Ate a Scone, Sheila Moody Did Paperwork, Edmund Glazer Boarded a Plane: Portrait of a Day That Began in Routine and Ended in Ashes. » Washington Post, September 16, 2001.
http://www.washingtonpost.com/ac2/wp-dyn/A38407-2001Sep15
 
[15] Chuck Hagee, « An Engineer’s Expertise Joins a Firefighter’s Nightmare. » The Connection Newspapers, September 5, 2002.
http://www.connectionnewspapers.com/article.asp?archive=true&article=9181&paper=69&cat=104
 
[16] Alan Wallace, « A Fire Fighter’s Story. » First Due News, April 17, 2003.
http://web.archive.org/web/20030417074321/http://www.oapff.com/first-due.htm; Spc. Jennifer Lilly and Chris Walz, « Local heroes: FMMC fire department reflects on attacks. » Pentagram, November 2, 2001.
http://www.dcmilitary.com/army/pentagram/6_44/local_news/11746-1.html; Michael J. Ward, « Attack on the Pentagon: The initial fire & EMS response. » JEMS, April 2002.
http://info.jems.com/911/pdf/jems0402.pdf
 
[17] Quoted in Michael C. Ruppert, Crossing the Rubicon: The Decline of the American Empire at the End of the Age of Oil. Gabriola Island: New Society Publishers, 2004, p. 367.
 
[18] « After-Action Report on the Response to the September 11 Terrorist Attack on the Pentagon. » Arlington County, July 2002, p. A-20.
http://www.arlingtonva.us/departments/Fire/edu/about/FireEduAboutAfterReport.aspx; Stephen Murphy, « ARFF Crews Respond to the Front Line at Pentagon. » NFPA Journal, November 1, 2001.
http://www.nfpa.org/publicJournalDetail.asp?itemID=20904
 
[19] Webster Griffin Tarpley, 9/11 Synthetic Terror: Made in USA. Joshua Tree: Progressive Press, 2005, pp. 204-205.
 
[20] Paul Joseph Watson and Alex Jones, « London Underground Bombing ‘Exercises’ Took Place at Same Time as Real Attack: Culpability cover scenario echoes 9/11 wargames. » Prison Planet, July 13, 2005.
http://www.prisonplanet.com/articles/july2005/090705bombingexercises.htm
 

La responsabilité pénale de journalistes pour incitation à la guerre

Les journalistes étatsuniens et les crimes de guerre

Par Peter DYER, pour Consortium News.

Traduit et publié par Le Grand Soir, le 16 octobre 2008

Un journaliste indépendant, Peter Dyer, fait remarquer que le Tribunal de Nuremberg a considéré qu’un tel soutien médiatique à des crimes de guerre constituait lui-même un « crime ». Le 16 Octobre est un anniversaire qui devrait intéresser de près les journalistes qui ont soutenu l’invasion et l’occupation de l’Irak.

"il serait difficile de nier qu’ils ont du sang sur les mains"

Il y a soixante-deux ans, le 16 octobre 1946, Julius Streicher fut pendu.

Streicher faisait partie d’un groupe de 10 Allemands exécutés au lendemain du premier procès du Tribunal de Nuremberg – un procès qui dura 40 semaines avec, au banc des accusés, 22 des nazis les plus importants. Chacun de ces accusés était jugé pour au moins deux des quatre crimes définis par la Charte de Nuremberg : crime contre la paix (agression), crime de guerre, crime contre l’humanité et conspiration.

Tous les condamnés à mort étaient d’importants officiels du gouvernement allemand ou des chefs militaires. Tous, sauf Streicher. Julius Streicher était journaliste.

Rédacteur en chef du journal violemment antisémite, Der Stürmer, Streicher fut jugé coupable et, selon les termes du jugement, « l’incitation au meurtre et à l’extermination, au moment même où les Juifs en Europe de l’Est se faisaient tuer dans les plus horribles conditions, constitue à l’évidence un crime contre l’humanité. »

Dans son plaidoyer contre Streicher, le procureur britannique Lieutenant Colonel M.C. Griffith-Jones déclara : « Monsieur de juge, il se peut que l’accusé n’ai pas été directement impliqué dans les crimes contre les Juifs… Nous soutenons néanmoins que son crime n’en est pas moins grave parce qu’il a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. Il a mené la propagande et l’éducation du peuple allemand à cette fin. »

A Nuremberg, le rôle primordial joué par la propagande fut confirmé, non seulement par l’accusation et le jugement rendu, mais aussi par le témoignage du plus célèbre des accusés nazis, le Reichsmarshall Hermann Goering :

« Les guerres modernes et totales se déroulent, à mon avis, selon trois axes : la guerre des armes sur terre, dans l’air et sur mer ; la guerre économique, qui est devenue une partie intégrante à toute guerre moderne ; et, troisièmement, la guerre de propagande, qui est aussi un élément essentiel de la guerre. »

Deux mois après l’exécution des condamnés à Nuremberg, l’Assemblée Générale des Nations Unies vota la résolution 59(I) qui déclare :

« La liberté de l’information requiert un élément indispensable qui est la volonté et la capacité d’en user sans en abuser. Elle nécessite comme principe de base l’obligation morale de rechercher les faits sans préjugés et de diffuser l’information sans intention malveillante. »

L’année suivante, une nouvelle résolution de l’Assemblée Générale fut adoptée : résolution 110 qui « condamne toute forme de propagande, dans tous les pays, qui tente de provoquer ou d’encourager toute menace contre la paix, toute violation de la paix ou tout acte d’agression. »

Les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies n’ont pas force de loi, mais les résolutions 59 et 110 pèsent d’un poids moral considérable. Ceci parce que, comme l’ONU elle-même, ces résolutions constituent l’expression même d’une réaction à la brutalité et aux souffrances engendrées par deux guerres mondiales et le désir universel d’éviter de nouveaux massacres.

Crimes de propagande

La plupart des juridictions n’assimilent pas la propagande de guerre à un crime. Cependant, plusieurs journalistes ont récemment été condamnés pour incitation au génocide par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Les efforts déployés pour criminaliser la propagande de guerre se heurtent à une résistance déterminée, particulièrement celle des États-Unis, et le combat est loin d’être gagné. Pourtant, sur le terrain purement légal, les choses sont claires : si l’incitation au génocide est un crime, l’incitation à l’agression, autre crime défini par Nuremberg, pourrait et devrait l’être aussi. Après tout, l’agression – le déclenchement d’une guerre sans provocation – est « le crime international par excellence qui ne se distingue des autres crimes de guerre qu’en ce qu’il englobe à lui tout seul l’ensemble des autres crimes, » selon les termes du jugement rendu à Nuremberg. Criminelle ou pas, une bonne partie du monde considère l’incitation à la guerre comme un acte moralement indéfendable.

À la lumière de ce qui précède et de la recette de Goering (une guerre, c’est des armes, une guerre économique et de la propagande) il est instructif d’examiner le rôle joué par les journalistes et les propagandistes de guerre étatsuniens dans le déclenchement et le soutien à la guerre.

L’Administration Bush a commencé à vendre l’invasion de l’Irak au peuple étatsunien peu après le 11 septembre 2001. Afin de coordonner les efforts, le chef de cabinet de George Bush, Andrew Cars, créa au cours de l’été 2002 un Groupe Irak de la Maison Blanche (White House Iraq Group – WHIG) dont l’objectif était expressément le « marketing » de l’invasion de l’Irak.

Parmi les membres de ce groupe, on trouvait les personnalités médiatiques/propagandistes Karen Hughes et Mary Matalin [toute ressemblance avec la France n’étant que… – NdT]. Le groupe WHIG était remarquable non seulement pour son mépris à l’égard de la vérité, mais aussi par la candeur avec laquelle il reconnaissait mener une campagne de publicité. Un article du New York Times du 7 septembre 2002, intitulé « la Terreur tracée : la stratégie ; les assistants de Bush définissent une stratégie pour vendre leur politique », révéla :

« Selon des officiels de la Maison Blanche, l’Administration suivait un plan méticuleusement préparé pour convaincre l’opinion publique, le Congrés et ses alliés de la nécessité d’affronter la menace posée par Saddam Hussein… »

« Selon les lois du marketing, » a dit Andrew H. Cars Jr, chef de Cabinet à la Maison Blanche et coordinateur du projet, « on ne peut pas introduire de nouveaux produits en plein mois d’aout. » Comme si le « produit » – l’invasion injustifiée d’un état souverain – n’était qu’un bien de consommation, une voiture ou une émission de télé. L’argument de vente inventé fut « le danger imminent » posé par les armes de destruction massive irakiennes. En d’autres termes, le travail du groupe WHIG était avant tout l’incitation à une guerre d’agression par le biais d’une propagande de la peur.

Dans cet esprit, le membre le plus éminent du WHIG, la Conseillère en Sécurité nationale Condoleezza Rice, lors d’une interview accordée à Wolf Blitzer de CNN, brandit le spectre d’un holocauste nucléaire déclenché par l’Irak,

« Nous savons qu’il y a eu des livraisons à l’Irak, par exemple, de tubes d’aluminium d’aluminium de haute qualité qui ne peuvent servir qu’à la création d’armes nucléaires, à l’enrichissement de l’uranium… Le problème est que nous ne saurons jamais exactement à quel moment (Saddam Hussein) pourra disposer d’armes nucléaires. Mais nous ne voulons pas voir ces soupçons se transformer en champignon atomique ».

Cette image de champignon atomique fut une des plus marquantes de toute la guerre de propagande de la Maison Blanche. Elle fut inventée par Michael Gerson quelques jours plus tôt lors d’une réunion du groupe WHIG. La présence d’armes de destruction massive en Irak constituait la clé de voute de la campagne de l’Administration Bush. D’autres éléments importants étaient les liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda et par conséquent l’implication de l’Irak dans la tragédie du 11 Septembre.

Tout était faux. Mais en termes de propagande, il y a vérité lorsqu’on réussit à vendre le produit.

SOUMISSION DES MÉDIAS

Le rôle joué par les grands médias étatsuniens au cours des préparatifs de l’invasion contre l’Irak fut marqué par leur soumission généralisée à l’Administration Bush et leur abandon des devoirs les plus fondamentaux quant à l’opinion publique. Cette responsabilité est affirmée non seulement par la résolution 59 mais aussi par le Code d’Étique de l’Ordre des Journalistes Professionnels, qui précise : « les journalistes doivent vérifier la véracité de l’information de toute source et doivent veiller à ne pas commettre une erreur involontaire. »

Judith Miller, journaliste influente au New York Times,  en s’abstenant de vérifier l’information, a joué un rôle dans la campagne de l’Administration Bush visant à convaincre l’opinion publique d’attaquer un pays qui ne représentait aucune menace. Bien qu’elle n’ait pas été la seule, et loin de là, Miller a probablement eu une responsabilité plus grande que tout autre journaliste pour avoir distillé la peur devant des armes de destruction massive imaginaires. [ndt : le New York Times a finalement licencié Judith Miller pour non-respect de la déontologie – pour l’affaire Valery Plame notamment. L’auteur de cet article semble sous-estimer le travail conscient et volontaire entrepris par Judith Miller dans la guerre contre l’Irak.] A cet égard, elle, comme d’autres journalistes influents qui faillirent, porte sa part de responsabilité morale, sinon pénale, pour les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés et tout le carnage, destruction et souffrances humaines de l’opération « Liberté pour l’Irak ».

Cela dit, certaines personnalités éminentes des médias étatsuniens ont fait beaucoup plus que d’omettre la vérification des sources. Certains ont activement et passionnément encouragé les étatsuniens à commettre et/ou approuver des crimes de guerre, avant et pendant l’agression contre l’Irak.

Parmi les plus connus, on trouve Bill O’Reilly de Fox News qui – à la fois pour l’Afghanistan et l’Irak – a soutenu des crimes interdits par la convention de Genève tels que les punitions collectives contre les civils (Gen. Con. IV, Art. 33) ; l’attaque de cibles civiles (Protocol I, Art. 51) ; la destruction des réserves d’eau (Protocol I Art. 54 Sec. 2) et même la famine (Protocol I, Art. 54 Sec. 1).

Le 17 septembre 2001 : « les États-Unis devraient bombarder les infrastructures de l’Afghanistan et les réduire en miettes : l’aéroport, les centrales électriques ; les réserves d’eau, les routes » s’ils refusent de livrer Ben Laden aux États-Unis. Plus tard, il ajouta : « Ce pays est très primitif. Et leur retirer la capacité d’exister au quotidien ne sera pas compliqué… Il ne faut pas viser les civils. Mais s’ils ne se soulèvement pas contre leur gouvernement criminel, ils crèveront de faim, point final ».

Le 26 mars 2003, quelques jours après le déclenchement de l’invasion de l’Irak, O’Reilly a déclaré : « Certains pensent que nous aurions du accorder aux habitants de Bagdad 48 heures pour évacuer la ville, les avertir en larguant des tracts et en diffusant des messages à la radio et tout ça. Vous avez 48 heures pour dégager, après nous rasons la ville. » [voir Peter Hart “O’Reilly’s War : Any rationale—or none—will do” chez Fairness & Accuracy in Reporting, Mai/Juin 2003]

Punition collective

Un autre journaliste très influent, lauréat du prix Pulitzer et ancien rédacteur en chef au New York Times, le feu A.M. Rosenthal, a aussi défendu les attaques contre des cibles civiles et les punitions collectives dans le cadre de la guerre contre les nations musulmanes du Moyen-Orient. Le 14 septembre 2001, dans un article intitulé « Comment les États-Unis peuvent gagner la guerre », Rosenthal écrivit que les États-Unis devraient laisser à l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, la Syrie et le Soudan trois jours pour réfléchir à un ultimatum leur enjoignant de livrer tous les documents et informations relatifs aux armes de destruction massive et les organisations terroristes. Pendant ces trois jours, « les habitants de ces pays seraient encouragés 24/24h par les États-Unis d’évacuer la capitale et les grandes villes, parce qu’à l’aube du quatrième jour, tout serait rasé. »

Figure médiatique de la droite, Anne Coulter, à l’émission Sean Hannity Show le 21 juillet 2006, appela à une autre guerre et à plus de représailles contre les civils, cette fois contre l’Iran. « Eh bien, je n’arrête pas d’entendre dire que nous ne trouvons pas le matériel nucléaire, et qu’il pourrait être enterré dans des grottes. Et si nous les bombardions de fond en comble jusqu’à qu’ils ne puissent même plus construire un poste de radio ? Alors, ça n’aurait plus d’importance s’ils possèdent le matériel nucléaire. »

Cette pratique des personnalités des grands médias étatsuniens qui consiste à promouvoir des guerres d’agression date d’avant le 11 Septembre. Thomas Friedman, trois fois lauréat du prix Pulitzer, a publié un appel virulent en faveur de crimes de guerre, dont la punition collective des Serbes et la destruction de leurs réserves d’eau, au moment de la crise du Kosovo :

« Mais si la seule force de l’OTAN est celle de pouvoir bombarder sans fin, alors il faut en tirer le maximum. Passons à une vraie guerre aérienne. Que l’on puisse encore organiser des concerts de rock à Belgrade, ou faire des promenades du dimanche, tandis que d’autres Serbes « nettoient » le Kosovo, est scandaleux. Belgrade devrait être une ville plongée dans le noir : chaque centrale électrique, chaque aqueduc, chaque pont, chaque route et chaque usine en rapport avec la guerre doit être visée.

Que ça vous plaise ou non, nous sommes en guerre contre la nation Serbe (et les Serbes sont d’accord là-dessus), et les enjeux doivent être très clairs pour eux : pour chaque semaine que vous passez à ravager le Kosovo, nous vous pulvériserons dix ans en arrière. Vous voulez retourner à 1950 ? Nous pouvons vous faire retourner à 1950. Vous préférez 1389 ? Va pour 1389. » [New York Times, avril 1999]

Ces commentaires à l’emporte-pièce, parfois même sur le ton de la plaisanterie, sur l’imposition d’une guerre contre des pays relativement faibles, sont formulés par des journalistes et personnalités étatsuniens au sommet de la profession. Chacun touche un public de plusieurs millions. Il est difficile d’exagérer leur influence.

Pour ne parler que de ces dix dernières années, les destructions et les massacres engendrés par le « crime international par excellence » de l’agression étatsunienne ont été facilités par cette influence insouciante, irresponsable et/ou malveillante. Malheureusement, les paroles du Procureur de Nuremberg Griffith-Jones sur la propagande du journaliste allemand Julius Streicher s’appliquent aujourd’hui pour certains des journalistes les plus influents d’un pays qui, il y a 60 ans, représentait un espoir à Nuremberg :

Streicher « a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. »

En 1947, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopta la résolution 127 dans laquelle « l’Assemblée Générale … invite les gouvernements des états membres … à étudier les mesures à prendre au niveau national, dans le cadre de la légalité constitutionnelle, contre la diffusion d’informations fausses ou déformées qui seraient en mesure de porter atteinte aux relations d’amitié entre deux états. »

Malheureusement, 60 ans plus tard, peu de progrès ont été accomplis. La propagande de guerre est toujours légale et très vivante – florissante même, comme on peut le constater dans les appels réitérés à envahir un autre pays qui n’a jamais menacé les États-Unis : l’Iran.

Dans l’état actuel des choses, avec les États-Unis qui sont toujours la plus grande puissance militaire au monde, les propagandistes étatsuniens qui ont permis l’invasion de l’Irak et d’autres guerres d’agression n’ont pas de souci à se faire quant à leur responsabilité devant les principes de Nuremberg. Et pourtant, il serait difficile de nier qu’ils ont du sang sur les mains.

Peter Dyer

Entretien avec Thierry Meyssan contraint à l’exil

Entretien avec un dissident français contraint à l’exil
Thierry Meyssan : « Si j’avais plié, je n’aurais pas eu à partir »

La fermeture des bureaux français du Réseau Voltaire et l’exil de son président suscitent bien des interrogations. Certains commentateurs y ont vu la fin d’une aventure ; d’autres au contraire, observant que ces décisions n’ont pas diminué la combativité du Réseau, ont essayé de savoir ce qui les avait motivées. Thierry Meyssan s’en explique ici. Il décrit une France, placée sous le contrôle des services états-uniens, où une opinion publique anesthésiée n’a pas conscience du contrôle politique. À ses yeux, il y avait péril en la demeure et la menace qui l’a contraint à partir ne tardera pas à s’exercer sur d’autres.
 
http://www.voltairenet.org/article158181.html
sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation
 
Vous avez quitté la France il y a un an, en septembre 2007. Vous n’êtes pas n’importe quel expatrié : vous êtes connu dans le monde entier comme l’initiateur du mouvement de contestation de la version gouvernementale des attentats du 11 septembre, le leader d’un mouvement anti-impérialiste, et dans certains pays vous êtes présenté comme le principal dissident occidental. Pourquoi avez-vous été contraint à l’exil ?

Thierry Meyssan : En décembre 2002, le secrétaire US à la Défense Donald Rumsfeld a signé la directive 3600.1 visant à discréditer ou à éliminer des personnalités françaises qui s’opposaient à la Guerre globale au terrorisme [1]. Cette liste comprenait en premier chef Jacques Chirac, puis de grands industriels, j’y figurais en plus à cause de mon travail sur le 11-Septembre.

On était trois mois avant l’invasion de l’Irak. C’était l’époque de l’hystérie anti-française à Washington. Les services secrets français ont été informés que des assassinats avaient été sous-traités par le Pentagone au Mossad et m’ont mis en garde. Mes amis et moi, nous avons cherché à prendre contact avec les autres cibles. Un des administrateurs du Réseau Voltaire, était un ancien ami de l’une de ces personnalités. Nous avons pris rendez-vous avec elle, début mars, mais elle est décédée quelques jours avant le rendez-vous, dans des circonstances qui ont été qualifiées de très suspectes par les enquêteurs.

L’État a alors réagi. Le président Chirac a joint par téléphone le Premier ministre israélien et l’a prévenu que toute action entreprise non seulement sur le territoire français, mais n’importe où dans l’Union européenne, serait considérée comme un acte hostile envers la France. À chacun de mes déplacements hors de l’Union européenne, les services français joignaient leur homologues locaux pour leur demander de veiller à ma protection.

Je savais qui est Nicolas Sarkozy [2] et je me doutais bien que les choses changeraient avec son élection. Lorsque je suis rentré de voyage pour voter, le 6 mai 2007, j’ai été arrêté devant les autres passagers à la sortie de l’avion à Orly. Après m’avoir fait poireauter avec des clandestins et des trafiquants de toutes sortes, un officier de la DST m’a laissé sortir en me disant : « Bienvenue au pays M. Meyssan, un pays qui va bientôt changer, beaucoup changer ». Le soir Sarkozy était élu. Quelques jours plus tard, il était à l’Élysée et commençait la purge.

Pendant l’été, Nicolas Sarkozy s’est rendu en famille aux États-Unis. Il était accompagné de nombreux collaborateurs qui suivaient son avion de ligne dans un avion officiel. Ils ont eu des entretiens avec l’Administration Bush sur toute une série de sujets, graves ou futiles. J’ai été informé que les États-Uniens avaient demandé que des mesures soient prises pour me neutraliser en application des Décrets présidentiels US 13438 et 13441 [3]. J’ai cru au début que ces décrets étaient fondés sur le Patriot Act et je ne voyais pas comment ils pouvaient trouver une application en droit français. Je me disais que les atlantistes finiraient bien par inventer un biais juridique et que je devais songer à prendre le large, mais je croyais avoir beaucoup de temps devant moi. Il s’est avéré que ces décrets se fondaient sur le Trading with the Enemy Act de 1917 et ses développements ultérieurs. En d’autres termes, j’étais désormais considéré comme une menace pour la sécurité des États-Unis. Le Pentagone, qui fait jouer la clause 5 du Traité OTAN depuis les attentats de 2001, a demandé l’assistance automatique de ses alliés. Bref, tous les services secrets des États membres de l’Alliance atlantique pouvaient être sollicités pour me neutraliser. J’ai été informé que quelque chose se tramait contre moi. J’ai fait mes valises et j’ai quitté la France deux jours plus tard.

Au demeurant, le danger ne se limite pas aux pays de l’OTAN. Une opération a été organisée contre moi en décembre 2007 à Caracas, qui a été déjouée par la police vénézuélienne. En août 2008, j’ai dû annuler ma participation à une conférence internationale en Autriche après avoir été avisé par un État ami qu’une opération avait été préparée contre moi.

En outre, des pressions sont exercées contre mes compagnons de lutte au Proche-Orient, en Amérique latine et dans d’autres États européens. Je ne peux vous en faire la liste sans compliquer les problèmes. Jürgen Cain Kulbel a été brièvement incarcéré en Allemagne et pourrait l’être à nouveau. Techniquement, le seul fait retenu contre lui par le tribunal est le lien qu’il avait installé sur son site web pointant sur celui du Réseau Voltaire [4].

Avez-vous des preuves que vous êtes réellement en danger — comme vous le dites — en France et dans les pays de l’OTAN ?

Thierry Meyssan : Non, les listes US sont secrètes, sauf en ce qui concerne les avoirs financiers bloqués aux USA, mais je n’en ai pas. Mais j’ai des témoins de plusieurs contacts.

La France est une démocratie et est considérée comme la patrie des droits de l’homme. Ce n’est pas le Chili sous la dictature de Pinochet. Que vous ayez dû la quitter n’est-il pas tout simplement   incompréhensible, en particulier pour les citoyens français ?

Thierry Meyssan : Ces situations ne sont pas comparables. Au Chili, les États-Unis avaient installé une dictature militaire. En France, ils disposent juste d’agents au sommet de l’État et à la tête des différents services de sécurité. Mes concitoyens devraient être plus attentifs à la répression actuelle qui frappe à la fois des hommes politiques de premier plan, de hauts fonctionnaires et des   journalistes. L’équipe de Nicolas Sarkozy s’appuie sur quelques magistrats dévoyés pour paralyser ses adversaires politiques et abuse de son pouvoir et de son influence pour virer les journalistes qui refusent de se courber.

Regardez d’abord la prise de contrôle des médias. Sarkozy a placé les siens à la tête des médias privés et purge les médias publics. Il y a un an, les syndicats de journalistes ont appelé l’opinion publique au secours [5]. Ils affirmaient qu’il devenait impossible d’enquêter sur Nicolas Sarkozy et de relater les critiques populaires dont il fait l’objet. Ils s’inquiétaient de perdre la liberté de s’exprimer en étant pris en tenaille entre d’une part des juges qui violaient le secret des sources, et d’autre part, des patrons de presse directement liés à l’Élysée. Personne ne les a cru et maintenant, c’est trop tard. Tout est verrouillé.

Des exemples ? L’équipe du président s’est installée à TF1 et une de ses anciennes maîtresses y présente le JT [6]. Les médias étrangers se sont gaussés de cette affaire, mais les médias français qui l’ont évoquée ont été condamnés pour « atteinte à la vie privée ». C’est un invraisemblable détournement de la loi de 1881 sur la presse. Désormais, la corruption et le népotisme, lorsqu’ils concernent l’équipe Sarkozy, sont des sujets tabous. Les aborder, vous conduit directement en correctionnelle.

Sarkozy a corrompu publiquement une dizaine d’éditorialistes en leur offrant des prébendes [7]. Certains ont été engagés dans des cabinets ministériels, voire à l’Élysée, d’autres ont été nommés dans des commissions bidon, où, réduits à l’état de courtisans, ils bénéficient des fastes de la République. Louis XIV tenait la noblesse en l’occupant à Versailles, Sarkozy distrait les éditorialistes qui devraient analyser sa politique en les occupant à des mondanités et en leur faisant rédiger des rapports qu’il ne lit pas.

Pendant ce temps, les époux Kouchner-Ockrent licencient à RFI et France24 tous cenx qui résistent à l’influence US. Après Richard Labévière [8], un rédacteur en chef réputé qui avait le défaut de donner la parole aux anti-atlantistes, le dernier en date est Grégoire Deniau pour avoir organisé un débat sur le 11-Septembre en invitant en première partie Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire, et en seconde partie Atmoh, porte-parole de ReOpen911.

Le problème, ce ne sont pas les journalistes. Il y en a de remarquables en France. Ce sont les médias. Ils sont déjà sous contrôle et la fonction de contre-pouvoir n’est plus assurée.

Par ailleurs, lorsque le grand public entend parler d’une affaire pénale qui touche une personnalité, il n’y voit qu’un cas particulier. Mais si l’on met en perspective tous ces cas particuliers, on voit bien qu’ils traduisent une stratégie.

Sur plainte personnelle de Nicolas Sarkozy, des juges d’instruction ont interdit de voyager à l’ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, et l’ont astreint à payer une caution démesurée et humiliante. Bien que ne disposant d’aucun élément concret à charge, le procureur vient de le renvoyer en correctionnelle. L’affaire Clearstream offre certes à Sarkozy un moyen d’éliminer un rival politique, mais il ne l’a pas pour autant organisée. C’est une machination montée de toutes pièces par son beau-père, l’ambassadeur Frank Wisner, via une de ses officines londoniennes, Hakluyt & Co [9]. Le but est d’envoyer Villepin en prison pour que nul n’ignore qu’on ne défie pas impunément le secrétaire d’État des États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU.

Des magistrats ont perquisitionné le domicile de l’ancien directeur des Renseignements généraux, Yves Bertrand, pour lui extorquer les secrets des chiraquiens. Et ces jours-ci, des documents saisis sont miraculeusement arrivés dans des rédactions parisiennes. Des hebdomadaires proches du pouvoir en ont publié des extraits. Il semble que l’on cherche à faire passer des documents de travail, énonçant des hypothèses, pour des rapports finaux, présentant des conclusions. Et que l’on cherche à faire croire que les RG persécutaient les seuls socialistes. C’est de la manipulation pure et simple. Chaque fois que l’on est dans l’opposition, on doit se protéger de cette police politique, et chaque fois que l’on est au pouvoir, on fait des pieds et des mains pour se procurer des copies de ses notes. Le pouvoir exerce une pression incroyable sur ce fonctionnaire pour le faire craquer. C’est bien hypocrite. Car dans le même temps, au lieu de dissoudre enfin les RG, on les a réorganisés et on a augmenté leurs moyens en les fondant dans une administration plus opaque encore.

Jusqu’au capitaine Paul Barril qu’ils ont mis en prison pour lui arracher les secrets de Mitterrand. Ils l’ont accusé d’être un tueur à gage et l’ont si maltraité qu’il a dû être hospitalisé, avant d’être relâché sous caution. À ce propos, permettez moi une digression sur le génocide rwandais. Barril s’est défendu des attaques portées contre lui à ce sujet en mettant en cause le président Kagamé. Celui-ci a alors commandité un rapport sur l’implication française dans ce drame historique. À le lire, on comprend que les officiers supérieurs français, François Mitterrand et tout son cabinet, et le gouvernement de cohabitation dans son ensemble seraient tous responsables du génocide… sauf, bien sûr le ministre du Budget et porte-parole du gouvernement de l’époque, Saint Nicolas Sarkozy. C’est stupide. Il y a à l’évidence des responsabilités françaises, mais certainement pas de culpabilité collective. Et au demeurant, il est impossible de comprendre et de juger ce crime, qui fit plus de 800 000 morts, sans le replacer dans son contexte et juger aussi les guerres des Grands Lacs qui firent au total plus de 6 millions de morts et dont les responsables ne sont pas à chercher à Paris, mais à Washington et Tel-Aviv.

Maintenant, les atlantistes montent une affaire contre Jacques Chirac qu’ils accusent d’avoir organisé, il y a dix ans, l’assassinat d’un journaliste qui aurait mis son nez dans ses comptes bancaires à l’étranger. Le pouvoir déploie des moyens extravagants pour construire cette nouvelle machination. Ainsi, un juge d’instruction a procédé à une perquisition au cabinet de l’avocat de Chirac dans des conditions plus que douteuses. Mais à Washington, on n’a pas pardonné à Chirac de s’être opposé à l’invasion de l’Irak et on inventera n’importe quoi pour le faire tomber.

Je ne dis pas que tous ces gens sont des anges, mais ce dont on les accuse est grotesque et ressort exclusivement de la persécution politique. Je ne dis pas non plus que la Justice est pourrie, mais que ces affaires ont été confiées à des juges et à des procureurs qui sont aux ordres.

Quand à ceux que les atlantistes ne peuvent impliquer dans de pseudo-affaires pénales, ils les espionnent. En juin-juillet-août 2007, le bureau du Réseau Voltaire à Paris a été placé sous surveillance. Toute personne entrante ou sortante a été photographiée, des filatures nécessitant un important personnel ont été conduites pour identifier les uns et les autres. Ce traitement est général. Même le domicile de Ségolène Royal a été « visité » plusieurs fois par les services secrets, c’est-à-dire illégalement perquisitionné.

Depuis le 1er juillet 2008, la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur met en place dans l’urgence le fichier EDVIGE, en violation des Traités internationaux, notamment du Pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques. Elle fiche les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, l’appartenance syndicale, l’état de santé et les pratiques sexuelles de tous les Français. La DCRI n’en reste pas là, elle utilise les dernières techniques US d’étude des « réseaux sociaux » pour cartographier vos relations amicales, professionnelles et politiques. On ne vise plus simplement des individus, mais les milieux dans lesquels ils évoluent, les groupes auxquels ils participent. Un recours a été engagé en Conseil d’État par le SM, la LDH, le SAF, des associations gays et des syndicats, qui débouchera peut-être sur l’annulation du décret en décembre. Nicolas Sarkozy a endormi l’opinion publique en déclarant lui-même qu’il fallait revoir le décret, mais il ne l’a pas abrogé.

En attendant, pendant ces six mois, on collecte et informatise des données. Une affaire survenue dans le Rhône a révélé que, malgré les déclarations lénifiantes du président, la police du Rhône fichait la religion des fonctionnaires territoriaux. C’est une maladresse qui révèle l’ampleur du travail de renseignement en cours. Il est improbable que ces données soient jamais détruites, même si le juge administratif le requiert. Elles seront simplement intégrées au fichier CRISTINA et classées Secret-Défense. En définitive, on aura utilisé les moyens des ex-Renseignements généraux pour constituer un fichier au profit de l’ex-DST, qui est sensée ne s’occuper que de contre-espionnage. Puis, dans le cadre de la prétendue coopération anti-terroriste, ces données politiques seront transmises aux services états-uniens, car CRISTINA est conçu pour être compatible avec les fichiers US.

Cela vous étonne ? Mais déjà bien des données individuelles sont transmises aux USA en violation des lois françaises et des conventions européennes. C’est vrai pour tout ce qui concerne vos virements bancaires internationaux [10] ou vos déplacements aériens [11].

La France a déjà basculé dans une forme de régime autoritaire sous tutelle US. On dit qu’une grenouille plongée dans de l’eau tiède que l’on porte lentement à ébullition ne régit pas au changement progressif de température, qu’elle s’engourdit et meurt. Les Français se comportent de la même manière. Ils tolèrent la destruction progressive de leurs libertés. Ils ont déjà largement dépassé le seuil du tolérable et ne réagissent pas, ne réagissent plus.

Sous l’égide des États-Unis, les dictatures d’Amérique latine avaient mis en place dans les années 70 un système de persécution des opposants politiques appelé Plan Condor. Vous avez écrit que ce système a été réactivé et étendu dans le monde à travers l’OTAN. La comparaison n’est-elle pas exagérée ?

Thierry Meyssan : Ce n’est pas une comparaison. C’est une constatation [12]. Elle a été confirmée par de des rapports officiels au Parlement européen et au Conseil de l’Europe [13]. Les États-Unis ont étendu à l’Europe occidentale les méthodes qu’ils avaient   utilisé il y a quarante ans en Amérique latine [14]. Une internationale de la répression est déjà à l’œuvre [15]. Des centaines de personnes ont été enlevées sur le territoire de l’Union   européenne, exfiltrées et torturées. Jacques Chirac a protégé notre pays de ces crimes, il n’en est plus de même aujourd’hui. Le premier cas identifié est celui de Mohammad As-Siddik, disparu en plein Paris le 13 mars dernier alors que la France devait le présenter à une juridiction de l’ONU [16], mais il doit y en avoir déjà beaucoup d’autres.

Plus de 80 000 personnes ont transité au cours des sept dernières années dans les prisons secrètes de la CIA et de la Navy. 26 000 sont actuellement séquestrées [17].

Les exemples sont nombreux de personnes sur lesquelles planait la menace d’un assassinat et qui ont été retrouvées mortes d’une autre manière : suicide, crise cardiaque, accident… Voulez-vous vous suicider ? Avez-vous des problèmes de santé ? Prenez-vous des risques dans vos déplacements ?

Thierry Meyssan : Je ne suis pas dépressif et n’ai aucune inclination suicidaire. J’ai fait faire des examens de santé et n’ai aucune maladie susceptible de provoquer une mort subite. Je fais attention dans mes transports et ne me déplace jamais seul.

Lorsque les menaces ont commencé à se concrétiser, avez-vous été soutenu en France ? Des organisations politiques vous ont-elles aidé ? Les autres journalistes vous ont-ils défendu ?

Thierry Meyssan : Aucune organisation ne m’a aidé. La plupart de mes « confrères » journalistes ont fuit la difficulté. Reniant la tradition voltairienne de la presse, ils ont prétexté ne pas vouloir se prononcer sur les polémiques entretenues contre moi pour ne pas voir ce qui était en train de se passer. C’est l’excuse classique des lâches chaque fois que la liberté est en question. Certains cependant m’ont aidé et je ne vais pas les dénoncer. Pareil parmi les politiques et les militaires.

Non seulement, ceux qui auraient dû me défendre ne l’ont pas fait, mais des gens ordinaires qui n’ont rien à voir avec tout cela ont prêté leur concours à une surveillance illégale. La banque qu’utilisait le Réseau Voltaire (en l’occurrence l’agence Gare de l’Est du Crédit coopératif) nous a convoqué pour nous demander de révéler le nom de nos principaux donateurs, ce qu’évidemment nous avons refusé de faire. Nous avons alors clôturé notre compte et ouvert une autre structure hors de la zone OTAN. Mais cette procédure illégale a été étendue à mes proches et à mes compagnons de lutte. Lorsque l’un d’entre eux encaisse sur son compte un versement ou un virement de plus de 500 euros , il est joint par son banquier qui lui demande d’en justifier la provenance. Pour n’importe qui, c’est étouffant, pour un commerçant ou un travailleur indépendant, c’est du harcèlement.

Vous avez quitté la France alors qu’elle évolue – dites-vous – vers un régime répressif. Avez-vous abandonné votre pays ? Avez-vous abandonné le combat politique ?

Thierry Meyssan
: Certainement pas. C’est l’inverse. J’ai quitté la France pour poursuivre mon combat. Les États-Unis ont tenté différentes approches contre moi : d’abord me discréditer, puis me ruiner, puis me corrompre, enfin m’éliminer. Si j’avais plié, je n’aurais pas eu à partir. C’est parce que j’aime la France et l’idéal qu’elle porte que je suis parti.

Ma situation semble exceptionnelle. C’est faux. Je suis simplement le premier à qui cela arrive. Il y en aura d’autres.

Votre pays vous manque-t-il ? Voulez-vous y retourner ?

Thierry Meyssan : Des amis m’entourent ici, mais la France est ma patrie. J’y ai laissé les miens. Comment voulez-vous qu’elle ne me manque pas ?

Entretien réalisé à Beyrouth. Notes ajoutées à la relecture.
 
 
[1] « Rumsfeld cible la France et l’Allemagne », Réseau Voltaire, 2 janvier 2003.

[2] « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la   République française », Réseau Voltaire, 19 juillet 2008.

[3] Presidential Executive Order 13438 : Blocking Property of Certain Persons Who Threaten Stabilization Efforts in Iraq, signé par George W. Bush le 17 juillet 2007, etPresidential Executive Order 13441 : Blocking Property of Persons Undermining the Sovereignty of Lebanon or Its Democratic Processes and Institutions, signé le 1er août 2007.

[4] « Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à Berlin », Réseau Voltaire, 10 juin 2008.

[5] « Nicolas Sarkozy étouffe les journalistes français », Réseau Voltaire, 24 septembre 2007.

[6] « La sarkozysation de l’audiovisuel français », Réseau Voltaire, 10 juin 2008.

[7] « Nicolas Sarkozy corrompt publiquement de grands éditorialistes », Réseau Voltaire, 4 octobre 2007.

[8] « Pourquoi les époux Kouchner veulent-ils la tête de Richard Labévière ? », Réseau Voltaire, 29 août 2008

[9] « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la   République française », Ibid.

[10] « Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 28 avril 2008.

[11] « L’espace aérien sous contrôle impérial », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 13 octobre 2007.

[12] « L’OTAN : du Gladio aux vols secrets de la CIA », par Ossama Lotfy, Réseau Voltaire, 24 avril 2007.

[13] Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe ? Rapport de Dick Marty au Conseil de l’Europe, 12 juin 2006.

[14] « Faut-il combattre la tyrannie avec les instruments des tyrans ? », par Dick Marty,Réseau Voltaire, 22 mars 2007.

[15] « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire » et « Les populations sous surveillance », entretiens de Jean-Claude Paye avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 12 septembre 2007 et 15 février 2008.

[16] « Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel,Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

[17] « 17 prisons secrètes ont déjà remplacé Guantanamo », Réseau Voltaire, 3 juin

 

Pourquoi l’attentat de l’’hôtel Marriott à Islamabad?

Pourquoi l’hôtel Marriott ?
par ALI Tariq

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7167
(Septembre 2008)

L’attentat meurtrier à Islamabad fut un acte de représailles contre les événements de ces dernières semaines dans les zones frontalières du nord-ouest du pays. Il souligne la crise à laquelle est confronté le nouveau gouvernement à la suite de l’intensification des frappes aériennes US sur les zones tribales de la frontière afghane.

Des missiles Hellfire, des drones, des raids menés par des forces spéciales à l’intérieur du Pakistan et les morts d’innocents qui en ont résulté ont alimenté le nationalisme Pashtoun. C’est la guerre en Afghanistan qui est en train de déborder et déstabiliser le Pakistan.

Le premier ministre « de facto » du pays, un ami non élu du président Zardari et maintenant son conseiller en chef, Rehman Malik, ont déclaré : « nos ennemis ne veulent pas voir la démocratie fleurir dans ce pays. » Pas mal, venant de lui, mais la réalité est toute autre. C’est la conséquence de la « bonne guerre » en Afghanistan qui a mal tourné. Le directeur du renseignement national US, Michael McConnell, le reconnait en déclarant que les dirigeants Afghans doivent confronter « une corruption endémique, des cultures de pavot étendues et le trafic de drogue » qui résultent de la montée en puissance des néo-talibans.

La majorité des Pakistanais sont opposés à la présence des Etats-Unis dans la région, et la considèrent comme la plus grande menace contre la paix. Pourquoi alors les Etats-Unis ont-ils décidé de déstabiliser un allié crucial ? Au Pakistan, certains analystes affirment qu’il s’agit d’une initiative soigneusement coordonnée pour affaiblir l’état pakistanais en créant une crise qui s’étend au delà des frontières avec l’Afghanistan. Son objectif, affirment-ils, est d’arracher les incisives militaires nucléaires du Pakistan. Si tel était le cas, cela impliquerait que Washington serait déterminé à briser le Pakistan, puisque le pays ne survivrait pas à un désastre d’une telle ampleur.

Cependant, à mon avis l’expansion de la guerre est beaucoup plus liée à l’occupation désastreuse de l’Afghanistan par l’administration Bush. C’est un secret de polichinelle que de dire que le régime du président Karzai est chaque jour plus isolé, tandis que les guérillas Taliban se rapprochent de Kaboul. Un vieil adage impérialiste dit « en cas de doute, intensifie la guerre ». Les frappes contre le Pakistan représentent – comme les décisions du Président Richard Nixon et de Henry Kissinger de bombarder puis d’envahir le Cambodge – une tentative désespérée de sauver une guerre qui n’a jamais été « bonne » et qui est même devenue franchement mauvaise.

Il est vrai que ceux qui résistent à l’occupation de l’OTAN traversent sans peine la frontière pakistano-afghane. Cependant, les Etats-Unis ont souvent mené de discrètes négociations avec eux. Plusieurs émissaires ont été envoyés auprès des Taliban du Pakistan, et des experts du renseignement US logent régulièrement à l’hôtel Serena à Swat pour rencontrer Maulana Fazlullah, un dirigeant local pro-taliban.

Des Pashtounes de Peshawar, considérés comme des libéraux laïques, ont déclaré la semaine dernière à la BBC qu’ils avaient perdu toute confiance en l’Occident. La décision de violer à volonté la souveraineté du pays les a rapprochés des insurgés.

Bien que les victimes de l’hôtel Marriott soient pleurées, certains demandent pourquoi ces victimes là auraient plus de valeur que celles provoquées par les Prédateurs ou des tirs de missiles. Ces dernières semaines, prés de 100 innocents ont été tués de cette manière. Pour eux, il n’y a eu aucune protestation ou couverture médiatique.

Pourquoi avoir visé l’hôtel Marriott ? Deux explications ont été données par les média. La première est qu’un diner y était prévu cette nuit là pour le président et son cabinet, mais fut annulé au dernier moment.

Le deuxième, rapportée par le respecté journal Pakistanais de langue anglaise, Dawn, est « qu’une opération top secret de marines US se déroulait à l’intérieur de l’hôtel Marriott lorsque l’attaque se produisit ». Selon le journal : « des officiers de sécurité de l’ambassade US, bien équipés, ont été aperçus sur les lieux peu après les explosions. Cependant, ils sont partis peu de temps après. »

Le plus grand quotidien du pays, the News, a aussi rapporté dimanche que des témoins avaient aperçu des caisses métalliques de l’ambassade US transportées à l’intérieur du Marriott dans la nuit du 17 septembre. Selon le journal, les caisses métalliques ont été autorisées à ne pas passer par les scanners de sécurité placés à l’entrée de l’hôtel.

Mumtaz Alam, élu au parlement, en est témoin. Il voulait quitter l’hôtel mais, à cause des mesures de sécurité draconiennes, n’en a pas été autorisé sur le champ et menace de porter l’affaire devant le parlement.

Ce sont peut-être là les raisons de cet attentat, mais derrière cette attaque se profile l’ombre d’une guerre en expansion.

TARIQ ALI

Traduction VD pour le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info

Version originale

http://www.counterpunch.org/tariq09…

 

A l’’aube du ‘grand jour’ : le 11-Septembre et les ‘foules intelligentes’ du web

A l’aube du « grand jour » : le 11-Septembre et les « foules intelligentes » du web

par Luc-Laurent Salvador
24 septembre 2008
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44805

Les attentats du 11-Septembre 2001 ont eu un impact dévastateur sur la géopolitique mondiale comme sur les sociétés occidentales. Les guerres en Afghanistan et en Irak, les atteintes aux libertés individuelles des citoyens états-uniens ou européens, tout cela n’aurait probablement pas été possible sans cette catastrophe. Le mandat de Bush se termine sans que la version officielle de ces événements ait été remise en question malgré les efforts continus des truthers. Il y aurait matière à se décourager et toutes raisons de craindre que la persistance du mythe nous rapproche encore davantage de l’Apocalypse. Il conviendrait pourtant de voir que ces événements, précisément parce qu’ils perpétuent une logique sacrificielle que l’humanité a cultivée depuis ses origines, nous offrent une occasion unique de révéler à tous et, partant, d’invalider définitivement le mécanisme du « bouc émissaire » sur lequel le monde actuel repose encore. La possibilité d’un changement radical n’a donc jamais été aussi grande. Tous les espoirs sont permis car, grâce à internet et au web social, le peuple soumis à la propagande médiatique a enfin véritablement droit à la parole. Il ne reste plus qu’à trouver le moyen pour que cette parole s’exprime de manière souveraine et fasse taire pour toujours le mensonge d’une paix bâtie sur la violence sacrificielle.

« Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un futur proche. Ce dont je parle maintenant semble complètement fou et, pourtant, je pense que le 11-Septembre ne va cesser de gagner en signification ». René Girard, 2008, p. 29
 
Vers le « grand jour » ?

Qui n’a jamais vibré à l’idée d’un « grand soir », ce moment sacré où l’on sent que la foule ou le mouvement populaire avec lequel on fait corps est sur le point de renverser l’ordre établi ?
 
Après un XIXe révolutionnaire et passablement affolant pour les gouvernements de tous bords, l’éducation au XXe siècle a cultivé en chacun de nous un individualisme très rassurant pour les puissances de ce monde en général, les grands groupes marchands en particulier. Nous avons appris avec Hollywood à cultiver l’idée que seuls les héros changent le monde et nous sommes devenus de plus en plus méfiants vis-à-vis des mouvements collectifs, des illusions qu’ils véhiculent trop souvent et de la barbarie dans laquelle ils peuvent parfois verser, contrairement à nos démocraties toujours moralement impeccables puisque supposées protectrices des libertés individuelles. Pour le citoyen consumériste formaté par les médias, le « grand soir » n’est plus que le rêve passéiste de quelques révolutionnaires égarés. Quelle erreur !
 
Dans ce qui suit, je vais essayer de montrer pourquoi, depuis le 11-Septembre et, plus exactement, à cause de lui, les circonstances n’ont, paradoxalement, jamais été aussi favorables à une contestation radicale de l’ordre établi et à l’avènement du « grand soir », ou peut-être devrais-je dire, du « grand jour ».
En effet, au cours du XXe, le grand soir a souvent été un prélude à la nuit, le rêve a souvent tourné au cauchemar. Le grand jour semble préférable car il traduit l’idée d’un éveil, d’une sortie de l’illusion et du mensonge, d’une venue à la lumière. Dans l’Apocalypse, le grand jour est celui où Dieu exprime sa colère, mais si nous suivons le vieil adage « vox populi, vox dei » nous pouvons aussi considérer que voix du peuple = voix de Dieu, de sorte que le « grand jour » est alors celui où la voix du peuple peut enfin prévaloir. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de dénigrer l’élan populaire des révolutions passées, mais plutôt de s’inscrire dans la continuité de ce qu’il avait de juste, de nécessaire et de sain pour, précisément, l’accomplir et venir, enfin, au grand jour.
 
À chacun de rêver ce dernier comme il le souhaite. La richesse des possibles n’est jamais un problème, si l’on reste disponible à ce qui se présente. Or, tout porte à penser que la possibilité d’un tel événement va grandissante car, ainsi que j’essaierai de le montrer, des foules innombrables n’attendent probablement qu’une occasion pour se mobiliser.
 
Que manque-t-il pour qu’elles le fassent ? Quelle forme pourrait prendre ce qui enclenchera le processus de cristallisation d’une opinion encore silencieuse, mais qui n’en pense pas moins ? C’est la question qui sera traitée dans l’article à suivre. Une réponse sera proposée qui devrait permettre à chacun de comprendre comment il peut aisément se mobiliser pour contribuer à l’avènement du grand jour.
Si la paix, la justice et la vérité ont la moindre valeur pour vous qui lisez ces lignes, sachez que vous êtes invités à l’action. Ça commence maintenant, par la prise de conscience du pouvoir qui est entre vos mains et qui, pour produire ses effets, a seulement besoin d’être exercé dans une solidarité que les foules intelligentes du web social ou du peer-to-peer peuvent mettre en acte de manière fulgurante. Un autre monde est réellement possible.
 
Le 11-Septembre est une opportunité

Comment le 11-Septembre pourrait-il favoriser l’avènement du grand jour ? Comment ce désastre qui est à l’origine de conflits internationaux, d’une guerre de cent ans contre le terrorisme et d’une restriction significative des libertés individuelles pourrait-il être regardé comme une opportunité ?
 
Pour la raison très simple que le 11-Septembre a amené le pouvoir politico-médiatique états-unien (mais aussi européen) à fournir un tel effort de propagande et de désinformation qu’il s’est en quelque sorte « exposé » et s’en trouve, à présent, fragilisé.
 
Cette « exposition » vient, en premier lieu, de ce que le pouvoir a lui-même donné la meilleure publicité à un acte qui a été indéniablement conçu pour être spectaculaire. Ensuite, dans l’accomplissement des attentats comme dans l’interprétation qu’il en a faite, ce pouvoir a laissé des traces, de nombreuses traces. Des actes, tout d’abord, des manquements ensuite, des mensonges et, peut-être le plus parlant, des silences inexplicables et inexpliqués sur une multitude de points cruciaux vis-à-vis desquels le public attendait et attend toujours des réponses. Ainsi, nous avons là un pouvoir qui ploie sous la charge de ses incohérences et de ses contradictions.
La chose n’est pas nouvelle me direz-vous, mais ce qui est nouveau et qui n’avait probablement pas été prévu, c’est que cette charge ne s’allégera pas, comme à l’accoutumée, en se perdant dans les brumes de la désinformation et de l’oubli. Nous avons enfin, avec le web, un média « grand public » qui a de la mémoire et qui pense en toute liberté, indépendamment des lobbies et autres groupes de pressions. Le formidable travail accompli durant toutes ces années par les truthers qui questionnent la version officielle est exactement ce dont nous avions besoin. Les mensonges des uns, les incohérences ou les silences complices des autres, ont été archivés, analysés et mis en ligne grâce à l’action diligente et bénévole d’une armée de volontaires soutenus financièrement par le public, mais surtout par des mécènes très impliqués comme Jimmy Walter.
 
Grâce à eux, chacun de nous peut à présent visionner en toute liberté et jusqu’à la nausée une vertigineuse somme d’informations dont la cohérence fait terriblement sens alors qu’elle aurait été censée se perdre dans le flux ininterrompu et subtilement désorganisé des nouvelles et des dépêches qui nous submergent jour après jour. Cet accès direct et instantané du citoyen à une documentation solide est un obstacle qui peut faire trébucher l’establishment politico-médiatique car, sur un nombre incalculable de points, ce dernier est incapable de répondre de manière cohérente aux questions qui lui sont adressées, non seulement par les familles des victimes, mais aussi par tous ceux qui savent qu’être citoyen c’est, avant toute chose, demander des comptes aux gouvernants.
 
C’est cela qui nous a permis de parvenir au point de bascule où nous nous trouvons à présent. Nous avons donc, avec le web, un puissant levier qui, joint au solide point d’appui qu’offre le 11-Septembre – en tant que monstrueux cas de terrorisme d’État – devrait permettre de renverser ces murailles millénaires de mensonges grâce auxquelles les peuples ont toujours été canalisés et dépossédés de leur pouvoir. Ainsi, un peu comme au judo, ce sera probablement l’intensité de l’effort fourni par l’adversaire qui permettra de le faire basculer, pour autant qu’on lui oppose, en temps et en lieu, ce qu’il faut de résistance.
 
Si l’incapacité du gouvernement américain à répondre aux questions légitimes qui lui sont posées devenait un fait établi, par exemple, grâce à un tribunal international, l’immoralité de sa violence serait reconnue et la guerre éternelle au terrorisme perdrait toute légitimité car nous pourrions la reconnaître pour ce qu’elle est : une manipulation. Tel est précisément l’objectif des truthers. Sa réalisation est la condition sine qua non du changement espéré. Et quel changement se serait !
En effet, si le gouvernement américain devait reconnaître avoir conçu et mis en œuvre les attaques du 11-Septembre afin de légitimer l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, le monde vivrait une véritable révolution dont, William Blum, bien que n’évoquant pas le 11-Septembre, nous donne une petite idée dans un chapitre intitulé Libérer le monde à mort :
 
« Si j’étais le président, je pourrais stopper les attaques terroristes contre les États-Unis en quelques jours. Définitivement. Je demanderais d’abord pardon, publiquement et en toute sincérité, à toutes les veuves et tous les orphelins, à tous les torturés, à tous les appauvris et à tous les millions d’autres victimes de l’impérialisme américain. Puis j’annoncerais que les interventions américaines à l’échelle mondiale sont terminées – y compris les atroces bombardements. J’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État de l’Union, mais, assez bizarrement, un État étranger. Je réduirais ensuite le budget militaire d’au moins 90 % et j’utiliserais les économies pour payer des réparations aux victimes et restaurer les dommages occasionnés par les nombreux bombardements et invasions américains. Il y aurait plus d’argent qu’il n’en faut […] C’est ce que je ferais durant mes trois premiers jours à la Maison-Blanche. Le quatrième jour, je serais assassiné. » (Freeing the world to death), p. 96. tr. auct.
 
La reconnaissance de l’implication du pouvoir états-unien dans les attentats du 11-Septembre aurait probablement une ampleur plus importante encore car ce qui est en jeu, c’est une tradition de violence, qui remonte aux origines de l’humanité et dont on peut penser que ces événements constituent le sommet, l’aboutissement et, peut-être, osons l’espérer, le terme.
 
Le mécanisme sacrificiel

Selon l’anthropologue René Girard, les sociétés humaines seraient, depuis la nuit des temps, fondées sur un mécanisme sacrificiel qui aurait permis d’assurer la cohésion du groupe en canalisant sa violence contre une victime, accusée de tous les maux, et dont l’immolation rituelle ramènerait la paix dans le groupe, pour autant que le mécanisme en question reste méconnu et que personne ne reconnaisse un « bouc émissaire ».

Nous sommes les dignes héritiers de ces sociétés sacrificielles au sens où nous sommes tout autant portés à ces consensus accusateurs. La seule différence, mais elle est de taille, c’est que nous avons progressivement acquis la capacité à reconnaître l’existence de boucs émissaires, c’est-à-dire de victimes chargées d’une culpabilité qui n’est pas la leur dans le but de réconcilier le groupe. Cette capacité est précisément ce qui fait dérailler le processus sacrificiel car, en reconnaissant l’accusé comme victime, en n’acceptant pas l’accusation dont il fait l’objet et, en étant, en quelque sorte, témoins de son innocence, nous empêchons le consensus de se former. Lorsque l’accusation n’est pas unanime, lorsque certains se solidarisent avec la victime, la violence ne peut plus être expulsée par la mise à mort, elle reste dans le groupe. Le mécanisme sacrificiel ne peut s’accomplir et les accusés nous apparaissent alors pour ce qu’ils sont, des victimes, des boucs émissaires destinés à rassembler ou à mobiliser une communauté en détournant son attention des véritables coupables.
 
Par exemple, l’historien Tacite raconte qu’en l’an 64 de notre ère, pour se défendre de la rumeur qui le rendait responsable de l’incendie de Rome, l’empereur Néron aurait accusé les chrétiens qui ont alors été suppliciés par la population. À l’heure actuelle, nous reconnaissons aisément ces chrétiens comme les boucs émissaires de Néron et des Romains parce que nous n’adhérons pas aux accusations portées contre ce qui était alors une secte détestée « pour ses abominations… [et sa] … haine pour le genre humain. »
 
Par contre, lorsque notre capacité de reconnaissance des boucs émissaires est prise en défaut, nous participons à une accusation qui nous semble légitime, parce que unanime. Dans ce cas, le mécanisme sacrificiel fonctionne comme il l’a toujours fait.
 
Prenons le cas des terroristes tchétchènes qui, en septembre 1999, ont fait successivement exploser une dizaine d’appartements dans Moscou et sa banlieue, occasionnant plus de 300 morts. À quelques exceptions près, le peuple russe a été tout à fait unanime et s’est lancé dans une « chasse aux Caucasiens » dans les rues de Moscou. Poutine a pu engager la deuxième guerre de Tchétchénie avec la brutalité que l’on sait et se faire élire président dans la foulée. Il est assez évident qu’ici le mécanisme a fonctionné à fond parce que tout le monde y a cru. Ne sommes-nous pas tous prompts à juger le terrorisme islamique détestable « pour ses abominations… [et sa] … haine pour le genre humain » ?
 
Si vous n’y croyez pas, alors, verrez-vous là sans doute, encore une fois, des boucs émissaires. Vous n’auriez pas complètement tort car, en définitive, aucun élément de preuve démontrant l’implication des terroristes tchétchènes n’a pu être présenté. L’accusation est seulement venue du pouvoir et le peuple a suivi comme un seul homme ou presque. Cela paraît d’autant plus orwellien que Felshtinsky & Litvinenko indiquent dans leur livre Blowing up Russia que le seul attentat qui ait pu être déjoué dans la nuit du 22 septembre à Ryazan avait pour auteurs les services secrets russes, le FSB (ex-KGB).
 
Afin que personne ne se méprenne, je m’empresse d’indiquer que je ne souhaite pas, avec cet exemple, mettre la Russie en accusation, pas plus qu’avec cet article je ne souhaite mettre les États-Unis en accusation. Ce que j’essaie d’exprimer, c’est notre besoin universel d’une vérité qui ne pourra émerger que d’un consensus sur une histoire où chacun viendra tenir sa place, de bourreau ou de victime. Sous ce rapport, je crois sincèrement que les Européens n’ont de leçon à donner à personne et ont encore à assumer une histoire de violence sur laquelle, à l’exception du peuple allemand, ils ont tendance à fermer les yeux. Pour qui voudrait les ouvrir, sous le rapport du terrorisme d’État européen, je recommande la lecture de l’excellent livre de Daniel Glaser : « Les Armées secrètes de l’Otan  ».
En définitive, tout dépend de notre capacité à sortir du cercle des accusateurs pour nous mettre à la place de l’accusé et comprendre sa situation. Selon que nous serons ou non avec l’accusation, nous verrons des dangereux criminels ou, au contraire, des boucs émissaires.
 
Pour les chrétiens martyrisés, les juifs, les sorcières, l’efficience de l’histoire a déjà permis que nous sortions tous ou presque du cercle des accusateurs. Par contre, les immigrés, les « jeunes des banlieues », les chômeurs et autres « assistés » sont encore des coupables « tout trouvés » vis-à-vis desquels le nécessaire travail de distanciation ou de dépassement des préjugés n’a pas été accompli.
 
Pour anéantir la « Matrice  »

Renverser l’ordre établi, c’est mettre fin à ce cercle vicieux de la violence qui, depuis la nuit des temps, engendre la paix qui a besoin de la violence. Refuser cette fabrique perverse du lien social est probablement le seul moyen de sortir de la barbarie dans laquelle nous nous enfonçons.
 
Cela devient possible à présent parce que l’attention du monde entier a été polarisée par le 11-Septembre. Si sa signification passe, aux yeux de l’opinion publique internationale, d’un complot Al-Qaïda à un complot Bush & cie, tous verront alors la puissance hypnotique qu’un tel événement a pu avoir sur eux et, ainsi qu’il est bien connu, « un homme averti en vaut deux ». Chacun sera à l’avenir porté à reconnaître ce procédé dans les multiples formes qu’il est susceptible de prendre au niveau politique. Nulle conspiration ne passera plus lorsque nous serons tous des adeptes de la « théorie du complot ».
 
Le fait que nous ayons à faire sens de quelque chose qui est vieux comme le monde et qu’en définitive nous connaissons déjà très bien ne doit pas nous décevoir. Cela montre seulement que l’ordre ancien doit encore être aboli. La nouveauté, c’est que nous en avons enfin le pouvoir, nous nous trouvons clairement à un moment charnière de l’histoire. Car chacun sait dorénavant tout ce qu’il faut savoir. Il ne nous reste plus qu’à le reconnaître et à agir, c’est-à-dire, mettre nos actes en conformité avec nos convictions, pour faire œuvre révolutionnaire.
 
En effet, ce qui pourra précipiter la chute des puissances de ce monde et mettre au grand jour le système d’accusations mensongères au travers duquel sont « fabriqués » les ennemis nécessaires pour manipuler et contrôler les masses, jusqu’à les faire consentir à la guerre et au massacre des innocents, ce n’est pas un élu à la Néo ou une « dream team » de fantastiques super héros. Anéantir la matrice du mensonge dans laquelle nous vivons ne peut se réaliser sans les obscurs citoyens que nous sommes pour la bonne raison que cette matrice, c’est nous qui l’entretenons.
 
Ce sont les masses qui sont les véritables sources du pouvoir et c’est pourquoi les puissances de ce monde veillent à ce qu’elles soient constamment placées sous l’influence des médias. La matrice se délitera quand chacun s’en désolidarisera en affirmant son refus de voir ces violences accomplies en son nom. L’acte que chacun doit accomplir s’il ne veut plus contribuer à la matrice, c’est en sortir. Cela, personne ne peut le faire à notre place.
 
Vaincre la peur du ridicule

Rien ne peut mieux éclairer la situation présente que le vieux conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur. Cette belle histoire raconte comment deux escrocs jouant de la peur du ridicule et de la tendance moutonnière des humains réussirent à faire croire un énorme mensonge à tout un peuple. Ils prétendaient tisser une toile incroyable de finesse que les sots ou les incapables ne voyaient pas. Pris tour à tour dans la peur du ridicule, le roi, puis ses conseillers et enfin le peuple tout entier en vinrent à faire semblant d’admirer des habits merveilleux sans pouvoir avouer qu’ils ne les voyaient pas, de peur de passer pour des sots ou des incapables. Tous étaient convaincus de l’existence de ce tissu, puisqu’ils croyaient que tous les autres le voyaient. Lors du défilé de l’empereur dans les rues, un enfant, innocent et, donc, étranger à la peur du ridicule, s’exclama « l’empereur n’a pas d’habits ! » Son père pris sa défense, affirmant qu’il ne pouvait mentir et, très vite, la foule se mit à chuchoter puis à s’exclamer que l’empereur n’avait effectivement pas d’habits. Ce dernier comprit que son peuple avait raison, mais il continua de faire semblant, pour sauver les apparences.
 
Il y a ici un parallèle à faire avec la situation actuelle. Il est, je crois, assez évident : une large part de la population a connaissance de nombreux faits qui falsifient complètement la version officielle et permettent d’accepter cette chose énorme : « le roi est nu », autrement dit, les attentats du 11-Septembre sont « Made in USA ».
Mais il y a aussi une différence qui saute aux yeux : hormis le cyberespace, le grand public forme une majorité silencieuse. Les prises de conscience s’opèrent dans le for intérieur de chacun et ne sont exposées qu’a minima, même dans la sphère privée. La raison en est que l’espace public est actuellement dominé par la représentation mensongère assénée par les médias du pouvoir, de sorte que chacun tend à se croire plus ou moins seul à penser ce qu’il pense. Chacun craint donc de se voir discrédité, ridiculisé ou rejeté par un entourage dont le silence ou le désintérêt lui semblent une preuve de soumission aux médias en question.
 
Nous sommes tous concernés par cette peur et, cela, de manière variable en fonction de notre statut social. Les journalistes, les politiques, mais aussi tous ceux qui font profession de respectabilité, comme les universitaires, sont, de loin, les plus exposés. Cette pression qui s’exerce sur l’individu lorsqu’il est « en vue » explique l’étonnant contraste entre, d’une part, le silence observé dans la sphère publique « officielle » sur la question du 11-Septembre et, d’autre part, la formidable agitation autour de cette dernière dans les commentaires des lecteurs de la presse alignée comme dans le web social en général.
 
Quoi qu’il en soit, tout se passe comme si, contrairement au conte d’Andersen, les « cris » des truthers n’avaient pas (encore ?) réussi à délier les langues. La rumeur qui enfle sur le web social semble insuffisamment audible dans la sphère publique pour amener quelques politiques ou journalistes courageux à prendre le relais, et ce, malgré des avancées marquantes comme le débat qui a récemment eu lieu au Parlement européen. Le poids du silence médiatique est ici tellement lourd qu’on doit raisonnablement se demander s’il est encore possible de changer l’état des choses.
Cette question, un peu désespérée et désespérante, Jimmy Walter se l’est posée. Alors qu’il a initié et formidablement soutenu le mouvement des truthers pendant de longues années, il a répondu, à regrets, par la négative.
 
Selon lui, en effet, la plupart des gouvernements et des médias connaissent parfaitement la vérité, mais nul ne bougera, « pas même Hugo Chavez du Venezuela, l’Iran ou les médias de gauche ». Les mouvements protestataires sont évoqués a minima ou carrément ignorés par les médias de sorte qu’il n’y aurait plus d’espoir et qu’il ne resterait plus qu’à « faire preuve de compassion pour les proches qui souffrent encore [du 11-Septembre] et se préparer pour les désastres à venir. Car ils ne vont pas abandonner ou s’arrêter là. »
 
En même temps qu’il écrivait cela, Jimmy Walter a indiqué son retrait du mouvement des truthers. J’imagine que, parmi ces derniers, plus d’un a dû se sentir orphelin et quelque peu perplexe. Tous ces efforts pour informer auraient-il été accomplis en vain ? N’y a-t-il donc pas moyen de vaincre la censure et la démonisation dont fait l’objet la question du 11-Septembre ? Devons-nous nous résigner à l’idée qu’hormis le web, les espaces de liberté de pensée ne relèvent plus que de la sphère privée ?
Pour ma part, je ne le crois pas. La chape de plomb médiatique peut sûrement être renversée, mais, sans forcément changer de stratégie, il nous faudra trouver une nouvelle tactique. Une nouvelle pierre doit être apportée à l’édifice des truthers pour qu’il puisse enfin atteindre la sphère publique des médias « officiels ». Dans l’article à suivre je ferai une proposition en ce sens. Il devrait apparaître, sans surprise, que la solution est entre nos mains. Sa réalisation dépend de chacun de nous, elle dépend de vous, lecteurs, et de votre pleine conscience que le moment d’agir, c’est maintenant ou jamais, avant qu’un nouveau désastre (économique ou guerrier) ne se présente.

LA GUERRE EN QUESTIONS ? AFGHANISTAN

LA GUERRE EN QUESTIONS ?

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=623
Septembre 2008

Samedi je participais à la manifestation contre la guerre d’Afghanistan avec Marc Dolez député socialiste du nord. Mes amis de PRS ont formé une petite délégation groupée autour de leurs drapeaux. Au moment où je les rejoins, il fait beau et chaud si bien que la manifestation est aussi un moment où l’on peut lever le nez pour jauger les façades du Paris populaire. J’en ai besoin. L’ambiance stressante de la préparation du congrès socialiste m’a asphyxié. Chemin faisant, vers Barbés, je bavarde avec les représentants du Mouvement pour la paix. On convient de se revoir pour approfondir la conversation tout en prenant rendez vous pour les conférences de presse qui vont précéder le débat et le vote à l’assemblée et au Sénat cette semaine. L’actualité sera sur ce sujet. Les figures de la paix et de la guerre reviennent dans le débat public. Elles ne vont pas en sortir de si tôt. Dans ce registre plus que dans tout autre, l’examen soigneux des arguments, leur comparaison et leur vérification est un devoir de précaution constant pour qui veut agir en connaissance de cause. Car très traditionnellement, la guerre nécessite une consommation considérable de mensonges et de zone de silence pour son entretien. Leur mise à nu fournit souvent un éclairage précieux vers la vérité. De cette violence crue du mensonge asséné avec l’aplomb tranquille de l’évidence, nul meilleur exemple que la volte face du président de la République sans autre argumentation que la force de l’affirmation. Le 26 avril 2007, entre les deux tours de la présidentielle, sur France 2, il déclare : « La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. Si je suis élu, les troupes françaises quitteront l’Afghanistan ». Puis en novembre 2007, au cours de sa visite à Washington, il affirme: « la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra, car ce qui est en cause dans ce pays, c’est l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance Atlantique ». Du retrait au renfort, la France a pris un virage sur l’aile sans autre explication que la décision de son chef des armées. Tout est donc bien possible dès qu’il s’agit de propagande. Ma conviction contre cette guerre est connue. je n’y reviens pas ici. Je veux seulement poser les questions qui peuvent éclairer le moment, si elles trouvaient réponse.

D’un bobard à l’autre

Les Etats-Unis et la France sont allés « en Afghanistan pour défendre la liberté du monde » ? C’est ce que proclame Nicolas Sarkozy,le 20 août à Kaboul et le 21 août en Conseil des ministres. Personne n’a pourtant jamais démontré de lien positif entre les actes de guerre de la coalition en Afghanistan et la « liberté du monde ». Sans excès de mauvais esprit, on pourrait même aisément démontrer l’inverse, à savoir que c’est l’intensification des actes de guerre de la coalition qui nourrit le terrorisme et fait reculer la liberté. Sarkozy n’en est pas à sa première affirmation péremptoire. Dès son discours devant la conférence des ambassadeurs le 27 août 2007, il avait affirmé que pour « prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident », « notre devoir est d’accentuer nos efforts en Afghanistan ». On ne voyait pourtant pas non plus très bien le lien logique entre les deux, ni d’ailleurs quelle pouvait bien être la réalité d’une confrontation globale entre des entités aussi floues que l’ « Islam » et l’ « Occident ». Le ronflement des phrases creuses de cet acabit n’a jamais cessé pour justifier une présence militaire française dont en réalité plus personne n’énonce clairement les objectifs. Du coup l’emphase éclate comme une bulle de savon a la première question même la plus banale. Ainsi quand le président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale proclame que « la présence militaire française en Afghanistan est l’opération extérieure la plus décisive pour la sécurité de la France » (le 26 août à l’assemblée nationale). Faudrait-il donc en conclure que si la France ne combattait pas en Afghanistan, sa sécurité aurait gravement été compromise ? Par qui ? Comment ? Pourquoi ? Un argument massue de Bernard Kouchner tente de balayer la question : «le terrorisme qui frappe aujourd’hui à Kaboul pourrait frapper demain plus prés de chez nous ». C’est le même argumentaire qui avait été utilisé par les Américains pour justifier leur invasion de l’Afghanistan en 2001 au nom de la légitime défense suite aux attentats du 11 septembre.Nous sommes en danger ? Pourquoi ?

Un passe obscur

Une bonne preuve de l’effet d’opportunité qui a été à l’origine de l’invasion militaire de l’Afghanistan est qu’elle a été préparée par les Américains et les Britanniques plusieurs mois avant le 11 septembre. Dès l’été 2001, les Américains avaient commencé à envoyer des commandos en Afghanistan et avaient pré positionné d’importantes forces en Egypte tout en déployant avec les Britanniques leurs flottes en mer d’Oman pour préparer l’invasion du pays. Les vrais motifs de l’invasion étaient donc ailleurs que dans la réplique à Oussama Ben Laden, qui n’avait d’ailleurs d’autres lien avec l’Afghanistan que de s’y être réfugié dans les montagnes. Mais qui se souviens que le régime taliban qui gouvernait à l’époque à Kaboul avait déclaré accepter au lendemain du 11 septembre de livrer Ben Laden pour qu’il soit jugé. Peu importait alors aux Américains. Colin Powell affirme alors au monde entier que les Etats-Unis détiennent des preuves de l’implication afghane dans les attentats du 11 septembre et qu’elles seront fournies au Conseil de sécurité. Personne ne les a pourtant jamais vues. Personne ne les réclame depuis. Ce tableau est donc couvert d’une ombre inquiétante depuis l’origine. En effet, les Américains sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan depuis la fin des années 1970. Ils se sont fortement appuyés sur les islamistes pour contrer l’influence soviétique dans la région. C’est eux qui ont constitué « Al-Qaïda » à l’époque pour combattre les russes. A ce titre, ils avaient directement armé les Talibans. La prise de pouvoir de ceux-ci à Kaboul en 1996 avait été soutenue par deux alliés de poids des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Tout ce passé semble s’être évanoui des souvenirs officiels et des « argumentations » du  présent. Pourquoi ?

Le pétrole bien sûr

Dans cette région du monde, la succession des événements montrent que souvent les motifs d’action sentent très fortement le pétrole. Depuis la chute de l’URSS en 1991, les Etats-Unis font tout pour contrer l’influence russe et iranienne en Asie centrale. En particulier pour désenclaver sous leur contrôle les importantes réserves de pétrole et de gaz du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Turkménistan. Les Etats-Unis conçoivent alors un projet de pipe line géant allant de la mer Caspienne jusqu’à la mer d’Oman via l’Afghanistan et le Pakistan. Pour cela ils négocient via la compagnie pétrolière californienne Unocal avec tous les pouvoirs locaux en place. A partir de janvier 2001, le vice-président Dick Cheney suit personnellement le déroulement de ces tractations qui butent sur le refus du régime taliban. On notera que le régime taliban à peine renversé, le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signaient un accord relançant le projet de pipeline. Bush a aussitôt comme émissaire spécial à Kaboul un ancien collaborateur du groupe Unocal, le diplomate Zalmay Khalizay et le président Hamid Karzaï a lui aussi été consultant du groupe pétrolier, tout comme le futur ministre afghan des Mines et de l’Industrie Mir Sediq. Cette caricature à peine croyable de main mise est une toile de fond avérée. Mais elle est toujours absente du débat sur les objectifs de guerre en Afghanistan et le bilan de la présence "occidentale". Pourquoi ?

Un bilan

Officiellement, la coalition internationale (37 pays aujourd’hui) qui est intervenue derrière les Etats-Unis, d’abord sous mandat de l’ONU en 2001, puis par délégation à l’OTAN depuis 2003, ne mène pas de guerre. Elle est censée assurer la « stabilisation » et la « pacification » du pays. Avec pour la France, une prédilection théorique pour la formation de l’armée afghane et la reconstruction. Une rhétorique qui continue d’être servie par Bernard Kouchner. « Ca n’est pas une guerre, c’est une mission de paix » tonne-t-il lors de son audition à l’assemblée nationale le 26 août 2008. Pourtant la réalité militaire en Afghanistan n’a plus rien à voir avec les objectifs de départ au nom desquels des troupes françaises ont été engagées en 2001. Le chef d’état major des armées lui-même a reconnu le 25 août que « la France conduit des actions de guerre en Afghanistan » Tout cela dans un immense gâchis technologique : les avions Mirage et Rafale stationnés à Kandahar tirent par exemple chaque mois une vingtaine de bombes à guidage laser dont le prix unitaire se situe autour de 130 000 euros, sur des cibles aussi dérisoires qu’une grotte ou une charrette supposées abrités quelques talibans. La dégradation rapide du bilan de la présence militaire de la coalition fournit une autre preuve du gouffre qui se creuse entre les objectifs affichés et la réalité. Alors que le nombre de soldats occidentaux a cru de 40 000 à plus de 60 000 le nombre de soldats tués a explosé passant de 58 en 2004 à 230 en 2007. La situation militaire ne cesse de se dégrader avec la recrudescence des attaques suicides à raison de 3 à 4 par semaine alors qu’elles étaient quasi inexistantes en 2004. Les affrontements qui ont coûté la vie à 10 soldats français le 18 août sont très révélateurs de cette dégradation : ils ont démontré une puissance tactique et opérationnelle inédite de ce que les généraux français appellent désormais les « forces insurgées » plutôt que les « Talibans ». Ces forces ont en effet soutenu les combats pendant plusieurs heures contre les soldats français, y compris une fois des renforts parvenus sur place. Le lieu est aussi révélateur : à moins de 50 kilomètres de Kaboul, c’est-à-dire dans une zone qui n’est pas du tout réputée comme "talibane". Tout cela indique que l’opposition armée à la coalition est manifestement en train de s’élargir dans une dynamique nationaliste que nourrit l’occupation. Est-ce étonnant ? Car afin de minimiser ces pertes au sol, la coalition intensifie les frappes aériennes dites « chirurgicales » et les vols incessants d’intimidation au dessus des villages afghans dont la population est plongée dans la terreur. La polémique enfle aussi sur les armes « sales » qu’utiliseraient les américains: munitions à uranium appauvri pour percer d’éventuels bunkers ou parois montagneuses et bombes incendiaires au phosphore qui transforment en fournaise les zones où elles sont lâchées. Ces exactions déclenchent des rejets de masse dans la population que les Occidentaux sont censés aider. Il est frappant de voir que le vocabulaire pour nommer l’ennemi suit cette évolution. D’abord il s’agissait de terroristes, à présent il s’agit tantôt de « rebelles » et d’autre fois « d’insurgés »…. Cela n’a pas empêché le ministre français de la défense de continuer à affirmer aux députés : « Allez dans les vallées afghanes, où vous verrez les populations qui sont heureuses que les troupes occidentales soient là » A coup sûr pas les familles des 8 000 afghans tués en 2007. Ni celles des civils tués par erreur par une frappe américaine le 22 août : un dommage collatéral que les portes parole de la coalition ont chiffré à « 5 civils tués » là où le représentant de l’ONU en a dénombré 90. Ce bilan des actions de la coalition et de la situation militaire nous ne pouvons l’établir qu’en recoupant les informations disponibles dans la presse spécialisée et sur les sites internet qui s’intéressent à la situation. Aucun gouvernement n’en produit devant ses assemblées. Pourquoi ?

La loi islamique est toujours là

Dans le registre des arguments de propagande, on trouve celui selon lequel « sous le régime des Talibans les droits de l’homme étaient bafoués » (Hervé Morin le 26 août 2008 à l’assemblée nationale). On pourrait lui objecter que c’est le cas de beaucoup de régimes, y compris auxquels la France vend des armes comme l’Arabie saoudite. Mais la situation depuis la chute des Talibans s’est elle améliorée ? Plus de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté : 53 % des habitants ont moins de 1 dollar par jour. L’Afghanistan est classé depuis 2004 à la 174ème place mondiale sur 178 pays pour l’indice de développement humain. Une situation a rapprocher des sommes englouties par la guerre sur place…La coalition consomme 100 millions de dollars de dépenses militaires par jour et 10 fois moins pour les dépenses civiles de reconstruction. La condition des femmes ? Elle est officiellement meilleure en vertu d’une constitution qui garantit théoriquement l’égalité hommes-femmes. Pour autant, les femmes ne sont considérées par la même constitution que comme une minorité politique, au même titre que des groupes ethniques ou tribaux, auxquels sont réservés des quotas (25 % de femmes à l’assemblée nationale et 16 % au sénat). La même constitution écrite sous l’égide américaine confirme le pays comme république islamique, dans laquelle la base fondamentale du droit reste la charia. A tel point que la cour suprême est chargée de contrôler la conformité des lois à la loi musulmane. Ou encore que l’abandon de la religion musulmane ou la conversion à une autre religion sont toujours punis de la peine de mort. Autant de points qui avaient été salués par l’Iran au moment de l’adoption de cette constitution par la Loya Djirga, assemblée coutumière. Car telle avait été la « Constituante » afghane ! Cette domination du religieux sur les institutions, confortée et défendue les armes à la main par nos soldats en même temps que le régime qui les assume n’est jamais évoquée ni discutée d’aucune façon. Pourquoi ?

Le retour de l’Opium

Depuis 2001, à intervalles réguliers, des conférences internationales pour l’Afghanistan permettent aux occidentaux d’afficher de gigantesques promesses de dons pour la reconstruction. Mais sur les 25 milliards de dollars de promesses cumulées, 10 milliards n’ont jamais été versés, les Etats-Unis détenant le record de promesse non tenue (seule 45 % de l’aide américaine promise a été versée). Et encore, quand l’aide est versée, 40 % est engloutie dans sa gestion et revient donc aux pays donateurs, sous la forme de contrats de sécurité ou de services. Le déséquilibre entre l’effort militaire et l’aide civile est donc béant : depuis 2001 140 milliards de dollars ont déjà été dépensés sur le plan militaire et seulement 7 milliards versés pour l’aide civile ! Cela décrédibilise largement la présence « occidentale » aux yeux de la population. Ce n’est pas tout. 7 ans d’occupation ont progressivement polarisé l’économie afghane autour des besoins des occidentaux présents qui concentrent l’essentiel des investissements, au détriment du développement économique du pays. Celui-ci ne produit plus rien d’autre que de l’opium. Alors que la production de pavot avait commencé à décliner à l’époque des Talibans, l’Afghanistan est redevenu depuis 2004 le premier producteur mondial d’opium avec 95 % de la production mondiale représentant plus de la moitié du PIB du pays. Un record historique a été atteint en 2006 avec la plus grande production d’opium jamais réalisée, encore dépassée en 2007 où l’ONU parle de « nouveau record effrayant » avec une hausse de production de 34 %. Il faut dire que les Américains ont directement utilisé les chefs de guerre, barons de la drogue, pour reprendre les territoires contre les talibans. Ce sont ainsi dans les zones « sécurisées » par les occidentaux et les forces afghanes que la culture de drogue a explosé. Dans son rapport officiel d’étape à l’administration Bush, l’émissaire spécial américain James Dobbins affirmait ainsi en 2005 : « Les drogues sont la principale source d’argent pour financer la reconstruction, dépassant largement les aides internationales cumulées ». Alors même qu’il s’agit du principal motif d’ingérence des USA en Amérique latine, le bilan de la reprise incroyable de la culture du pavot sous les yeux des troupes américaines et de l’absence totale d’action pour l’en empêcher n’est jamais évoqué. Pourquoi ?

La vassalisation des coalisés

L’Europe fournit, à travers ses 25 états membres sur 27 qui sont engagés dans la coalition américaine, plus de la moitié des soldats étrangers présents en Afghanistan. Elle représente 30 % de l’aide publique mondiale versée à l’Afghanistan qui se retrouve 4ème bénéficiaire mondial de l’aide extérieure européenne derrière Turquie, l’ex Yougoslavie et le Maroc. Pourtant l’Europe n’a pris aucune initiative pour changer le cap de la présence occidentale en Afghanistan, alors même que les Etats-Unis sont entièrement dépendants des soldats européens dont le retrait rendrait le maintien américain intenable. Alors que les Talibans avaient quasiment disparu du territoire en 2004, c’est donc la décision américaine de maintenir durablement l’occupation militaire du pays en y installant d’immenses bases qui leur a donné progressivement l’occasion de reprendre pied dans la population à partir de 2005. Les alliés des Etats-Unis l’ont bien vu. Et la coalition elle-même a commencé à battre de l’aile fin 2007 : les Canadiens ont menacé de quitter le sud afghan, l’Italie et l’Allemagne ne maintiennent leur présence que provisoirement et au prix de débats nationaux houleux et enfin la Corée du sud se retire carrément. De la sorte on peut dire que ceux qui font du zèle aujourd’hui sont ceux qui acceptent une véritable vassalisation a l’égard des Etats-Unis d’Amérique dans la conduite de la guerre. Ils paient, combattent et se taisent devant les décisions de leurs chefs. La demande américaine de renforts français était donc vitale pour la coalition elle-même. La réponse positive de Sarkozy a ainsi été saluée par Bush comme une « initiative majeure » et par le très conservateur premier ministre canadien Harper comme « un virage, une rupture historiques ». Tout dans la décision française a d’ailleurs été fait pour envoyer un signal très fort d’alignement atlantiste. Dans la forme avec une première annonce par Sarkozy devant le parlement britannique. Et sur le fond puisque le nouveau bataillon français de 800 homme va soulager les Américains dans l’est afghan, qui pourront se redéployer sur le sud. Avec ce renfort, la France passe de la place de 7ème contributeur à la 4ème , quasi ex-aequo avec l’Allemagne en 3ème position. La décision de Sarkozy conforte aussi au passage la légitimité de l’extension des missions de l’OTAN voulue par les Etats-Unis au-delà de sa vocation purement défensive, comme son intervention hors de la zone européenne. Avec désormais plus de 3 000 soldats français mobilisés sur place ou dans les pays voisins, l’Afghanistan devient la plus importante intervention française à l’étranger, devant les contingents présents au Liban, en Côte d’Ivoire ou en Ex-Yougoslavie. Le tout pour une dépense supplémentaire d’environ 150 millions d’euros par an, alors que l’enlisement du conflit afghan a déjà contribué à l’envolée des surcoûts budgétaires liés aux opérations extérieures, qui sont passés de 100 millions d’euros en 2005 à 360 millions d’euros en 2007, avec un surcoût 2008 qui devrait dépasser les 400 millions. . Et dans ce contexte, de tout côtés va l’antienne : « cette guerre est perdue, cette guerre ne peut pas être gagnée ». A tout le moins, en réponse,  devrait-il être expliquée comment elle pourrait être gagnée, en effet. Cela n’est jamais dit. Pourquoi?

Une impasse reconnue

Les perspectives actuelles de fin du conflit sont si incertaines que le chef d’état major des armées le général Georgelin le qualifiait encore à la mi-mars de « merdier ingérable où nous n’avons aucun intérêt à nous impliquer davantage » (cité par le canard enchaîné). Tous les états-majors ont en effet à l’esprit le précédent de l’occupation soviétique de l’Afghanistan qui s’était soldée par un désastre et plus de 10 000 russes tués en dépit d’une présence de 130 000 hommes pendant 10 ans. Interrogé le 26 août à l’assemblée nationale sur les échéances de l’engagement des forces françaises, Kouchner a carrément avoué : « pour combien de temps ? Personne ne le sait » Pour rassurer l’opinion, le gouvernement insiste aussi sur « l’afghanisation du conflit » qui serait à portée de main. Ainsi, d’après Kouchner, « l’armée afghane c’est l’avenir » ! La réalité est très éloignée. Un évènement récent a fourni la preuve de la déliquescence de l’ « armée nationale afghane » : en mars 2008, le gouvernement afghan a dû lancer un mandat d’arrêt contre le chef d’état major de l’armée afghane, le général Dostom, après que celui-ci a commis diverses exactions. Loin de se soumettre au gouvernement, celui-ci s’est enfui et a rejoint son armée privée, qui était d’ailleurs une des composantes de la fameuse « armée nationale afghane ». Ancien seigneur de la guerre, ce général avait d’ailleurs été imposé par les Américains en 2003 comme vice ministre de la défense puis comme chef d’état major afghan en 2005 ! Le bilan de l’afganisation de la guerre n’est donc jamais fait. Mais on comprend cette fois ci clairement pourquoi. Cette guerre ne se fait pas « avec » les afghans mais contre eux.

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La guerre contre l’’Afghanistan: un acte illicite et criminel

La guerre contre l’Afghanistan: un acte illicite et criminel

Un examen des faits, des normes et des responsabilités

par Elias Davidsson, spécialiste du droit international
Septembre 2008


Le 7 octobre 2001, les États-Unis et la Grande-Bretagne entamaient une campagne de bombardements contre un pays membre de l’ONU, l’Afghanistan. Le même jour, le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies envoya une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité dans laquelle les États-Unis présentaient les raisons et les normes juridiques qui, selon eux, justifiaient leur action militaire. [Document ONU No. S/2001/946]

Dans cette lettre, les États-Unis justifiaient leur action militaire par l’Article 51 de la Charte de l’ONU, « dans l’exercice de leur droit naturel à la légitime défense individuelle et collective à la suite des attaques armées perpétrées contre eux le 11 septembre 2001. »

Cette phrase résume les deux fondements sur lesquels les États-Unis ont bâti leur justification pour leur action militaire : d’une part, des faits (les attaques terroristes subies) et des présomptions sur la culpabilité de leurs auteurs (ben Laden et la fameuse « nébuleuse » al-Qaïda) et d’autre part, une norme juridique du droit international (le droit de légitime défense).

La première partie de cet exposé consiste à démontrer le non-fondé de la justification présentée par les États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU : d’abord, parce que les États-Unis n’ont fourni aucune preuve que les événements du 11 septembre 2001 avaient un quelconque lien avec l’Afghanistan. Ensuite, même si ce lien avait réellement existé, le droit de légitime défense ne serait pas applicable à une réponse militaire exercée un mois après la présumée attaque subie. Nous montrons que le recours à la force contre l’Afghanistan et l’occupation de ce pays constituaient et continuent à constituer un acte d’agression, tel que ce terme est défini par la communauté internationale.

La deuxième partie de cet exposé examinera les responsabilités juridiques découlant du fait de l’agression contre l’Afghanistan.

Enfin, des recommandations seront faites pour restaurer le respect du droit international par les pays membres de l’OTAN, en ce qui concerne l’Afghanistan.

A. Les éléments probatoires

Dans leur lettre au Conseil de sécurité, les États-Unis affirment que « [l]es attaques perpétrées le 11 septembre 2001 et la menace que l’organisation al-Qaïda fait actuellement peser sur les États-Unis et ses ressortissants découlent de la décision du régime des Taliban de permettre que des parties de l’Afghanistan placées sous son contrôle servent de base d’opérations. »

Or, à ce jour le gouvernement américain n’a présenté aucune preuve fiable d’une quelconque relation entre l’Afghanistan et les crimes du 11 septembre 2001. Tout ce que la lettre présente comme élément probatoire sur la responsabilité de l’Afghanistan pour ce crime est une seule phrase: « Depuis le 11-Septembre, mon gouvernement a obtenu des informations claires et irréfutables selon lesquelles l’organisation al-Qaïda, qui reçoit l’appui du régime des Taliban en Afghanistan, avait joué un rôle central dans les attaques » contre les États-Unis. Ces informations n’ont pas été communiquées au Conseil de sécurité. La lettre continue : « De nombreux éléments restent pour l’heure inconnus. Notre enquête n’en est qu’à ses débuts. Nous pouvons être amenés à engager de nouvelles actions [militaires] contre d’autres organisations et d’autres États dans le cadre de notre droit de légitime défense. »

Auparavant, les États-Unis avaient promis de présenter à la communauté internationale les preuves selon lesquelles les attaques du 11 septembre 2001 auraient été orchestrées ou dirigées par Oussama ben Laden, ou par d’autres personnalités du groupe appelé al-Qaïda, en Afghanistan. Selon une interview menée par téléphone satellitaire par la chaîne al-Jazira le 12 septembre 2001, avec un proche de ben Laden, celui-ci indiquait qu’apprenant la nouvelle des attaques, le leader d’al-Qaïda « avait loué le Dieu tout-puissant et s’était prosterné devant Lui », mais « qu’il n’avait aucune information, ni connaissance préalable des attaques ». L’agence Afghan Islamic Press (proche du pouvoir taliban) diffusa, le 17 septembre, un communiqué d’Oussama ben Laden lui-même. Il y déclarait : « J’ai prêté un serment d’allégeance [au mollah Omar] qui ne me permet pas de faire de telles choses depuis l’Afghanistan. On nous a attribué des responsabilités par le passé, mais nous ne sommes pas impliqués aujourd’hui ».

L’ambassadeur du gouvernement Taliban au Pakistan, Mullah Abdul Salam Zaeef, a condamné le 12 septembre 2001 les attaques perpétrées aux États-Unis la veille. Il a déclaré : « Nous voulons dire aux enfants américains que l’Afghanistan ressent votre douleur. Nous espérons que les tribunaux trouvent la justice. » (Source : « Taliban Diplomat Condemns Attacks » CNN website,http://www.cnn.com/2001/WORLD/asiapcf/central/09/11/afghan.taliban/index.html posté le 11 septembre 2001) Le gouvernement Taliban d’Afghanistan annonça le 18 septembre 2001 qu’il était prêt à livrer Oussama ben Laden, mais seulement après avoir reçu des preuves de sa responsabilité dans le 11-Septembre. Le gouvernement américain rejeta cette offre et demanda inconditionnellement que ben Laden lui soit livré sans quoi l’Afghanistan en subirait les conséquences.

La plupart des alliés pressèrent les USA d’étayer leurs accusations. Le Président français, Jacques Chirac, et le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, donnèrent une conférence de presse commune, au Palais de verre, le 19 septembre, pour rappeler qu’il ne pouvait y avoir d’action militaire tant que les auteurs ne seraient pas identifiés et que des preuves de l’implication de pays ou de groupes ne seraient pas apportées.

Le 23 septembre, le général Colin Powell, secrétaire d’État, invité de Meet the Press (NBC), déclara : « Nous travaillons dur pour synthétiser toutes les informations judiciaires et les renseignements. Et je pense que, dans un futur proche, nous pourrons publier un document qui décrira clairement les preuves dont nous disposons de ses liens avec cette attaque ». Le lendemain, le porte-parole de la Maison Blanche annonça que M. Colin Powell n’avait rien promis du tout. La promesse de M. Colin Powell resta lettre morte. Plus tard, Powell quitta son poste.

L’auteur de ces lignes a demandé au gouvernement de son pays, l’Islande, qui est membre de l’OTAN, de lui fournir les éléments probatoires sur la base desquels son gouvernement avait décidé de soutenir la décision de l’OTAN prise le 2 octobre 2001, de considérer les événements du 11 septembre 2001 comme une « attaque contre les États-Unis » et donc une attaque contre tous les pays de l’OTAN. La réponse du ministère des Affaires étrangères islandais – qui se fit tarder – fût que ces informations relevaient des secrets de l’OTAN. Les électeurs islandais n’avaient donc pas le droit de connaître les raisons pour lesquelles leur gouvernement a agi en leur nom contre l’Afghanistan. Ce dédain envers les droits démocratiques se manifesta de la même manière dans tous les pays de l’OTAN, et même au Japon.

Le FBI offrit sur son site Internet une récompense de 25 millions de dollars pour quiconque contribuerait à l’arrestation ou à la condamnation d’Oussama ben Laden (voirhttp://www.fbi.gov/wanted/topten/fugitives/laden.htm). Or, il a été remarqué que le FBI ne mentionne pas la responsabilité de M. ben Laden dans les événements du 11-Septembre. Un journaliste du site américain Muckraker Report demanda des précisions au FBI à la suite de cette découverte étrange. M. Rex Tomb, le porte-parole du FBI, a répondu en juin 2006 que le FBI ne possède aucune preuve qui lierait M. ben Laden aux événements du 11 septembre 2001 (voirhttp://www.teamliberty.net/id267.html). Les médias ne mentionnèrent pas cette déclaration extraordinaire de la part d’une agence du gouvernement américain.

Puisque le FBI ne possède aucune preuve sur la responsabilité de ben Laden et que les preuves annoncées par le Département d’État n’ont jamais été présentées, il est donc plausible que le présumé secret de l’OTAN mentionné ci-dessus se porte non sur de présumés secrets militaires mais sur le fait qu’il n’existe aucune preuve reliant l’Afghanistan aux événements du 11-Septembre. Exposer la nudité « du roi » résulterait à prouver que les États-Unis ont menti au Conseil de sécurité et à l’OTAN, comme ils l’ont fait à propos des présumées armes de destruction massive de l’Irak. Exposer ce secret embarrasserait également les pays membres de l´OTAN qui ont cru sur parole les déclarations du gouvernement américain reliant l’Afghanistan aux événements du 11-Septembre. L’absence de preuves rend l’action militaire menée contre l’Afghanistan et l’occupation de ce pays qui en résulte, illégitimes.

B. La base juridique pour l’action militaire contre l’Afghanistan

L’usage de la force contre des États est réglé par le droit international. Il n’est permis que dans deux cas : Lorsqu’un État est agressé, il a droit à se défendre. Et lorsque le Conseil de sécurité détermine qu’une menace pèse sur la paix et sécurité mondiale ou qu’une rupture de la paix a eu lieu, il a le droit d’autoriser un ou plusieurs États membres à user de la force pour restaurer la paix.

Dans le cas qui nous intéresse ici, les États-Unis invoquèrent le droit à la légitime défense, inscris à l’Article 51 de la Charte de l’ONU. Selon cet article « [a]ucune disposition de la (…) Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un (pays) Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. » Les États ne peuvent pas – il va de soi – falsifier, inventer ou exagérer à leur guise des attaques par des États tiers ou des menaces, pour justifier leurs propres agressions. L’évaluation de la licité d’un acte international ne dépend pas de la position d’autres États envers cet acte, mais des normes du droit international y compris le principe de la bonne foi.

1. Les conditions nécessaires pour le recours à la légitime défense

Bien que les conditions permettant l’usage de la force sur la base de la légitime défense n’aient pas été normalisées par une convention internationale ou une déclaration de l’ONU (voir par exemple l’article « The Right of Self-Defence under International Law – The Response to the Terrorist Attacks of September 11 » par Angus Martyn, Law and Bills Digest Group, Parlement australien, 12 février 2002), le concept d’agression a été défini par une déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU adoptée à l’unanimité qui permet donc l’examen de cas précis où l’usage interétatique de la force entre en jeu, comme les attaques contre l’Afghanistan et son occupation.

Certaines conditions préalables à l’usage de la force sur la base de la légitime défense sont reconnues dans le droit coutumier international depuis la lettre envoyée au XIXe siècle par le secrétaire d’État américain Daniel Webster au ministre britannique Lord Ashburton. Dans cette lettre, il affirma que la nécessité d’utiliser la force devait être « instantanée, écrasante, ne connaissant aucun autre moyen et aucun moment de délibération. » Cette formulation est aujourd’hui acceptée malgré les tentatives des États-Unis à étendre ces conditions à des conjectures hypothétiques (voir le Traité de droit international Oppenheim’s International Law, 9th edition, p.412).

Même si les attentats du 11-Septembre avaient été planifiés en Afghanistan, une réponse militaire contre l’Afghanistan ne remplissait pas les conditions nécessaires pour invoquer la légitime défense. Le recours de la force n’était certainement pas une nécessité immédiate vu que les attaques se sont terminées 2 heures après avoir débuté ; aucun danger écrasant n’existait concernant l’intégrité du territoire américain, sa souveraineté ou son indépendance politique ; d’autres moyens étaient directement envisageables pour répliquer au crime commis, y compris l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant l’arrestation de certains suspects du crime. Dans leur lettre au Conseil de sécurité, les États-Unis reconnaissent eux-mêmes que leur « enquête n’en est qu’à ses débuts ». Les États-Unis se sont donc donné eux-mêmes un délai indéfini de délibération qui, selon le droit coutumier international, leur interdira l’usage unilatéral de la force.

Le terme « agression armée » utilisé par l’article 51 de la Charte ne correspond nullement à des actions ponctuelles de terroristes individuels. Selon les principes d’interprétation des traités, dont la Charte de l’ONU, un terme doit être interprété tout d’abord selon l’acceptation ordinaire de ce terme. L’expression « agression armée » renvoie à des actions qui menacent la souveraineté nationale, l’indépendance politique ou l’intégrité territoriale d’un pays. Le terrorisme est une forme de crime politique qui appelle en premier lieu des réponses policières et politiques.

Le délai que se sont donné les États-Unis pour attaquer l’Afghanistan avait amplement suffi pour que les États-Unis saisissent le Conseil de sécurité des Nations Unies afin qu’il étudie le dossier comprenant la prétendue menace contre la paix qui proviendrait de l’Afghanistan et prenne les mesures nécessaires. Or les États-Unis ne présentèrent aucune preuve d’une telle menace.

Le recours à la force par les États-Unis contre l’Afghanistan ne remplit donc pas les conditions positives établies par le droit coutumier international pour permettre leur action. Cette action était donc doublement illégitime : par manque de preuves sur la responsabilité de l’Afghanistan et par le caractère illicite et frauduleux du recours à la légitime défense.

2. Les attaques contre l’Afghanistan : un cas d’agression

Un examen – même superficiel – de l’usage de la force par les États-Unis et la Grande Bretagnecontre l’Afghanistan à partir du mois d’octobre 2001, montre qu’il s’agissait d’une « agression », tel que ce terme a été défini par l’Assemblée générale de l’ONU dans l’Annexe attaché à la résolution 3314 (XXIX) adoptée le 14 décembre 1974. Cette Annexe précise que « l’emploi de la force armée en violation de la Charte par un État agissant le premier constitue la preuve suffisante à première vue d’un acte d’agression ». Les attaques injustifiées des États-Unis et de la Grande-Bretagne contre l’Afghanistan constituaient donc « l’emploi de la force armée » et une « preuve suffisante à première vue d’un acte d’agression ».

L’agression elle-même est définie dans l’Annexe comme « […] l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies ». Les bombardements contre l’Afghanistan et l’occupation de ce pays par des troupes étrangères, un pays qui n’avait ni attaqué ni menacé les États-Unis ou la Grande-Bretagne constituaient donc un acte d’agression contre ce pays, violant aussi bien la souveraineté que l’indépendance politique de ce pays, causant en outre la mort de milliers de personnes innocentes. Cette agression n’est terminée que lorsque l’Etat agresseur retire ses forces du pays agressé.

L’article 3 de l’Annexe cite un nombre d’actes constitutifs d’une agression, dont certains s’appliquent directement aux actes perpétrés contre l’Afghanistan :

L’invasion ou l’attaque d’un territoire d’un État par les forces armées d’un autre État, ou toute autre occupation militaire, même temporaire, résultant d’une telle invasion ou d’une telle attaque… ;
Le bombardement, par les forces armées d’un État, du territoire d’un autre État, ou l’emploi de toute arme par un État contre le territoire d’un autre État.
Cet article étend aussi la définition de l’agression à un État qui admet « que son territoire, qu’il a mis à la disposition d’un autre État, soit utilisé par ce dernier pour perpétrer un acte d’agression contre un État tiers. » La définition d’agression s’applique donc aux États qui ont mis leur territoire à la disposition des forces armées américaines et britanniques afin de commettre une agression contre l’Afghanistan, par exemple les États qui ont permis aux États-Unis et à la Grande-Bretagne d’acheminer leurs forces armées par leur territoire pour attaquer l’Afghanistan.

C. Les responsabilités juridiques découlant de l’acte d’agression contre l’Afghanistan

1. Responsabilité des États

Selon le droit international, un acte d’agression – qui est un acte illicite – entraîne la responsabilité de l’État agresseur envers l’État agressé. La responsabilité des États pour des actes illicites est un des principes reconnus du droit général international.

La responsabilité d’un État entraîne une obligation de sa part à réparer le tort commis, par exemple en rétablissant le statut antérieur, en offrant des réparations, en s’engageant à ne pas répéter l’acte illicite. Dans le cas de l’Afghanistan, les États agresseurs sont donc tenus à retirer leurs forces militaires de l’Afghanistan pour rétablir le statut antérieur à l’invasion, payant des réparations à l’Afghanistan pour le dommage infligé au pays, reconnaissant que l’agression était basée sur des mensonges et châtiant les responsables de ces actes illicites.

Nous avons déjà mentionné plus haut que l’occupation militaire, même temporaire, résultant d’un acte d’agression est en elle-même un acte d’agression. Tant que l’occupation continue, l’État est sujet à une agression contre laquelle ses ressortissants ont un droit de légitime défense de résister, y inclus par la force. La responsabilité de réparation incombe aussi aux États qui maintiennent par leur propre contribution l’occupation militaire illicite de l’Afghanistan. Le Conseil de sécurité n’est pas habilité par les membres de l’ONU à légitimer une violation de la Charte ou un crime international. Ses décisions adoptées après l’invasion de l’Afghanistan et qui visent des buts humanitaires dans ce pays ne légitiment donc pas l’occupation militaire et n’affectent pas la responsabilité des États agresseurs envers cette nation.

2. Responsabilité des individus

L’acte d’agression équivaut aussi à un crime international dont l’appellation initiale – lors du procès de Nuremberg – fût « crime contre la paix ». L’appellation de ce crime aujourd’hui est simplement « agression » (voir les statuts de la Cour Pénale Internationale). La question des crimes commis pendant un conflit armé (crimes de guerre), que ce soit par les forces armées étrangères en Afghanistan ou par des forces afghanes, n’est pas examiné dans le dossier présent.

Un crime international engage uniquement les individus. Dans le cas d’une agression (au sens du droit international), il s’agit d’individus ayant conspiré, préparé et décidé d’envoyer leurs forces armées à commettre le crime international suprême, le crime d’agression. Le cas échéant, il s’agit des hauts responsables de la politique américaine et britannique qui ont décidé, sans aucune justification, de lancer leurs forces armées à bombarder un des pays les plus pauvres du monde, et d’instaurer dans ce pays un gouvernement fantoche, entraînant la mort de milliers de personnes innocentes, une destruction massive et l’abolition de la souveraineté et de l’indépendance de ce pays.

Une difficulté existe néanmoins à traduire les responsables de la guerre d’agression contre l’Afghanistan devant la justice pour leur participation à ce crime. Les statuts de la Cour Pénale Internationale ne permettent pas encore de traduire devant la cour des individus pour le crime d’agression. Les États-Unis ne reconnaissent pas, de toute façon, la juridiction de cette cour. Il est donc irréaliste de voir les promoteurs de cette guerre traduits devant la justice. Par contre, des procédures existent à l’intérieur des États-Unis, et dans certains autres pays, qui permettraient de traduire devant la justice les responsables de cette guerre d’agression sur la base de la législation nationale. Mais même s’il n’est pas encore possible de traduire les responsables d’une guerre d’agression devant la justice, il est souhaitable d’informer les auteurs – et le public en général – de la nature criminelle de ces actes.

D. Recommandations

Vu le caractère illicite des attaques menées contre l’Afghanistan par les États-Unis et la Grande-Bretagne et la complicité politique et juridique d’États tiers dans l’agression et l’occupation de l’Afghanistan, il incombe aux citoyens des pays agresseurs :

(a) De demander le retrait immédiat des forces militaires de leurs pays de l’Afghanistan.

(b) De demander l’établissement d’une commission d’enquête à l’intérieur de chaque pays agresseur afin de déterminer les conditions dans lesquelles une décision a été prise par le gouvernement de soutenir cet acte d’agression contraire au droit international et de déterminer les responsabilités des individus concernés.

(c) De demander l’établissement par les Nations Unies d’un Fond de réparation pour l’Afghanistan auquel les pays agresseurs devraient contribuer.

(d) De demander l’adoption d’un statut juridique dans le droit interne déclarant le crime d’agression comme une infraction pénale engageant ses auteurs.

(e) De soutenir la proposition d’une commission indépendante internationale sous la tutelle des Nations Unies pour établir la vérité sur les événements du 11-Septembre qui ont été utilisés pour justifier l’agression contre l’Afghanistan.

Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe

Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe

Verbatim :: Lundi, 19 mai 2008 . 18:23 t.u. :: Shlomo Sand
http://www.geostrategie.com/781/shlomo-sand-l%E2%80%99exil-du-peuple-juif-est-un-mythe

L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction à postériori sans fondement historique. Entretien.

Parmi la profusion de héros nationaux que le peuple d’Israël a produits au fil des générations, le sort n’aura pas été favorable à Dahia Al-Kahina qui dirigea les Berbères de l’Aurès, en Afrique du Nord. Bien qu’elle fût une fière juive, peu d’Israéliens ont entendu le nom de cette reine guerrière qui, au septième siècle de l’ère chrétienne, a unifié plusieurs tribus berbères et a même repoussé l’armée musulmane qui envahissait le nord de l’Afrique. La raison en est peut-être que Dahia Al-Kahina était née d’une tribu berbère convertie semble-t-il plusieurs générations avant sa naissance, vers le 6e siècle.

D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (aux éditions Resling – en hébreu), la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation, concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties – et non à partir d’exilés de Jérusalem – n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv.

Dans ce livre, Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines. Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites (vestiges du royaume Himyarite, dans la péninsule arabique, qui s’était converti au judaïsme au quatrième siècle) et les Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est (des réfugiés du royaume khazar converti au huitième siècle).

A la différence d’autres « nouveaux historiens » qui ont cherché à ébranler les conventions de l’historiographie sioniste, Shlomo Sand ne se contente pas de revenir sur 1948 ou sur les débuts du sionisme, mais remonte des milliers d’années en arrière. Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. D’après Sand, chez certains penseurs sionistes, cette conception mythique des Juifs comme peuple ancien conduit à une pensée réellement raciste : « Il y a eu, en Europe, des périodes où, si quelqu’un avait déclaré que tous les Juifs appartenaient à un peuple d’origine non juive, il aurait été jugé antisémite séance tenante. Aujourd’hui, si quelqu’un ose suggérer que ceux qui sont considérés comme juifs, dans le monde (…) n’ont jamais constitué et ne sont toujours pas un peuple ni une nation, il est immédiatement dénoncé comme haïssant Israël » (p. 31).

D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).

Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple “rétrospectivement”, avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »

Entretien

Shlomo Sand, historien du 20e siècle, avait jusqu’à présent étudié l’histoire intellectuelle de la France moderne (dans son livre « L’intellectuel, la vérité et le pouvoir », Am Oved éd., 2000 – en hébreu), et les rapports entre le cinéma et l’histoire politique (« Le cinéma comme Histoire », Am Oved, 2002 – en hébreu). D’une manière inhabituelle pour des historiens de profession, il se penche, dans son nouveau livre, sur des périodes qu’il n’avait jamais étudiées – généralement en s’appuyant sur des chercheurs antérieurs qui ont avancé des positions non orthodoxes sur les origines des Juifs.

En fait, l’essentiel de votre livre ne s’occupe pas de l’invention du peuple juif par le nationalisme juif moderne mais de la question de savoir d’où viennent les Juifs.

« Mon projet initial était de prendre une catégorie spécifique de matériaux historiographiques modernes, d’examiner comment on avait fabriqué la fiction du peuple juif. Mais dès que j’ai commencé à confronter les sources historiographiques, je suis tombé sur des contradictions. Et c’est alors ce qui m’a poussé – je me suis mis au travail, sans savoir à quoi j’aboutirais. J’ai pris des documents originaux pour essayer d’examiner l’attitude d’auteurs anciens – ce qu’ils avaient écrit à propos de la conversion. »

Des spécialistes de l’histoire du peuple juif affirment que vous vous occupez de questions dont vous n’avez aucune compréhension et que vous vous fondez sur des auteurs que vous ne pouvez pas lire dans le texte.

« Il est vrai que je suis un historien de la France et de l’Europe, et pas de l’Antiquité. Je savais que dès lors que je m’occuperais de périodes anciennes comme celles-là, je m’exposerais à des critiques assassines venant d’historiens spécialisés dans ces champs d’étude. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas en rester à un matériel historiographique moderne sans examiner les faits qu’il décrit. Si je ne l’avais pas fait moi-même, il aurait fallu attendre une génération entière. Si j’avais continué à travailler sur la France, j’aurais peut-être obtenu des chaires à l’université et une gloire provinciale. Mais j’ai décidé de renoncer à la gloire. »

« Après que le peuple ait été exilé de force de sa terre, il lui est resté fidèle dans tous les pays de sa dispersion et n’a pas cessé de prier et d’espérer son retour sur sa terre pour y restaurer sa liberté politique » : voilà ce que déclare, en ouverture, la Déclaration d’Indépendance. C’est aussi la citation qui sert de préambule au troisième chapitre du livre de Shlomo Sand, intitulé « L’invention de l’Exil ». Aux dires de Sand, l’exil du peuple de sa terre n’a en fait jamais eu lieu.

« Le paradigme suprême de l’envoi en exil était nécessaire pour que se construise une mémoire à long terme, dans laquelle un peuple-race imaginaire et exilé est posé en continuité directe du “Peuple du Livre” qui l’a précédé », dit Sand ; sous l’influence d’autres historiens qui se sont penchés, ces dernières années, sur la question de l’Exil, il déclare que l’exil du peuple juif est, à l’origine, un mythe chrétien, qui décrivait l’exil comme une punition divine frappant les Juifs pour le péché d’avoir repoussé le message chrétien. « Je me suis mis à chercher des livres étudiant l’envoi en exil – événement fondateur dans l’Histoire juive, presque comme le génocide ; mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y avait pas de littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé un peuple de cette terre. Les Romains n’ont pas déporté de peuples et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’avaient ni trains ni camions pour déporter des populations entières. Pareille logistique n’a pas existé avant le 20e siècle. C’est de là, en fait, qu’est parti tout le livre : de la compréhension que la société judéenne n’a été ni dispersée ni exilée. »

Si le peuple n’a pas été exilé, vous affirmez en fait que les véritables descendants des habitants du royaume de Judée sont les Palestiniens.

« Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que “la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays”. »

Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?

« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs. On peut supposer que beaucoup de Juifs apparus autour de la mer Méditerranée sont devenus chrétiens. Mais alors, le judaïsme commence à diffuser vers d’autres régions païennes – par exemple, vers le Yémen et le Nord de l’Afrique. Si le judaïsme n’avait pas filé de l’avant à ce moment-là, et continué à convertir dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, si même nous avions survécu. »

Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que les Juifs d’Afrique du Nord descendent de Berbères convertis ?

« Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. J’ai alors vu que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme. »

Aux dires de Sand, l’apport démographique le plus décisif à la population juive dans le monde s’est produit à la suite de la conversion du royaume khazar – vaste empire établi au Moyen-âge dans les steppes bordant la Volga et qui, au plus fort de son pouvoir, dominait depuis la Géorgie actuelle jusqu’à Kiev. Au 8e siècle, les rois khazars ont adopté la religion juive et ont fait de l’hébreu la langue écrite dans le royaume. A partir du 10e siècle, le royaume s’est affaibli et au 13e siècle, il a été totalement vaincu par des envahisseurs mongols et le sort de ses habitants juifs se perd alors dans les brumes.

Shlomo Sand revisite l’hypothèse, déjà avancée par des historiens du 19e et du 20e siècles, selon laquelle les Khazars convertis au judaïsme seraient l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est. « Au début du 20e siècle, il y a une forte concentration de Juifs en Europe de l’Est : trois millions de Juifs, rien qu’en Pologne », dit-il ; « l’historiographie sioniste prétend qu’ils tirent leur origine de la communauté juive, plus ancienne, d’Allemagne, mais cette historiographie ne parvient pas à expliquer comment le peu de Juifs venus d’Europe occidentale – de Mayence et de Worms – a pu fonder le peuple yiddish d’Europe de l’Est. Les Juifs d’Europe de l’Est sont un mélange de Khazars et de Slaves repoussés vers l’Ouest. »

Si les Juifs d’Europe de l’Est ne sont pas venus d’Allemagne, pourquoi parlaient-ils le yiddish, qui est une langue germanique ?

« Les Juifs formaient, à l’Est, une couche sociale dépendante de la bourgeoisie allemande et c’est comme ça qu’ils ont adopté des mots allemands. Je m’appuie ici sur les recherches du linguiste Paul Wechsler, de l’Université de Tel Aviv, qui a démontré qu’il n’y avait pas de lien étymologique entre la langue juive allemande du Moyen-âge et le yiddish. Le Ribal (Rabbi Yitzhak Bar Levinson) disait déjà en 1828 que l’ancienne langue des Juifs n’était pas le yiddish. Même Ben Tzion Dinour, père de l’historiographie israélienne, ne craignait pas encore de décrire les Khazars comme l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et peignait la Khazarie comme la “mère des communautés de l’Exil” en Europe de l’Est. Mais depuis environ 1967, celui qui parle des Khazars comme des pères des Juifs d’Europe de l’Est est considéré comme bizarre et comme un doux rêveur. »

Pourquoi, selon vous, l’idée d’une origine khazar est-elle si menaçante ?

« Il est clair que la crainte est de voir contester le droit historique sur cette terre. Révéler que les Juifs ne viennent pas de Judée paraît réduire la légitimité de notre présence ici. Depuis le début de la période de décolonisation, les colons ne peuvent plus dire simplement : “Nous sommes venus, nous avons vaincu et maintenant nous sommes ici” – comme l’ont dit les Américains, les Blancs en Afrique du Sud et les Australiens. Il y a une peur très profonde que ne soit remis en cause notre droit à l’existence. »

Cette crainte n’est-elle pas fondée ?

« Non. Je ne pense pas que le mythe historique de l’exil et de l’errance soit la source de ma légitimité à être ici. Dès lors, cela m’est égal de penser que je suis d’origine khazar. Je ne crains pas cet ébranlement de notre existence, parce que je pense que le caractère de l’Etat d’Israël menace beaucoup plus gravement son existence. Ce qui pourra fonder notre existence ici, ce ne sont pas des droits historiques mythologiques mais le fait que nous commencerons à établir ici une société ouverte, une société de l’ensemble des citoyens israéliens. »

En fait, vous affirmez qu’il n’y a pas de peuple juif.

« Je ne reconnais pas de peuple juif international. Je reconnais un “peuple yiddish” qui existait en Europe de l’Est, qui n’est certes pas une nation mais où il est possible de voir une civilisation yiddish avec une culture populaire moderne. Je pense que le nationalisme juif s’est épanoui sur le terreau de ce “peuple yiddish”. Je reconnais également l’existence d’une nation israélienne, et je ne lui conteste pas son droit à la souveraineté. Mais le sionisme, ainsi que le nationalisme arabe au fil des années, ne sont pas prêts à le reconnaître.

« Du point de vue du sionisme, cet Etat n’appartient pas à ses citoyens, mais au peuple juif. Je reconnais une définition de la Nation : un groupe humain qui veut vivre de manière souveraine. Mais la majorité des Juifs dans le monde ne souhaite pas vivre dans l’Etat d’Israël, en dépit du fait que rien ne les en empêche. Donc, il n’y a pas lieu de voir en eux une nation. »

Qu’y a-t-il de si dangereux dans le fait que les Juifs s’imaginent appartenir à un seul peuple ? Pourquoi serait-ce mal en soi ?

« Dans le discours israélien sur les racines, il y a une dose de perversion. C’est un discours ethnocentrique, biologique, génétique. Mais Israël n’a pas d’existence comme Etat juif : si Israël ne se développe pas et ne se transforme pas en société ouverte, multiculturelle, nous aurons un Kosovo en Galilée. La conscience d’un droit sur ce lieu doit être beaucoup plus souple et variée, et si j’ai contribué avec ce livre à ce que moi-même et mes enfants puissions vivre ici avec les autres, dans cet Etat, dans une situation plus égalitaire, j’aurai fait ma part.

« Nous devons commencer à œuvrer durement pour transformer ce lieu qui est le nôtre en une république israélienne, où ni l’origine ethnique, ni la croyance n’auront de pertinence au regard de la Loi. Celui qui connaît les jeunes élites parmi les Arabes d’Israël, peut voir qu’ils ne seront pas d’accord de vivre dans un Etat qui proclame n’être pas le leur. Si j’étais Palestinien, je me rebellerais contre un tel Etat, mais c’est aussi comme Israélien que je me rebelle contre cet Etat. »

La question est de savoir si, pour arriver à ces conclusions-là, il était nécessaire de remonter jusqu’au royaume des Khazars et jusqu’au royaume Himyarite.

« Je ne cache pas que j’éprouve un grand trouble à vivre dans une société dont les principes nationaux qui la dirigent sont dangereux, et que ce trouble m’a servi de moteur dans mon travail. Je suis citoyen de ce pays, mais je suis aussi historien, et en tant qu’historien, j’ai une obligation d’écrire de l’Histoire et d’examiner les textes. C’est ce que j’ai fait. »

Si le mythe du sionisme est celui du peuple juif revenu d’exil sur sa terre, que sera le mythe de l’Etat que vous imaginez ?

« Un mythe d’avenir est préférable selon moi à des mythologies du passé et du repli sur soi. Chez les Américains, et aujourd’hui chez les Européens aussi, ce qui justifie l’existence d’une nation, c’est la promesse d’une société ouverte, avancée et opulente. Les matériaux israéliens existent, mais il faut leur ajouter, par exemple, des fêtes rassemblant tous les Israéliens. Réduire quelque peu les jours de commémoration et ajouter des journées consacrées à l’avenir. Mais même aussi, par exemple, ajouter une heure pour commémorer la “Nakba”, entre le Jour du Souvenir et la Journée de l’Indépendance. »

Note :

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Il a notamment publié en français : « L’Illusion du politique. Georges Sorel et le débat intellectuel 1900 » (La Découverte, 1984), « Georges Sorel en son temps », avec J. Julliard (Seuil, 1985), « Le XXe siècle à l’écran » (Seuil, 2004). « Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël » (Fayard, 2006)

Source : Ofri Ilani, Haaretz, 21 mars 2008, traduit de l’hébreu par Michel Ghys pour Protection Palestine

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Par Elias Davidsson
Avril 2008

Il est de bon ton aujourd’hui de vilipender les Négationnistes, c’est-à-dire ceux qui essayent de nier  l’utilisation des chambres à gaz pour l’extermination de juifs ou de minimiser la culpabilité du régime nazi envers les juifs.  Quoiqu’on en pense, il faut pourtant admettre que les théories négationnistes n’ont pratiquement aucune influence sur les décisions politiques contemporaines, sur la vie quotidienne des gens, ou sur les guerres que mène l’Occident contre des peuples du tiers-monde. C’est donc plus sur le terrain de la symbolique que sur celui des faits qu’il faut chercher les origines de cette mode. En revanche, depuis l’an 2001, une nouvelle catégorie de négationnistes dangereux dans les faits vient d’apparaître. Il s’agit des négationnistes du 11 Septembre, qui ne sont pas des personnes marginales. Cette mouvance très influente comprend des dirigeants politiques, des journalistes en vue et des universitaires qui apparaissent régulièrement à la télévision. Ce qui relie ces négationnistes entre eux est leur acharnement à dissimuler la vérité sur le massacre du 11 Septembre et à promouvoir des insinuations et des accusations monstrueuses contre les « nouveaux juifs », je veux parler cette fois des musulmans. Ces négationnistes s’efforcent – en dissimulant la vérité – de protéger les auteurs de ce massacre.Quelles vérités dissimulent les Négationnistes du 11 Septembre? J’en ai recensé cinq de première importance.1ère vérité dissimulée: Le gouvernement américain n’a jamais produit une seule preuve que des liens existaient entre Oussama ben Laden et le massacre du 11 septembre 2001. Ceux qui ont « fait leurs devoirs » auront sans doute découvert qu’aucun dirigeant américain n’a affirmé la culpabilité d’Oussama ben Laden dans l’affaire du 11 septembre. Toutes les déclarations officielles sont restées au niveau des insinuations.  En juin 2006, la police fédérale américaine (FBI) a finalement reconnu qu’elle ne possédait aucune preuve fiable qui permettrait de lier Oussama ben Laden au massacre du 11 Septembre.  Un journaliste du Muckraker Report [1] téléphona au FBI pour demander pourquoi la page web du FBI sur les exploits d’Oussama ben Laden [2], ne mentionnait pas son rôle dans le massacre du 11 Septembre. Rex Tomb du FBI lui répondit que le FBI ne possèdait pas de preuves suffisantes pour mentionner cette participation. Point à la ligne. Les Négationnistes du 11 Septembre, dont les  directeurs et rédacteurs en chef des grands journaux mondiaux, ont caché cette nouvelle au public pour faire en sorte que le mythe fondateur perdure et pour protéger les vrais auteurs du massacre.

2ème vérité dissimulée: Le gouvernement américain n’a jamais produit de preuve que des musulmans ont détourné des avions le 11 Septembre. Ceci pourrait sembler incroyable au lecteur non averti. Et pourtant c’est une vérité incontournable. Le FBI a publié les noms de 19 personnes soupçonnées d’avoir détourné quatre avions commerciaux le 11 Septembre. Mais même le FBI ne se sent pas en mesure d’affirmer leur responsabilité[3]. Dans son communiqué de presse datant du 27 septembre 2001 (et qui n’a pas été changé depuis) le FBI déclare que l’identité desdits kamikazes reste en suspens. En effet il n’existe pas la moindre preuve que les personnes mentionnées par le FBI ont embarqué dans ces avions. Ces noms n’apparaissent pas sur les listes authentiques des passagers ; leurs cartes d’embarquement n’ont pas été trouvées; personne ne les a vu embarquer dans les avions; il n’existe aucun enregistrement vidéo de leur embarquement; et leurs restes humains n’ont pas été identifiés.[4] Il s’agit donc de fantômes qui ont servi la propagande américaine. Les Négationnistes du 11 septembre ont dissimulé ce fait majeur pour maintenir dans l’esprit du public le mythe fondateur des terroristes musulmans que personne n’a vu monter dans les avions.

3ème vérité dissimulée: Le gouvernement américain a fait tout son possible pour empêcher une enquête judiciaire et une enquête publique sur le massacre sur le 11 Septembre. Quel intérêt aurait un gouvernement quelconque à empêcher une enquête sur un massacre perpétré sur son propre sol? Les Négationnistes du 11 septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne prenne pas connaissance des efforts faits par le gouvernement américain pour étouffer la vérité sur ce massacre. 

4ème vérité dissimulée: Le gouvernement américain n’a pas traduit en justice les personnes qui ont délibérément détruit des preuves qui auraient facilité l’enquête sur le massacre du 11 Septembre. Par exemple l’acier des tours jumelles a été rapidement vendu à l’étranger, avant qu’une étude technique sur la raison de leur effondrement n’ait été entamée.  Des témoignages enregistrés sur bande magnétique le matin du 11 Septembre par des contrôleurs des transports aériens ont été déchiquetés en morceaux par leur supérieur. Une quantité énorme de fichiers du projet Able Danger prouvant que la CIA surveillait depuis longtemps avant le 11 Septembre certains futurs « terroristes », a été détruite. Tandis que quelques journaux américains ont mentionné ici et là ces destructions de preuves, les Négationnistes du 11 Septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne pose aucune question sur le but de ces destructions.

5ème vérité dissimulée: Quand un meurtre de droit commun a lieu, les journaux commencent normalement à poser des questions si, après quelques mois, personne n’est inculpé.  En ce qui concerne le massacre de 3.000 personnes le 11 septembre, les nouveaux Négationnistes n’ont pas posé la moindre question sur le fait que le gouvernement américain n’avait pas encore inculpé ni traduit en justice une seule personne pour complicité ou soutien à ce massacre monumental, et ceci pendant plus de six ans!  

Les Négationnistes du 11 Septembre ne sont pas des êtres marginaux pourchassés devant les tribunaux parce qu’ils mettent en question un événement historique. Ce sont des personnes qui dirigent des pays et manipulent l’opinion publique. Ce sont eux qui ont justifié le bombardement de villages en Afghanistan – le pays le plus pauvre de la planète – qui a causé des milliers de morts d’innocents dont aucun n’était responsable du crime du 11 Septembre. Ce sont eux qui ont préparé le public pour la guerre d’agression contre l’Iraq et la mort de plus d’un million de personnes dans ce pays meurtri depuis l’embargo. Ce sont eux qui incitent la population du monde occidental à considérer chaque islamiste comme un terroriste potentiel, copiant en ceci les idéologues nazis qui incitaient leur peuple à soupçonner les juifs de crimes contre le peuple allemand. Les Négationnistes du 11 Septembre sont les vrais héritiers du régime nazi dont le but final serait de criminaliser toute opposition politique au nom de la guerre contre le terrorisme.

Il est temps de se dresser contre cette mouvance négationniste dangereuse, et de l’isoler intellectuellement et politiquement avant qu’elle ne nous mène à la barbarie.

[1] http://www.informationclearinghouse.info/article13664.htm
[2] http://www.fbi.gov/wanted/topten/usama-bin-laden
[3] http://www.fbi.gov/news/pressrel/press-releases/the-fbi-releases-19-photographs-of-individuals-believed-to-be-the-hijackers
[4]  Rien ne prouve que des musulmans aient détourné des avions le 11 Septembre

Aucune preuve n’existe pour prouver que des musulmans ont perpetré le crime du 11 septembre 2001

Aucune preuve n’existe pour prouver que des musulmans ont perpétré le crime du 11 septembre 2001


Elias Davidsson


Ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 a été un crime contre l’humanité : une tuerie préméditée de milliers de personnes innocentes. Je crois qu’aucune personne n’en doute.  Il s’agit donc d’un crime qui touche toute l’humanité, vous, moi, tout le monde.  Il est du devoir de chaque gouvernement de participer à la répression de tels crimes.  Or les faits nous montrent que les gouvernements siégeant aux Nations Unies ont collaboré pour étouffer l’affaire.



Dans le cas du 11 septembre, il est du devoir du gouvernement américain d’établir la vérité sur des actes criminels, de déterminer l’identité des coupables et de les amener devant ses tribunaux.  Or le gouvernement américain a fait tout son possible pour que la vérité sur ce crime ne soit pas établie.  Le 12 septembre 2001, le ministre le la Justice américaine, John Ashcroft, a averti que la police fédérale ne devrait pas se pencher sur la solution du crime mais plutôt empêcher un nouvel attentat. Quatre semaines plus tard cet appel a été répété, ainsi que le New York Times nous le renseigne.  L’enquête du 11 septembre fut nommée PENTTBOM.  Ceux qui s’intéressent aux résultats de cette enquête devraient consulter la page web de la police fédérale (FBI) dédiée au PENTTBOM. Elle se trouve à http://www.fbi.gov/pressrel/penttbom/penttbomb.htm.  



Que nous indique cette page?


Premièrement, que le FBI hésite toujours sur l’identité des coupables.
Deuxièment, que le FBI n’a rien à nous apprendre sur son enquête.  Les pages consacrées au PENTTBOM ne disent pratiquement rien.
Troisièmement, qu’Osama bin Laden n’est pas nommé parmi les coupables.



Connaissez-vous un seul journaliste qui a simplement rapporté au public ces faits?  Et pourquoi aucun gouvernement ne demande une explication pour ces faits incompréhensibles?



Les choses sont cependant bien plus graves que cela.



Mis à part une minorité de personnes qui se sont renseignées, peu de gens savent que le gouvernement américain n’a présenté à ce jour (juin 2008) aucune preuve soutenant sa légende selon laquelle des musulmans fanatiques auraient perpétré le crime du 11 septembre.   On aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement américain s’acharne à prouver ses accusations. Or même les documents les plus innocents et qui n’ont aucun rapport avec la sécurité nationale ou la lutte contre le terrorisme, n’ont pas été présentés au public, pour soutenir les accusations officielles.



1. Listes des passgers
Les noms des 19 arabes dits kamikazes ne figurent sur aucune liste officielle des passagers.  Les autorités américaines refusent de présenter une copie certifiée qui conforme aux originaux des listes des passagers.



2.  Les cartes d’embarquement

Nous savons tous que les noms de passagers figurent sur les cartes d’embarquement et que ces cartes prouvent qui a finalement embarqué dans un avion.  Le gouvernement américain n’a jamais présenté la moindre carte d’embarquement des 4 avions dits détournés. Il ne s’agit pourtant pas d’un secret militaire mais simplement d’un document qui prouverait ce qui fut annoncé ouvertement au public.



3. Les témoignages sur l’embarquement

Pour chaque embarquement d’avion, nous rencontrons normalement deux employés de la ligne aérienne ou de l’aéroport qui détachent une partie de la carte d’embarquement et consultent nos cartes d’identité ou nos passeports.  Dans le cas du 11 septembre on aurait eu au minimum huit personnes, deux pour chaque avion, en train d’observer l’embarquement de ces avions et qui se seraient vraisemblablement rappelées d’au moins quelques uns des passagers (et "kamikazes"). Or aucune de ces personnes n’a été interviewée ni par les médias ni par la police fédérale américaine ni par la commission d’enquête établie plus tard par le gouvernement américain. L’identité de ces employé(e)s reste un secret.  On ne sait donc pas si quelqu’un a vraiment observé l’embarquement et si l’embarquement avait eu lieu, et si oui, dans quelles conditions l’embarquement aurait eu lieu. Le secret s’étend aussi à la porte de sortie.  Les autorités américaines n’ont pas divulgué par quelle porte de sortie les passagers et les "kamikazes" ont embarqué. 



4.  Les documents visuels sur l’embarquement

On aurait pu s’attendre à ce que les aéroports américains soient munis de milliers de caméras de sécurité. Or selon nos connaissances aucun enregistrement n’existe qui documenterait l’embarquement dans les avions du 11 septembre.  Un enregistrement a été distribué aux chaînes de télévision qui montre un des prétendus kamikazes passer la sécurité dans l’aéroport de Portland (Maine).  Selon le récit officiel ce terroriste – Mohamed Atta – serait parti la veille de Boston à Portland pour retourner de là-bas le matin du 11 septembre avec un avion de correspondance avant d’embarquer dans l’avion à détourner à Boston.   Aucune explication n’a été fournie pour ce détour de la part de ce "terroriste" qui aurait pu rater sa grandiose entreprise mortelle si son premier avion avait eu du retard. La plupart des téléspectateurs croient toujours que cet enregistrement prouve la véracité du récit officiel.  Un autre enregistrement a été distribué aux chaînes de télévision en 2004 par un cabinet d’avocats privé. Cet enregistrement est censé nous dévoiler quelques uns des "kamikazes" en train de passer par le point de contrôle de la sécurité de l’aéroport de Washington (Dulles) avant l’embarquement du vol AA77 qui aurait percuté le Pentagone. Cet enregistrement ne peut pas être authentique car il ne montre ni la date et l’heure de l’enregistrement ni le numéro de l’appareil, ce qui permettrait de savoir où et quand l’enregistrement avait eu lieu.  D’autre part, la luminosité de l’enregistrement suggère qu’il a été fait vers la mi-journée et non pas le matin vers 7 heures, lors de l’embarquement des avions du 11 septembre. Finalement, cet enregistrement flou ne montre que le passage par le contrôle de sécurité et non pas l’embarquement dans un quelconque avion.



5.  Les restes des "kamikazes" au sol

Tandis que les autorités américaines prétendent avoir identifié positivement les corps ou restes sur terre de la plupart des passagers "innocents" et membres de l’équipage, ils ont déclaré que l’identification des restes des "kamikazes" se ferait par élimination : les morceaux de chair qui resteraient après avoir identifié les passagers (et l’équipage) seraient désignés comme appartenant aux "kamikazes".  Aucun effort n’a été fait pour obtenir des familles des "kamikazes" des échantillons de comparaison qui auraient permis de déterminer l’identité de ces restes au sol. Dans un cas précis, les autorités américaines ont même rejeté l’offre d’une famille d’un prétendu kamikaze (Ziad Jarrah), de fournir des échantillons.



Les faits présentés ci-dessus peuvent être vérifiés par tout un chacun.  Ils sont le résultat d’une recherche méticuleuse.  Il est d’une importance capitale pour le droit, la démocratie et la paix, de constater qu’aucun gouvernement et aucun des médias établis n’a demandé au gouvernement américain de prouver ses accusations contre lesdits 19 kamikazes.  Est-ce que ce manque d’intérêt se base sur une foi sans failles dans l’honnêteté du gouvernement américain ou y a-t-il des explications plus sinistres au fait que personne ne s’intéresse aux faits?



Elias Davidsson
, 10 juin 2008